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Au plus profond des océans, une contamination extraordinaire

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 15 Février 2017, 15:08pm

Catégories : #Environnement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Illustration. Des traces de contamination chimique ont été trouvées à plus de 10 000 mètres de profondeur. 

 

AFP/Rony Karumba

 

Des polluants chimiques ont été retrouvés dans des organismes à plus de 10 000 mètres de profondeur, révèle une étude.

C'est un endroit coupé du monde où la civilisation est pourtant bien présente. Et pas pour ce qu'elle a de meilleur. Les plus grandes profondeurs océaniques n'échappent pas aux pollutions d'origine humaine, révèle une étude publiée lundi, qui a décelé des traces de produits chimiques interdits sur de minuscules crustacés vivant dans les abysses.

« Nous voyons encore les abysses comme un royaume lointain et immaculé, préservé de l'action de l'Homme, mais nos travaux montrent que malheureusement cela est loin de la vérité », souligne Alan Jamieson, chercheur à l'Université de Newcastle (Royaume-Uni), co-auteur de cette étude parue dans la revue Nature Ecology & Evolution.

Des niveaux « extraordinaires » de contamination


Pour collecter ces crustacés, ressemblant à des mini-crevettes translucides et appelés amphipodes, des outils spéciaux ont été conçus, permettant de descendre dans la fosse des Mariannes, la plus profonde connue (près de 11 km), près de l'île de Guam, et dans la fosse de Kermadec (plus de 10 km), au nord de la Nouvelle-Zélande, toutes deux dans le Pacifique.

Même dans ces lieux reculés, au plus profond de la croûte terrestre, les amphipodes, rares organismes à pouvoir vivre à de tels profondeurs et niveaux de pression, affichaient des niveaux « extraordinaires » de contamination chimique, écrivent les chercheurs.

Des écosystèmes peu explorés


La présence de PCB (polychlorobiphényles), bannis il y a 40 ans, et de PBDE (polybromodiphényléthers), longtemps utilisés pour ignifuger matières plastiques et textiles, a notamment été prouvée. PCB et PBDE étaient présents dans tous les échantillons, prélevés à des profondeurs différentes (entre 6 et 11 km) et dans les deux fosses, précisent les chercheurs. Ils pourraient avoir été « emmenés » par les courants marins. 

« Trouver ces polluants dans un des endroits les plus reculés et inaccessibles de la Terre nous fait réaliser l'impact dévastateur, à long terme, de l'Homme sur la planète », souligne Alan Jamieson. Les écosystèmes des grandes failles marines, générées par la tectonique des plaques, restent peu connus et peu explorés, souligne l'équipe, pour qui il s'agit de « la dernière grande frontière écologique ».

Entre les années 1930 et 1970, 1,3 million de tonnes de PCB ont été produites dans le monde. Depuis, selon des estimations, quelque 35% auraient fini dans l'océan et les sédiments. Dans la fosse des Mariannes, les plus forts taux de PCB constatés étaient 50 fois plus élévés que ceux relevés sur des crabes de rizières alimentées par une des rivières les plus polluées de Chine, soulignent les scientifiques.

 

 

 

  Leparisien.fr avec AFP

 

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