Le candidat à la Présidence américaine Donald Trump a mis sur son Twitter que l’opération de la libération de Mossoul « tourne en véritable catastrophe ». Ces paroles ont été cités par l’édition russe « Rossiyskaya Gazeta ».

Le périodique en question a déjà fait valoir que le candidat Trump avait déclaré à plusieurs reprises que les Etats-Unis mènent la libération de Mossoul en vue de soutenir Hillary Clinton. A leur tour, les experts russes estiment que la prise de Mossoul serait portée à l’actif du parti républicain.

Il est à rappeler que dans la nuit du 17 octobre dernier, en profitant du soutien de l’aviation de la coalition occidentale, les Etats-Unis à sa tête, les forces irakiennes et kurdes ont amorcé une large offensive pour libérer Mossoul de DAESH.

Pravda.ru a déjà noté que le colonel de réserve américain Daniel Davis croit que la libération de Mossoul peut devenir une véritable Bérézina pour l’armée irakienne et les forces de coalition américaines.

Dans son article publié dans la revue The National Interest, Davis écrit que, malgré le fait que l’opération contre Mossoul a été engagée le 17 octobre dernier, c’est-à-dire il y a peu de temps, on s’aperçoit déjà de certains signes avant-coureurs des graves problèmes à venir. Désormais, il demeure clair que les forces se dressant contre DAESH auraient beaucoup d’obstacles administratifs et diplomatiques à surmonter. Ces entraves sont autrement plus sérieuses que la lutte avec les terroristes à proprement parler.

L’auteur de l’article estime que la bataille de Mossoul peut tourner court et que cela provoquerait une catastrophe humanitaire pour la population civile. Un million de personnes aurait à fuir les combats, et le monde n’est pas prêt à assumer un tel scénario.

Cependant, les autorités irakiennes essaient d’amoindrir la dimension de la crise et appellent les citoyens à ne pas quitter leur domicile respectif et essayer de se protéger sans sortir de la ville. En même temps, le gouvernement ne s’applique pas à expliquer comment faire pour se ravitailler en eau, médicaments et provisions au cas où les combats perdurent.

Selon Daniel Davis, le problème essentiel est que les Etats-Unis s’apprêtent à mettre fin à la guerre en Irak sans avoir travaillé le problème en profondeur ce qui est une démarche immature d’une « coalition instable ». Et l’auteur de remarquer que Washington compte lutter avec DAESH avec le soutien des forces qui nourrissent des ambitions contradictoires.

Le colonel américain nous explique que les forces armées irakiennes ne sont que partiellement redressées. Les milices peshmerga kurdes ont déclaré, quant à eux, qu’ils comptaient accaparer tous les territoires conquis lors de cette campagne. Les chiites iraniens abhorrent les sunnites irakiens et ont déjà menacé de passer au fil de l’épée les Américains. A leur tour, les sunnites irakiens ont des comptes à régler avec le gouvernement de Bagdad où les chiites dominent. En même temps, la Turquie, membre de l’OTAN, a occupé une partie du territoire des deux Etats limitrophes et menace de détruire la coalition. Le premier-ministre de l’Irak Haydar el-Abadi est sur le pied de guerre avec Ankara. Toute cette conjoncture est le fruit de l’obstination bornée de Washington qui entend dominer le monde à l’aide de sa main de fer.

source: http://www.pravdafrance.com/news/international/24-10-2016/1303760-ORIENT-0/