Une étude publiée aux Etats-Unis ce jeudi met en évidence l'effet dévastateur du virus Zika sur un certain type de cellules du cerveau adulte, et pas seulement celui de foetus.

Le moustique Aedes aegypti, insecte vecteur du virus Zika, photographié dans un laboratoire du ministère de la Santé du Salvador, le 7 février 2016.

Plus on en apprend sur le Zika, plus on découvre ses méfaits. Des recherches menées sur des souris ont révélé l'effet dévastateur du virus sur des cellules du cerveau adulte, selon une étude publiée dans la revue Cell Stem Cell, ce jeudi. Les cellules impliquées dans l'apprentissage et la mémoire peuvent être détruites par ce virus.

L'effet du virus sur le foetus, en particulier le risque de microcéphalie, est désormais bien documenté, Ses conséquences sur les adultes l'est moins. "Les effets sur le cerveau adulte sont sans doute plus subtils mais maintenant nous savons à quoi nous attendre", affirme l'une des co-auteures, Sujan Shresta, professeure à La Jolla Institute of Allergy and Immunology. "Il est avéré que Zika peut pénétrer le cerveau adulte et faire des ravages".

Des souches essentielles pour l'apprentissage et la mémoire

Le cerveau des foetus est principalement composé de cellules souches neurales, particulièrement sensibles au Zika. En cas d'infection par le virus, leur fonctionnement normal est altéré et elles sont bien plus nombreuses à mourir. Quand elles survivent, leur croissance est stoppée net, selon une étude publiée en mars dernier par la même revue. On estime jusqu'à présent que la plupart des neurones adultes sont résistants au virus, raison pour laquelle ses effets sont moins dévastateur que chez le foetus. Mais l'adulte conserve certaines cellules souches neurales, essentielles pour l'apprentissage et la mémoire, précise le Washington Post.

Des modèles pas forcément transposables à l'homme

Les chercheurs se sont concentrés sur ces cellules du cerveau destinées à devenir des neurones. Elles se sont révélées particulièrement sensibles au virus mais seulement dans deux parties du cerveau, dont l'hippocampe.Reste que les modèles établis sur des souris ne sont pas forcément transposables à l'homme. En outre, les chercheurs ont souligné que les effets sur le cerveau à long terme étaient difficiles à prédire.Selon le docteur Shresta, la sensibilité de ce type de cellules au virus pourrait expliquer l'apparition du syndrome de Guillain-Barré (SGB) chez certains malades infectés par le Zika, une fois que le virus a disparu. Le SGB, maladie auto-immune, frappe le système nerveux périphérique et se manifeste par un affaiblissement général voire une paralysie progressive. Mais pour éventuellement arriver à le prouver il faudra de plus amples recherches.