Vous me direz que l’actualité est particulièrement anxiogène en ce moment et c’est réellement le cas, ne nous voilons pas la face. Les dernières informations parues sur le site en témoigne. Cette nouvelle information vient confirmer que le climat actuel est particulièrement électrique, c’est le cas de le dire. Obama s’est enfin décidé à protéger le réseau du pays face aux risques énormes que constituent la météo spatiale, en l’occurrence les éruptions solaires (En France on peut toujours courir).

Cette problématique n’est pas nouvelle. En 2013 déjà, l’ancien directeur de la CIA James Woolsey a exigé que « Washington prépare le réseau électrique de la nation pour une EMP, soit du soleil ou d’une bombe nucléaire d’un ennemi. Ils veulent que les 2000 à 3000 transformateurs du réseau soient protégés par un boîtier en métal de haute technologie et des pièces de rechange prêtes pour réparer le réseau. Woolsey a déclaré qu’en mettant hors d’usages à peine 20 transformateurs, cela provoquerait une panne d’électricité d’une partie de la nation « pour un long moment. »

Mais Washington ne prête pas attention, en particulier l’administration. Woolsey a déclaré que certains membres du Congrès s’intéressent à la question, mais que l’administration commence elle tout juste à prêter l’oreille. »

La même année, un rapport de l’assureur Lloyd’s of London indiquait que « Les menaces de la météo spatiale sur les réseaux électriques comprennent aussi la possibilité d’événements très graves dans lesquels un grand nombre de transformateurs pourraient être endommagés. Dans ce cas, la réparation complète du réseau pourrait prendre plusieurs mois (voire plusieurs années) car la disponibilité globale des équipements de remplacement est limitée. Cela aurait un impact énorme sur l’économie mondiale dans son ensemble, et pas seulement sur ​​la production d’électricité et les entreprises de distribution. »

Cet article paru sur le site la même année évoque le fait qu’une attaque nucléaire à haute altitude pourrait causer le même type d’effets dévastateurs sur le réseau électrique qu’une éruption solaire importante. En 2015, les Etats-Unis ont commencé soudainement à prendre des mesures concernant la défense de leur pays. L’amiral William Gortney, chef du NORAD indiquait alors que: « la dépendance à l’égard des réseaux informatiques et de communications numériques nous rend beaucoup plus vulnérables à une impulsion électromagnétique, qui peut se produire naturellement ou résulter d’une explosion nucléaire à haute altitude. On apprenait alors que le NORAD réaménageait tout son équipement de communication dans son abri anti-atomique datant de la guerre froide.

Le décret présidentiel d’Obama

 

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« En vertu de l’autorité qui m’est conférée en tant que président par la Constitution et les lois des États-Unis d’Amérique, et afin de préparer la nation pour les événements météorologiques spatiaux, il est ordonné par la présente comme suit:

Section 1. Politique. Des événements météorologiques spatiaux, sous la forme d’éruptions solaires, de particules énergétiques solaires, et des perturbations géomagnétiques, se produisent régulièrement, certains avec des effets mesurables sur les systèmes et technologies d’infrastructures essentielles, tels que le système de positionnement global (GPS), l’exploitation de satellites et de la communication, l’aviation, et le réseau d’alimentation électrique. Les phénomènes météorologiques extrêmes de l’espace – ceux qui pourraient dégrader de manière significative les infrastructures essentielles – pourraient désactiver une grande partie du réseau électrique, ce qui entraînerait des défaillances en cascade qui pourraient affecter les services essentiels tels que l’approvisionnement en eau, la santé et le transport. La météorologie spatiale a le potentiel d’affecter simultanément et de perturber la santé et la sécurité à travers des continents entiers. Réussir la préparation aux événements météorologiques de l’espace est un effort pour toute une nation qui exige des partenariats entre les gouvernements, les gestionnaires d’urgence, les universités, les médias, l’industrie de l’assurance, les organisations sans but lucratif et le secteur privé.

 

La politique des États-Unis réside dans la préparation à des événements météorologiques de l’espace afin de minimiser l’ampleur des pertes économiques et des difficultés humaines. Le gouvernement fédéral doit avoir (1) la capacité de prévoir et de  détecter un événement de la météo spatiale, (2) les plans et les programmes nécessaires pour alerter les secteurs public et privé afin de permettre des mesures d’atténuation pour un événement de météorologie spatiale imminent, (3) la protection et les plans d’atténuation, les protocoles et les normes nécessaires pour réduire les risques pour les infrastructures critiques avant et pendant une menace crédible, et (4) la capacité à réagir et à se remettre des effets de la météo spatiale. Les ministères et organismes exécutifs doivent coordonner leurs efforts pour se préparer aux effets des événements météorologiques spatiaux. »

L’ordre exécutif continue ainsi énumérant les différentes étapes imposées aux diverses agences gouvernementales et ministères avec à chaque fois un délai d’entre deux et quatre mois pour la plupart du plan et six mois pour que tout soit opérationnel. Pourquoi Obama a-t-il attendu 8 ans pour signer ce décret? Et pourquoi des délais aussi courts pour le mettre en oeuvre?l