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L'OMS alerte sur une résistance accrue de la gonorrhée aux antibiotiques

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 7 Juillet 2017, 13:52pm

Catégories : #Santé

Une représentation de la bactérie responsable de la gonorrhée. Une représentation de la bactérie responsable de la gonorrhée. (STOCKTREK IMAGES / GETTY IMAGES)

La gonorrhée pourrait-elle devenir incurable ? Cette infection sexuellement transmissible (IST) est "plus difficile voire parfois impossible" à traiter à cause de la résistance aux antibiotiques, prévient l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vendredi 7 juillet. Egalement appelée blennorragie (ou, plus familièrement, chaude-pisse), cette maladie due à une bactérie peut toucher les organes génitaux, le rectum et la gorge.

La gonorrhée se transmet lors de rapports non protégés par voie orale, anale ou vaginale. "Les complications touchent de façon disproportionnée les femmes, qui encourent notamment un risque de maladie inflammatoire pelvienne, de grossesse extra-utérine et de stérilité ainsi qu'un risque accru d'infection par le VIH", le virus du sida, souligne l'OMS.

Quelque 78 millions de personnes sont atteintes de gonorrhée chaque année, selon des estimations citées par l'OMS. "La baisse de l'utilisation des préservatifs, les voyages accrus, les faibles taux de dépistage de l'infection ainsi que le traitement inadapté" contribuent à une augmentation du nombre de cas.

"Une bactérie particulièrement intelligente"

En se fondant sur les données de 77 pays, l'organisation met en garde contre une "résistance répandue aux anciens antibiotiques qui sont également les moins coûteux". "Certains pays, en particulier les pays à revenu élevé, où la surveillance est la plus efficace, détectent des cas d'infection qu'aucun antibiotique connu ne peut traiter", assure même l'OMS. 

"La bactérie responsable de la gonorrhée est particulièrement intelligente,explique la docteure Teodora Wi dans un communiqué de l'agence onusienne. A chaque fois que nous utilisons une nouvelle classe d'antibiotiques pour traiter l'infection, la bactérie évolue pour y résister."

"Il nous faut un vaccin"

Seuls trois nouveaux médicaments sont à l'étude pour traiter cette maladie. "La mise au point de nouveaux antibiotiques n'est pas très attrayante pour les laboratoires pharmaceutiques", déplore l'OMS. Raison principale : "Les traitements sont administrés uniquement pendant de courtes périodes", contrairement aux médicaments contre les maladies chroniques.

Un partenariat a été mis sur pied par l'OMS et l'initiative Médicaments contre les maladies négligées (DNDi), une organisation indépendante, pour tenter de mettre au point de nouveaux antibiotiques. "A plus long terme, il nous faut un vaccin pour prévenir la gonorrhée", alerte le docteur Marc Sprenger, directeur du département Résistance aux antimicrobiens de l'OMS. L'instance insiste sur l'importance de la prévention, via "des comportements sexuels plus sûrs, en particulier l'usage correct et régulier du préservatif".


franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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