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Tchétchénie : purge anti-gay comparée aux camps de concentration nazis

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 14 Avril 2017, 06:20am

Catégories : #Nouvel ordre mondial

Tchétchénie : La purge anti-gay comparée aux camps de concentration nazis

Alors que le cauchemar des homosexuels en Tchétchénie choque l’opinion, leur détention commence à être comparée aux camps de concentration nazis.

Jusqu’à présent, il était fait mention d' »arrestations massives », et de « massacre ». Novaïa Gazeta, prestigieux journal d’opposition russe, révélait le 1er avril l’emprisonnement d’une centaine d’hommes sur la base d’une homosexualité réelle ou supposée, et même le meurtre avéré d’au moins trois victimes. Quelques jours plus tard, le titre donnait la parole aux rescapés de ces détentions. Coups, électrocution, extorsions de fonds et traque d’autres individus grâce aux téléphones mobiles rythment ces récits tragiques. Toutefois, aucun des deux papiers ne fait alors mention de « camps de concentration », bien que le journal évoque la torture et la détention de centaines de civils, notamment au sein d’une « prison secrète » localisée près de la capitale. Le 5 avril, l’association Russian LGBT network se faisait aussi l’écho de ces témoignages : une quinzaine voire une trentaine de personnes emprisonnées dans une même salle, mal nourries et parfois battues à mort, par des geôliers obéissant directement aux ordres des dirigeants tchétchènes.

C’est d’ailleurs en reprenant les propos de cette même association que l’analogie avec les camps de concentration fait surface. Après une première évocation par le site UpNorth se basant sur un blog russe, le Daily Mail cite le lundi 10 avril les propos de la militante Svetlana Zakharova :

Des homosexuels ont été détenus, nous travaillons actuellement à leur évacuation des camps et certains ont déjà quitté la région.

Le journal titre : « La Tchétchénie, où les militants affirment que les gays sont torturés par électrocution et battus à mort, ouvre le premier camp de concentration pour homosexuels depuis Hitler ».

Depuis, l’appellation et l’analogie avec la politique de concentration nazie a fait le tour des tabloïds anglais à l’instar de The SunMirrorDaily Express et d’autres médias anglophones comme francophones.

En attendant plus d’informations…

Selon la définition du Petit Robert, un camp de concentration est « un lieu où l’on groupe, en temps de guerre ou de troubles politiques, sous la surveillance des autorités de guerre militaires ou policières, les suspects, les étrangers, les nationaux ennemis ».

Annette Wieviorka, directrice de recherche au CNRS, prévenait toutefois dès 1997 de l’utilisation de cette expression, chargée du souvenir de la Seconde Guerre mondiale, dans la revue d’histoire Vingtième siècle :

Depuis cinquante ans, au gré de l’actualité, les comparaisons avec les camps nazis n’ont pas manqué. Il resterait à prouver l’efficacité politique de ces références.

L’historienne spécialiste de la Shoah, rappelant la genèse du terme lors de la guerre des Boers à l’aube du XXème siècle, distinguait alors « l’existence de camps à un moment donné de l’histoire d’un pays » et l’existence de « systèmes concentrationnaires coexistant à certains régimes politiques qu’ils expriment, qui durent le temps de ces régimes, revêtent une fonction politique, économique et sociale fondamentale. »

Solidarité internationale

Amnesty International, qui a lancé une alerte concernant la situation des homosexuels en Tchétchénie, évoque des « hommes perçus comme homosexuels (…) enlevés, torturés voire même tués en toute impunité (…) dans le cadre d’une campagne coordonnée » mais ne fait pas mention de « camps de concentration. »

Comme d’autres organismes de défense des droits de l’Homme et instances internationales, elle exhorte les autorités russes à mener l’enquête et à stopper ces agissements.

Selon l’attaché de presse du gouvernement russe cité par Amnesty International, le ministère de l’Intérieur est actuellement en train de « vérifier les informations relatives à la persécution présumée d’hommes d’orientation non-traditionnelle »; la Russie de Vladimir Poutine s’illustre régulièrement par une homophobie d’État caractérisée par la loi anti-« propagande homosexuelle » promulguée en 2013. De nombreux militants comptent par ailleurs sur la rencontre entre Rex Tillerson, secrétaire d’État américain, et Sergey Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, demain à Moscou pour entendre la condamnation publique de ces persécutions.

Sur la plateforme All Out, une pétition réclamant la traduction en justice des responsables recueille plus de 50.000 signatures.

En France, SOS homophobie organise un rassemblement de soutien, ce jeudi 13 avril à Paris. Un autre, prévu le lundi 15 mai à Paris, se prépare également via Facebook.

 

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