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L'incroyable piratage qui a fait chuter Vinci en bourse

Publié par Philippe Rioux sur 23 Novembre 2016, 11:38am

Catégories : #Economie-politique

Au plus fort de la chute le titre Vinci était en baisse de 18,28 % hier./Photo AFP.
Au plus fort de la chute le titre Vinci était en baisse de 18,28 % hier./Photo AFP.

Le groupe Vinci a été victime hier d'une fausse information sur une révision de ses comptes et le renvoi de son directeur financier qui a fait plonger son cours en bourse. L'action a été revendiquée par des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

 

Incroyable histoire que celle qu'a vécue hier le groupe Vinci, victime d'une fausse information qui lui aura fait perdre, au plus fort de la séance en bourse, plus de 18,28 % soit 5 milliards d'euros de capitalisation. Tout commence à 16 h 05 lorsque Bloomberg, l'agence de presse spécialisée dans l'information économique et financière, diffuse un communiqué par courriel à destination de la presse et des analystes.

Le document affirme que le groupe de BTP a licencié son directeur financier Christian Labeyrie après avoir découvert d'importantes erreurs d'écritures comptables sur les exercices de l'année 2015 et celui du premier semestre 2016 sur un montant de 3,5 milliards d'euros. Le communiqué fait l'effet d'une bombe et le cours de l'action de Vinci dévisse très fortement en bourse. Une heure plus tard, Vinci publie un communiqué de démenti : «Un faux communiqué de presse Vinci a été publié par Bloomberg le 22 novembre à 16 h 05. Vinci dément formellement l'ensemble des «informations» figurant dans ce faux communiqué et étudie toutes les actions judiciaires à donner suite à cette publication», explique le groupe sur son site internet. Mais le mal est fait et, si le titre Vinci remonte, à la fin de la séance d'hier, il cède 3,76 % à 58,80 €. Ses volumes d'échanges atteignaient cinq fois ceux réalisés en moyenne par la valeur ces trois derniers mois sur Euronext.

 

Ce piratage inédit est alors revendiqué dans un nouveau communiqué intitulé «Action mediatico-boursière contre Vinci : revendication». Dans ce courriel, les signataires se félicitent de ce «sabotage», indiquant avec des fautes d'orthographe que «la forêt de notre dame des landes a elle même sentie le béton reculer et ces occupants ont fêté se nouveau coup porté directement dans la bourse de ce monstre de béton». L'action de déstabilisation viendrait donc d'opposants au futur aéroport controversé de Notre-Dame-des-Landes.

«Nous avons été hackés et nous allons saisir l'AMF (autorité des marchés financiers, ndlr)», a déclaré un porte-parole du groupe Vinci. L'AMF a indiqué suivre le dossier de «très près», se réservant «le droit d'étendre ses investigations en fonction de l'analyse des premiers éléments recueillis.»


Des précédents

Ce n'est pas la première fois que des tentatives de déstabilisation des places financières se produisent. En avril 2013, le compte Twitter de l'agence Associated Press (AP) avait été piraté par l'Armée électronique syrienne qui avait écrit qu'une explosion venait de se produire à la Maison Blanche. La nouvelle avait déclenché un flash crash (décrochage immédiat) à Wall Street ; l'indice Standard&Poor's 500 chutant de 145 points en trois minutes. Le temps de rétablir la vérité et la bourse de New York perdait 136 milliards de dollars. Des sommes astronomiques qui s'expliquent notamment en raison du trading à haute fréquence. Celui-ci permet de passer un grand nombre d'ordres en quelques secondes après une mauvaise nouvelle. Aux États-Unis, la SEC (Security and Exchange Commission), le gendarme de la Bourse avait décidé de plancher sur la question.

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