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61 SECONDES POUR UNE MINUTE : CE SERA POUR LA NUIT DU NOUVEL AN

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 31 Décembre 2016, 11:53am

Catégories : #Sciences

L’Observatoire de Paris va effectuer l’ajout d’une seconde intercalaire pour que le temps mesuré par les horloges atomiques soit en accord avec celui donné par les astres.


La nuit du réveillon 2017 sera celle de l’ivresse… de l’espace-temps. Car le 1er janvier 2017, la minute entre 0h 59 minutes et 1 heure durera une seconde de plus que la normale, soit 61 secondes au lieu de 60. Cette seconde supplémentaire est aussi appelée « intercalaire » puisque l’Observatoire de Paris l’intercale dans le cours très régulier du temps. C’est donc une décision prise en France et à portée internationale. Sa fonction est de la plus haute importance : elle est censée raccorder le temps mesuré par les horloges atomiques avec le temps astronomique. Ce voyage temporel dans la nuit de la Saint-Sylvestre ne sera pas une première. C’est en effet la 37e fois qu’une seconde supplémentaire vient s’intercaler dans le cours du temps. Car, si les astronomes n’effectuent pas un tel ajustement, dans 2000 à 3000 ans il sera midi à 14 heures, et dans 85.000 ans… c’est le Soleil qui culminera à minuit !

Le temps des horloges

« Dès les années 1790, les bourgeois de Paris attendaient le coup de canon de midi au Palais Royal (photo ci-dessus) pour sortir leur montre à gousset et la mettre à l’heure« , rappelait à l’occasion du précédent intercalage (le 1er juillet 2015) Daniel Gambis, directeur du Service de la rotation de la Terre  à l’Observatoire de Paris. L’heure était alors donnée à… un quart d’heure près. Quant aux agriculteurs, ils n’avaient guère les moyens de s’offrir un tel mécanisme de précision : c’est au cadran solaire qu’ils lisaient approximativement l’heure. En 1911, l’utilisation du canon fut interdite puisque le méridien de référence n’était plus celui de Paris mais celui de Greenwich. Aujourd’hui, le temps est donné par la régularité des horloges atomiques, qui exploitent la stabilité des niveaux d’énergie de l’atome du Césium, à la base de la définition de la seconde en 1967. L’incertitude de ce temps atomique atteint 10-16 secondes (dix millionième de milliardième de seconde) ! Et l’Observatoire de Paris possède l’étalon primaire de fréquence le plus stable au monde parmi une douzaine en fonctionnement dans le monde.

La Terre et ses fantaisies

Reste qu’avec une telle précision atomique, le moindre mouvement irrégulier de la Terre se fait sentir. Car notre planète ne tourne pas toujours à la même vitesse. Au cours du temps, de nombreux phénomènes influencent sa vitesse de rotation : en premier lieu, les frottements dus aux marées qui dissipent une partie de l’énergie et ralentissent ainsi la rotation de la planète. C’est la « décélération séculaire » due à l’action de la Lune. De ce fait, la Lune s’éloigne de la Terre. Puis les mouvements internes au noyau et au manteau de la Terre affectent aussi la vitesse de rotation du globe. Tout comme un œuf dur ne tourne pas de la même manière qu’un œuf cru, la structure interne de la planète influe sur la durée du jour : un noyau liquide ou des remontées magmatique peuvent rallonger ou raccourcir la période de rotation de la Terre d’environ 24h…

Dans 2000 ans, il sera midi à 14 heures !

C’est donc pour concilier ces deux mesures du temps que l’Observatoire de Paris a décidé de rajouter une seconde supplémentaire « à la main » : « car il a été décidé que l’écart entre les deux ne devrait pas dépasser 0,9 seconde ! », précisait en juillet 2015 Michel Abgrall, responsable des références nationales du temps au Syrte.

Source : sciencesetavenir.fr / futura-sciences.com / lemonde.fr

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