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Zone Rouge: scandale au goût d’arsenic au cœur de la France

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 1 Février 2017, 21:13pm

Catégories : #Environnement

Image © Maxppp

Non, ces images ne proviennent pas d’une quelconque exploitation minière à l’autre bout du monde. Pour la réalisation du documentaire Zone Rouge, Laetitia Moreau et Olivier Dubuquoy se sont rendus dans les Calanques pour s’attaquer de front à la problématique des boues rouges. Pour interpeller les politiques et la population, les deux réalisateurs ont enquêté auprès des industriels et des responsables publics pour découvrir comment les dirigeants de l’usine d’alumine de Gardanne ont pu, pendant 50 ans, mentir à propos des dangers représentés par les boues rouges pour les humains et l’environnement. Les boues rouges, une « désinformation toxique » ?

 

La problématique des boues rouges divise la France depuis de nombreuses années. Non seulement elle alimente des controverses au sein des acteurs locaux, mais en plus elle met en lumière la manière dont les dirigeant de l’usine d’alumine de Gardanne utilisent tous les moyens qui sont en leur pouvoir pour continuer des activités dont les dégâts écologiques sont pourtant avérés. C’est ce que dénonce l’enquête Zone rouge dont l’objet et de démontrer comment « les industriels qui ont successivement dirigé cette usine se sont ingéniés à inventer bien des astuces, greenwashing et sciencewashing, pour faire accepter tant aux autorités politiques, scientifiques et sanitaires qu’aux populations, l’innocuité des boues toxiques, résidus de la transformation de la bauxite en alumine et valider le choix de leur rejet en Méditerranée ».

Photograhie : Gaetan Hutter

Permis de polluer

En plein milieu du Parc national des Calanques, un espace naturel protégé à proximité de Marseille et au bord de la Méditerrané, l’usine de Gardane rejette ses déchets industriels en mer. Depuis quelques années, des enquêtes ont rendu public ce scandale écologique et politique. Si la pollution est difficilement visible pour un public non averti, marins, pêcheurs et scientifiques n’ont pourtant cessé d’alerter les autorités sur les désastres provoqués par le déversement des « boues rouges » en pleine mer. À la suite des protestations, de nouvelles mesures ont été prises. Depuis peu, les « boues rouges » ne peuvent plus être rejetées en mer. Du moins, sur le papier.

Dans les faits, démontre l’enquête, l’usine continue à polluer les environs : les effluents liquides issues de la production d’alumine terminent toujours leur parcours en mer, alors même que leur taux d’arsenic, d’aluminium et de fer dépasse les normes légales. Pourtant, jusqu’à présent, aucune mesure contraignante n’a été prise pour faire cesser concrètement cette pollution. L’usine de Gardanne agirait donc en toute impunité, avec l’aval des administrations compétentes : les autorités politiques ont validé leur choix de rejet dans la Méditerranée. Les images et les recherches menées par les scientifiques sont pourtant sans appel : sur les lieux où sont déversées les boues et dans leurs alentours, la faune et la flore marines sont fortement dégradées. Pourquoi une telle passivité devant ce scandale industriel français d’envergure ?

Photograhie : Gaetan Hutter

Mensonges à la pelleteuse

Pourquoi, l’usine de Gardanne peut-elle continuer à polluer sans être inquiétée par les autorités compétentes ? Comment a-t-elle été autorisée a se débarrasser de ses déchets en mer ? Les auteurs du reportage ont enquêté sur la vaste « manipulation » opérée par les dirigeants de l’usine. Car c’est bien à force de mensonges et de pressions que l’usine aurait obtenu et maintenu les permis de polluer. Aujourd’hui, c’est la Commission européenne qui exige des réponses. Ainsi, explique le journal Le Monde, « Bruxelles demande aux autorités françaises les motivations de l’autorisation du rejet en mer de déchets dont la toxicité dépasse les plafonds légaux ».

Le film Zone Rouge retrace les enjeux du scandale et investigue au cœur des manipulations. Le documentaire a été sélectionné en compétition internationale au Festival International du Grand Reportage d’Actualité et du Documentaire de Société, « Les écrans de la réalité » qui se déroulera au Touquet-Paris-Plage du 22 au 26 Mars 2017.

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