D’abord élu par un peu plus de 80 000 grands électeurs en 1958, Charles de Gaulle est réélu au suffrage universel (qu’il a obtenu entre-temps par référendum) en 1965. Il n’ira pas au bout de son second septennat, puisqu’il démissionne en 1969. C’est Georges Pompidouqui est alors élu, et lui n’achèvera pas son mandat : il meurt en 1974.

La même année, Valéry Giscard d’Estaing lui succède à l’Elysée. Il mène son septennat à terme et se présente à sa propre succession en 1981. Mais il est battu par François Mitterrand, qui devient enfin président après avoir échoué au second tour à deux reprises. Le premier président de gauche de la Ve République se présente avec réussite à sa propre succession en 1988. En revanche, diminué par son cancer et après quatorze ans à la tête de l’Etat, il renonce à se présenter à nouveau en 1995 - la Constitution ne l’interdisait pas encore : il a fallu attendre 2008 pour qu’y soit précisé que «nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs».

 

Jacques Chirac devient alors président de la République. Lui aussi fera deux mandats, un septennat jusqu’en 2002 puis un quinquennat, avant, comme Mitterrand, de renoncer à en briguer un troisième.

La voie est donc libre pour Nicolas Sarkozy, élu en 2007. Il mène son quinquennat à terme et se présente à sa propre réélection en 2012. En vain : il est battu par … François Hollande. Qui, moins de cinq ans plus tard, a innové en jetant l’éponge au terme de son premier mandat à l’Elysée.

Baptiste Bouthier