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Vaccin HPV, la fin d’une polémique ?

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 14 Septembre 2016, 18:10pm

Catégories : #Santé

En février 2016, une radio médicale proposait de revenir sur la vaccination contre les papillomavirus humain (HPV) impliqués dans le cancer du col de l’utérus, en faisant intervenir deux professionnels de la santé :

  • Le Pr Odile Launay, infectiologue,
  • Et le Dr Joseph Monsonego, gynécologue.

Le tout, emballé par Jean-François Lemoine, un médecin généraliste qui se charge de poser les questions et d’orienter le débat. Un débat clairement orienté, puisque la description de l’émission ne fait aucun doute sur la position des intervenants :

« Le cancer du col de l’utérus est le seul cancer qui bénéficie d’un vaccin pour prévenir son apparition. Pourtant son utilisation n’a jamais été autant décriée. Retour sur l’intérêt, les indications et les polémiques autour de la vaccination HPV. »

J’ai donc visionné la vidéo, repris les arguments des professionnels ainsi que les questions de l’animateur, et il y a matière à discuter, à beaucoup discuter même.

Car sur le blog, le sujet de la vaccination m’intéresse énormément mais surtout celle contre le cancer du col de l’utérus, qui déchaîne littéralement les passions.

Les bases « HPV et cancer du col » en 30 secondes

En France, 2800 personnes ont été diagnostiquées avec un cancer du col en 2015. Selon l’Institut National du Cancer, l’âge moyen du diagnostic est à 51 ans, avec près de 1100 décès toujours en 2015, à 64 ans en moyenne.

C’est le 12ème cancer féminin le plus fréquent.

En 2013, le cancer du col représentait 1% des cancers en France et seulement 0.6% des décès à cause d’un cancer. C’est important de le garder en mémoire.

Mais voilà, dans la très grande majorité des cas de cancer du col, les fameux papillomavirus humain ou HPV sont présents, laissant la porte ouverte à la vaccination contre les différentes souches HPV (dont les fameuses 16 et 18 du Gardasil), notamment celles qui seraient les plus oncogènes.

C’est à la suite de constat que la vaccination (Gardasil et Cervarix) est née afin de lutter contre les infections aux HPV, et donc, dans l’idéal et dans la théorie, lutter contre les cancers du col de l’utérus.

Mais voilà, la réalité n’est pas si simple, surtout lorsque l’on parle de vaccination, d’efficacité, d’effets secondaires, de conflits d’intérêts, ou encore d’adjuvants.

Les cancers du col causés par les HPV ?

Le professeure Odile Launay insiste plusieurs fois sur ce point dans l’émission. Elle affirme bien que l’on « vaccine contre les souches qui sont les plus souvent en cause dans les cancers du col ».

Plus tard, le Pr Launay renchérit, chiffre à l’appui, « 75% des cancers du col sont causés par des HPV présent dans le vaccin [Gardasil, donc le 16 et 18, ndlr], et 99% des cancers du col sont liés à des HPV ».

Les affirmations du professeure semblent indiquer un lien de causalité clair et net entre les HPV et les cas de cancer du col, justifiant ainsi de facto la vaccination contre ces HPV.

Pourtant, pourtant… s’il y a une bien association entre les HPV et les cancers du col, démontré scientifiquement d’ailleurs, cette association ne démontre pas un lien de causalité, comme le soulignent deux chirurgiens cancérologues, Nicole et Gérard Delépine.

Non, l’origine du cancer du col est bien multifactorielle.

Les deux cancérologues énoncent que les HPV sont des facteurs de risques à prendre en compte dans le cancer du col, mais également la consommation d’alcool, de tabac, le nombre de partenaires sexuels, la fréquence des rapports, ou encore d’autres infections virales ou bactériennes…

En bref, une multitude de facteurs existent, mais ce sont uniquement les HPV qui sont pris en compte dans les études scientifiques, laissant de côté les autres composants.

Les deux professionnels insistent bien sur le fait « qu’aucune étude expérimentale n’a montré la création de cancer par infection répétée au papillomavirus ». Rajoutant que « l’infection au papillomavirus peut donc parfaitement n’être qu’un marqueur du risque de cancer du col. »

Dans la réalité des faits, nous ne sommes aujourd’hui pas en mesure d’affirmer sans le mondre doute que les HPV sont responsables des cancers du col de l’utérus, et que lutter contre eux permettra de lutter contre l’apparition de ces cancers.

Pourtant, nos deux médecins invités sont convaincu, sans en apporter la preuve, de l’efficacité du vaccin contre le cancer du col…

« On a un vaccin qui prévient des cancers liés à des virus. Odile Launay »

Cette phrase a été dite durant l’émission par la spécialiste. Une phrase qui ferait bondir n’importe quel professionnel, n’importe quel citoyen qui est au courant des résultats de la littérature scientifique…

Non, aucune étude aujourd’hui n’a démontré la capacité de prévention des vaccins contre le cancer du col de l’utérus. Aucune.

D’ailleurs, le Pr Launay se rattrape par la suite, précisant que l’on vaccine que depuis « récemment » et que « les résultats sur le cancer, on va les avoir dans 20 ans », à cause bien sûr de la durée de mise en place de ce cancer.

Là, nous sommes bien d’accord. Nous avons donc aujourd’hui un vaccin recommandé par les agences sanitaires françaises (mais également en Nouvelle-Calédonie) dont on ne connaîtra l’efficacité que dans 20 ans… Et si ça foirait ? Personne n’y pense ?

Devant cet aveu qui plombe un peu l’ambiance « bisounours de la vaccination magique HPV », qui décrit pourtant la réalité, le docteur Monsonego vient à la rescousse avec une théorie… franchement excellente. J’ironise à peine.

Selon le Dr, « on peut anticiper au regard de la prévalence des virus dans les cancers », et notamment les deux souches 16 et 18 présentes dans 70% des cancers du col.

Toujours selon lui, si l’on « vaccine une population cible idéale, on peut penser que dans 30 ans, on aura prévenu 70% de ces cancers par la vaccination bivalente [Cervarix] ou quadrivalente [Gardasil], rajoutant que l’on va éviter 28.000 décès sur 35.000 en Europe ».

Le Dr Monsonego part donc du principe que :

  • Les souches 16 et 18 sont donc bien des agents cancérogènes, à l’origine des cancers du col, sans en avoir la preuve formelle ;
  • Toutes les jeunes filles et les jeunes garçons seront vaccinés pendant 30 ans, ce qui est très loin d’être la réalité car il faudrait en réalité vacciner 80% de ces jeunes enfants pendant 70 ans pour espérer obtenir des bénéfices ;
  • Les vaccins contre les souches HPV 16 et 18 seraient 100% efficace contre la survenue des infections ou des lésions cervicales précancéreuses, mais là encore c’est loiiiiiiin d’être la réalité [1] ;
  • Cette efficacité devraient perdurer pendant 20 à 30 ans, ce dont nous n’avons aucune idée.

En bref, je veux bien être aussi optimiste que le docteur Monsonego, mais quand même… Baser l’efficacité d’un vaccin sur des théories, des approximations, des plans sur la comète… C’est loin de me rassurer, surtout quand ce sont les jeunes filles et les jeunes garçons qui expérimentent les nouveaux joujoux des grands.

« On tord le cou à la rumeur aluminium ? Jean-François Lemoine »

Finalement, une fois que les professionnels ont fait le tour de la vaccination HPV, démontrant avec brio son efficacité et son innocuité, j’ironise encore, le présentateur propose de « tordre le cou à la rumeur aluminium »…

On sort donc du champ spécifique du Gardasil ou du Cervarix, nos deux vaccins supposés lutter contre les cancers du col, pour redorer le blason à l’aluminium responsable de rien…

C’est Odile Launay qui s’y colle. Elle nous annonce que c’est un « adjuvant indispensable pour une réponse immunitaire suffisante », complétant « que nous n’avons pas le choix et que l’aluminium est utilisé depuis très très longtemps dans la vaccination, avec des doses dans les vaccins très très faibles ».

Je vous laisse juger la puissance des arguments. Un adjuvant indispensable, pourtant l’OMS nous parle d’un adjuvant qui serait sans danger avec le phosphate de calcium. Mais son remplacement coûterait des milliards d’euros à l’industrie, selon le travail de Virginie Belle et Claudina Michal-Teitelbaum dans son livre « Faut-il faire vacciner son enfant ? ».

Nous avons ensuite l’argument du « on a toujours fait comme ça… » ou bien « on l’a toujours utilisé… » alors pourquoi changer ? Pourtant, nous avons de très sérieuses raisons de penser que les adjuvants d’aluminium, se rajoutant aux nombreuses sources de notre environnement, peuvent entraîner des maladies dégénératives, neuromusculaires.

Nous avons notamment des soupçons sur le lien entre l’aluminium vaccinal et la myofasciite à macrophages, mais également de Lupus érythémateux [2], et d’autres accidents sur le système nerveux [3] [4] [5], selon les cancérologues Delépine.

Des conflits d’intérêts cachés…

Bien sûr, je ne m’attendais pas à ce que nos invités déballent eux-mêmes leurs éventuels conflits d’intérêts avec les sociétés pharmaceutiques concernées par les HPV ou le cancer du col.

Non bien sûr, d’ailleurs le Dr Lemoine demande à nos professionnels si ce sont des « portes parole de l’industrie pharmaceutique », à quoi ils répondent par la négative, avançant qu’ils travaillent pour « promouvoir la prévention et la santé publique ».

Alors attention, moi je veux bien les croire… Et en fait, je les crois. Je suis persuadé qu’ils sont animés par les meilleures intentions du monde, réduire à néant le cancer du col, etc, etc.

Mais pourtant, il serait honnête de leur part d’annoncer eux-mêmes les (nombreux) liens d’intérêts qu’ils entretiennent avec l’industrie pharmaceutique. Et comme cela aurait probablement pris trop de temps dans le montage vidéo, je me coltine la tâche ingrate…

Pour le Pr Launay, et bien en fait, j’avais déjà fait le travail il y a quelques temps. J’ai un vilain fichier dans mon ordi qui recense tous les conflits d’intérêts des experts de nos commissions nationales, aussi bien pour les produits pharmaceutiques que les produits alimentaires.

Dans ce fichier, la case du professeure Launay est loin d’être vierge.

Elle a ainsi reçu des rémunérations au déclarant par GlaxoSmithKline (GSK), Merck Sharp and Dohme (MSD) et Sanofi Pasteur MSD de 2002 à aujourd’hui dans la réalisation d’études cliniques en tant qu’investigateur principal, coordinateur, expérimentateur principal, co-investigateur et investigateur non principal.

Elle a également participé à des congrès nationaux (JNI, RICAI) et internationaux (ICAAC, CROI, ECMID) pour des antirétroviraux et des vaccins depuis 2002 à aujourd’hui sponsorisé par GSK et MSD, avec prise en charge des frais de déplacement.

Egalement dans mon registre de conflits d’intérêts, le professeure Launay a dirigé depuis 2002 un Centre d’Investigation Clinique de Cochin-Pasteur financé par MSD, GSK et Sanofi Pasteur MSD. Elle dirige également un réseau national d’investigation clinique en vaccinologie financé par les industriels du vaccin via le CENGEPS depuis de 2008 à aujourd’hui.

Pour le docteur Monsonego, la charge des conflits d’intérêts est moins importante mais elle existe belle et bien.

On la retrouve principalement via les publications scientifiques, où l’on apprend que le docteur a réalisé des études cliniques sur les vaccins HPV pour GSK et Merck. Il serait consultant pour de nombreuses sociétés pharmaceutiques, notamment en siégeant dans les comités de conseil pour GSK, Sanofi Pasteur MSD, Roche, Geneprobe ou encore Abbott diagnostics.

Nous sommes donc loin d’avoir des modèles d’experts indépendants. Ce n’est pas un critère forcément rédhibitoire mais assez important pour qu’il soit connu de tous.

Le cancer, c’est dramatique…

Pour conclure ce déjà très long billet, il convient de rappeler que le cancer est dramatique. Oui, je rejoins les paroles du docteur Lemoine. Je ne le souhaite à personne, mais les travaux scientifiques sont bien là pour nous séparer de l’émotion et de l’affect dans ce débat.

Car la vaccination est une contrainte médicale avec des bénéfices, certes mais qui restent encore à démontrer pour le Gardasil, et aussi des risques. La vaccination doit être justifiée par des problèmes de santés publiques majeures, surtout si elle est obligatoire.

Heureusement pour les parents, la vaccination HPV n’est pas obligatoire et ne le deviendra probablement jamais. Mais les autorités sanitaires déploient des efforts monstrueux, et parfois mensongers, pour inciter un maximum de jeunes filles et jeunes garçon à se faire vacciner.

Alors avec un peu de bon sens, on peut légitimement se dire que là, ça va trop vite, trop fort et sans garantie aucune. Si vous avez la possibilité de réaliser un frottis régulier, tous les 3 ans mesdames, alors vous aurez de grande chance de lutter efficacement contre cette maladie, sans vaccin invasif expérimental.

Mais ça, c’est surement un argument anti-vaxx me dira-t-on.


Références

[1] Di Mario, S., Basevi, V., Lopalco, P. L., Balduzzi, S., D’Amico, R., & Magrini, N. (2015). Are the two human papillomavirus vaccines really similar? A systematic review of available evidence: efficacy of the two vaccines against HPV. Journal of immunology research, 2015.
[2] Gatto M, Agmon-Levin N, Soriano A, Manna R, Maoz-Segal R, Kivity S, Doria A, Shoenfeld Y Human papillomavirus vaccine and systemic lupus erythematosus. Clin Rheumatol. 2013 Apr 28.
[3] Sutton I, Lahoria R, 50. Tan IL, Clouston P, Barnett MH. CNS demyelination and quadrivalent HPV vaccination. Mult Scler. 2009;15:116 – 9
[4] C hang J, Campagnolo D, Vollmer TL, Bomprezzi R. Demyelinating disease and polyvalent human papilloma virus vaccination. J Neurol- Neurosurg Psychiatry. 2010:1– 3.
[5] A lvarez-Soria MJ, Hernandez-Gonzalez A, Carrasco-Garcia de Leon S, Del Real-Francia MA, Gallardo-AlcanizMJ, Lopez-Gomez JL. [Demyelinating disease and vaccination of the human papillomavirus]. Rev
Neurol. 2011;52:472– 6

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