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Quand les nanoparticules des tatouages circulent dans le corps

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 13 Septembre 2017, 20:39pm

Catégories : #Sciences

 

Les scientifiques savaient déjà que les pigments provenant de l’encre de tatouage peuvent se déplacer vers les ganglions lymphatiques, éléments essentiels du système immunitaire, qui permettent de lutter contre les virus et les bactéries. Les technologies de pointe aux rayons X ont maintenant donné un aperçu de particules beaucoup plus petites et plus toxiques dans l’encre, suggérant que celles-ci peuvent également se déplacer dans notre corps.

Image d’entête, à partir de l’étude : migration des particules de tatouage de la peau aux ganglions lymphatiques. Les particules peuvent être passivement transportées par le sang et des liquides lymphatiques ou phagocytées par des cellules immunitaires et ensuite déposées dans des ganglions lymphatiques. Après la guérison, des particules sont présentes dans le derme et dans les sinusoïdes des ganglions lymphatiques. (C. Seim)

Selon Bernhard Hesse, l’un des deux premiers auteurs de la nouvelle étude :

Nous savions déjà que les pigments des tatouages se déplaceraient vers les ganglions lymphatiques à partir de preuves visuelles : les ganglions lymphatiques prennent la couleur du tatouage. C’est la réponse du corps pour nettoyer le site d’application du tatouage. Ce que nous ne savions pas, c’est qu’ils le font sous une forme nano, ce qui implique qu’ils peuvent ne pas avoir le même comportement que les particules à un niveau micro. Et c’est le problème : nous ne savons pas comment ces nanoparticules réagissent.

L’encre des tatouages contient une large gamme de pigments organiques et inorganiques, ainsi que des conservateurs et des contaminants tels que le nickel, le chrome, le manganèse et le cobalt. Deux des ingrédients les plus communs sont le carbone, pour la couleur noire des tatouages, et le dioxyde de titane (TiO2), un pigment blanc souvent mélangé à d’autres couleurs pour l’ombrage.

Alors que le TiO2 est utilisé dans les additifs alimentaires, les écrans solaires et les peintures, son utilisation dans l’encre de tatouage est susceptible d’entraîner des effets secondaires tels que l’élévation de la peau, des démangeaisons et un retard dans la guérison de la plaie. Les scientifiques de l’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) ont eu un nouvel aperçu de son comportement chez les destinataires du tatouage, en utilisant leur synchrotron pour suivre les particules de TiO2 dans la peau.

Un synchrotron fonctionne en projetant différents faisceaux de rayons X à travers des lentilles et des instruments sur un échantillon afin d’observer le comportement de la matière au niveau moléculaire et atomique. En appliquant cette technique aux échantillons de tissus tatoués ex vivo (hors du vivant), l’équipe a pu suivre les particules microscopiques et nanométriques de TiO2 et elle a constaté que ces dernières étaient effectivement transportées vers les ganglions lymphatiques. L’équipe rapporte des preuves consistantes du « dépôt à long terme » d’éléments toxiques dans le corps ce qui, selon eux, pourrait conduire à un élargissement chronique des ganglions lymphatiques.

Selon Hiram Castillo, l’un des auteurs de l’étude et scientifique à l’ESRF :

Quand quelqu’un veut se tatouer, il est souvent très prudent quand il s’agit de choisir un salon où ils utilisent des aiguilles stériles qui n’ont pas été utilisées auparavant. Personne ne vérifie la composition chimique des couleurs, mais notre étude montre que peut-être ils devraient.

De là, l’équipe prévoit de mener d’autres recherches afin de définir les liens entre les structures chimiques des pigments des tatouages et les effets indésirables en utilisant des échantillons de patients.

L’étude publiée dans Scientific Reports : Synchrotron-based ν-XRF mapping and μ-FTIR microscopy enable to look into the fate and effects of tattoo pigments in human skin et présentée sur le site de l’European Synchrotron Radiation Facility : Scientists find that nanoparticles from tattoos travel inside the body.

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Letruffier 14/09/2017 01:09

Et si on appliquait la même méthodologie aux composants des vaccins ? Peut-être aurait-on des surprises...

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