Libé s’inquiète des menées fascistoïdes de l’Antipresse!

Voici quelques semaines, nous avions mis en évidence la multiplication des images du sauvetage d’une fillette syrienne par les «Casques blancs» d’Alep (est):

On l’a vue le 28 août dernier surgir avec un petit garçon des décombres d’un bombardement au bras d’un «casque blanc». Puis, toute seule, au bras d’un autre sauveteur sur un autre tas de gravats. Et d’un troisième, encore ailleurs…

Avant d’être mise à l’abri, cette pauvre enfant n’avait pas seulement été mitraillée par les avions ennemis, mais aussi, de toute évidence, par les photographes «amis». La victime portait toujours les mêmes habits mais, grâce à la multiplication des prises de vue et des sauveteurs, le spectateur pouvait être porté à croire qu’il s’agissait d’événements multiples. Nous-mêmes l’avons pensé dans un premier temps.

Le procédé n’est pas nouveau. Dans la guerre de l’information, la victoire revient au camp qui parvient à diffuser le plus d’images de ses propres souffrances.

Dans le même temps, les médias qui démultiplient ce drame en le présentant sous tous les angles ne montrent rien des dégâts infligés aux populations d’Alep-Ouest par les pilonnages aléatoires des djihadistes qu’ils protègent. Le témoignage à ce sujet du grand reporter Régis le Sommier — qui revenait d’Alep — dans un débat sur LCP a eu pour effet d’irriter jusqu’a l’agressivité les tenants de la ligne officielle de la médiacratie française (en l’occurrence l’apparatchique arrogante Elisabeth Guigou).

Le directeur adjoint de Paris Match relevait aussi, dans ce même débat, qu’il n’y avait plus de rebelles «modérés» à Alep et que ceux qui y restaient étaient «essentiellement des islamistes».

Les «Casques blancs» présents sur la scène du sauvetage de la petite fille ne sont, pour les médias de grand chemin, que d’innocents infirmiers. On leur décerne même des prix pour leur dévouement — tout en profitant pour se faire l’écho de leur propagande. Appuyé par des images émouvantes de souffrances réelles d’enfants, le mensonge le plus grossier passe sans contradiction. Qui oserait pinailler sans être taxé d’inhumanité?

Dans les faits, les «Casques blancs» sont une pièce à deux visages: l’un humanitaire pour le grand public, l’autre… beaucoup plus trouble.

Leur ambiguïté est parfaitement résumée par le professeur Tim Anderson, qui est allé enquêter sur place:

« En fait Les Casques blancs, qui prétendent être indépendants, sont dirigés par l’ancien soldat britannique James Le Mesurier, cofinancé par le gouvernement américain et britannique, opérant dans les zones sous le contrôle de l’organisation terroriste Front al Nosra, groupe interdit par le Conseil de sécurité de l’ONU. Chaque attaque contre al Nosra est ainsi décrite comme une attaque dirigée contre des «civils» et des centres de soins, ou sur des personnels de santé. La même chose vaut pour Médecins sans frontières (MSF), qui finance les cliniques d’al Nosra (la plupart du temps sans bénévoles étrangers) dans plusieurs zones tenues par les terroristes. »

« Les contradictions entre la politique et la pratique des États-Unis ont récemment été mises en évidence lorsque le chef syrien des Casques Blancs, Raed SALEH, s’est rendu aux Etats-Unis pour recevoir un prix humanitaire, mais n’a pas eu la permission d’entrer sur le sol Américain et a été renvoyé à Istanbul car il est associé à Al-Nosra. »

Interrogé sur cette criante contradiction, le porte-parole du Département d’Etat n’a eu d’autre choix que de dérouler une bredouillante langue de bois (voir son profond malaise sur Youtube).

Financés par les gouvernements occidentaux, liés à Al-Nosra, distingués par des fondations suédoises mais interdits d’entrée sur territoire U.S., les «Casques blancs» sont un protagoniste du plus haut intérêt de la guerre de l’information orchestrée autour de la Syrie.

Les médias occidentaux ne retiennent que leur côté «Dr Jekyll» — de fait, ils sauvent des vies dans une guerre qui met réellement à mal les populations —, tandis que le «Mr Hyde» est dénoncé par les médias russes et alliés — ainsi que par de rares sources indépendantes en Occident comme Antipresse ou Arrêt sur Info. Avec un peu de curiosité et de lucidité, on pourrait aussi voir ces «samaritains» comme le rideau de fumée d’une prise en otage des populations civiles dans les territoires sous contrôle djihadiste.

Cette curiosité et cette lucidité de notre part ont suffi à Libération pour nous classer dans la «fachosphère».

Comme dit le proverbe: quand on lui montre la lune, le fou regarde le doigt. Or quand il rive ses yeux sur le doigt et qu’il le traite de fasciste, le politburo de Libé n’est pas simplement fou: il est surtout hypocrite. Car même un fou ne peut ignorer que le rôle des «Casques blancs» dans la guerre de Syrie est un sujet autrement plus important que le rôle de l’[Antipresse](http://www.antipresse.net) ou d’Arrêt sur Info dans le développement de la «fachosphère» francophone.

Si Silvia Cattori, l’animatrice d’Arrêt sur Info, et nous-mêmes, représentons la «fachosphère», alors c’est un club chic aux idées larges. Seuls les journalistes de Libé, les mercenaires du capital islamique et les imbéciles complets n’y sont pas bienvenus. Et pour en sortir, il n’y a un seul moyen: déposer 100 points de QI.

Quoi qu’il en soit, toute publicité est bonne à prendre! Et l’on n’attendait pas mieux de Libé que la poursuite, sous l’étiquette mensongère de «désintox», de sa basse besogne de censure et de désinformation au bénéfice des coupeurs de tête du Golfe persique et de leurs proxies moyen-orientaux.

Slobodan Despot | N° 50 | 13.10.2016

 © 2016 Association L’Antipresse

PS. Profitons-en pour recommander la lecture du livre très documenté de Tim Anderson: The Dirty War on Syria.