Une énorme boule

Les galaxies de l’Univers photographiées par le télescope spatial Hubble. (Photo : Wikimédia)

 

Il a le ciel, le Soleil et… l’Univers. Fini, ou infini, le débat est encore ouvert. Seul son âge, estimé à 13,8 milliards d’années, semble aujourd’hui faire consensus. Pour le reste, la petite poussière cosmique qu’on appelle l’être humain en a une vision limitée.

Cet « horizon cosmologique » est aujourd’hui borné à 41,4 milliards d’années-lumière. Si on considère que cet univers dit « observable » a la forme d’une boule, son diamètre est donc de… 82, 8 milliards d’années-lumière ! Concrètement, pour aller d’un bout à l’autre, un vaisseau spatial devrait parcourir 783 348 milliards de milliards de kilomètres. Ça use, ça use… Au-delà, c’est mystère et boule de gomme.

Des milliards de milliards d’étoiles

Notre Voie Lactée. (Photo : Wikimédia)

 

Mais à l’intérieur de cet espace artificiellement circonscrit, ce n’est guère plus brillant, si l’on peut dire. Car c’est bien grâce à la lumière, qui nous parvient avec beaucoup de retard, qu’on arrive, bien difficilement, à deviner, à classer le grand fatras intergalactique.

Il y a donc le ciel, le Soleil et… des étoiles. Un sacré paquet même, regroupées dans des galaxies : 2 000 milliards environ, chaque d’entre elles abritant de quelques dizaines de milliards à quelques dizaines de milliers de milliards d’astres. Autant vouloir chercher une aiguille dans une botte de foin.

Super-amas et cacahuète

Les télescopes de Sutherland, en Afrique du Sud, scrutent les confins de l’Univers. (Photo : salt.ac.za)

 

C’est donc avec philosophie qu’on apprend aujourd’hui qu’une équipe internationale d’astronomes vient de découvrir, grâce aux télescopes de Sutherland (Afrique du Sud) et de Siding Spring (Australie), le plus important ensemble de galaxies jamais répertorié : le super-amas de Vela, situé à 800 millions d’années-lumière de la Terre.

Un sacré morceau, qui fait passer le super-amas de Lanieka, auquel appartient notre bonne vieille Voie Lactée, pour une cacahuète ! Et qui dépasse même, peut-être, le super-amas de Shapley, distant, lui, de 650 millions d’années-lumière. Les astronomes pensaient, jusqu’à présent, que la masse de ce dernier était responsable du mouvement d’ensemble de notre amas de galaxies. Le super-amas de Vela pourrait également jouer un rôle d’attraction.

Réseau de filaments cosmiques

Le super-amas de Vela est situé à 800 millions d’années-lumière de la Terre. (Photo : DR)

 

Comment un tel mastodonte a-t-il pu passer inaperçu aussi longtemps ? Tout simplement parce qu’il se trouve pile dans le plan de la Voie Lactée, une zone presque impossible à observer. D’autant que la poussière cosmique et le gaz produit par notre galaxie « obscurcissent » encore davantage la lumière située à l’arrière.

Pour résoudre cette difficulté, des observations par ondes courtes vont être lancées grâce au radiotélescope MeeKAT, installé dans la province du Cap du Nord, en Afrique du Sud. Parallèlement, les chercheurs du Max Planck Institut, un organisme allemand, vont balayer la zone aux rayons X, histoire de vérifier si le super-amas de Vela est bien, comme ils le pensent, enserré dans un gigantesque réseau de filaments cosmiques. Ce qui prouverait qu’il est englobé dans une structure encore plus vaste. On n’a pas fini de démêler l’écheveau complexe de l’univers…