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Le tsunami japonais de 2011 a permis à des centaines de créatures aquatiques de débarquer aux Etats-Unis

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 3 Octobre 2017, 17:27pm

Catégories : #Environnement

De nouvelles recherches montrent que près de 300 espèces de créatures marines ont été transportées dans l’océan Pacifique à la suite du tremblement de terre et du tsunami de 2011, certaines ayant réalisé un périple de plus de 7 000 kilomètres du Japon aux États-Unis.

Image d’entête : Des limaces de mer d’un navire japonais à la dérive, qui ont débarqué en Oregon, en avril 2015. (John W. Chapman)

Cette migration sans précédent fut rendue possible par la catastrophe naturelle et par les déchets plastiques et autres débris flottants auxquelles se sont accrochées ou ont été involontairement capturées des espèces marines.

À l’aide de ces radeaux improvisés, des communautés entières ont voyagé des côtes du Japon jusqu’à Hawaii, en Alaska, en Californie et ailleurs, selon l’équipe de recherche, qui précise que cela n’a jamais été observé auparavant.

Selon l’un des chercheurs, Greg Ruiz, du Smithsonian Environmental Research Center :

Je ne pensais pas que la plupart de ces organismes côtiers puissent survivre en mer pendant de longues périodes. Mais à bien des égards, ils n’ont tout simplement pas eu beaucoup d’opportunités dans le passé. Maintenant, le plastique peut se combiner avec les tsunamis et les tempêtes pour créer cette opportunité à grande échelle.

Le tsunami a été causé par un séisme de magnitude 9,0 qui a frappé le 11 mars 2011, créant des vagues allant jusqu’à 40,4 mètres. Non seulement cela a dévasté l’intérieur des terres, mais il a envoyé des millions de débris vers la mer.

Un grand quai japonais qui a dérivé jusqu’à Agate Beach, en Oregon. L’équipe a tracé ses origines au port de pêche de Misawa. Plus de 100 000 moules et au moins 100 autres espèces marines y sont accrochés. (Reuters)
Misawa dock Agate Beach

Depuis, les scientifiques ont découvert des organismes collés à ces objets, de caisses aux gobelets en plastique à des quais et des bateaux à la dérive qui ont pu servir d’aquariums flottants, sur les rives des États-Unis. Un total de 289 espèces différentes de 16 phylums ont été trouvées entre 2012 et 2017.

Comme les plastiques artificiels, comprenant de la fibre de verre, ont été conçus pour résister à la décomposition, les radeaux traversant les océans pouvaient facilement résister à six années en mer.

Selon Ruiz :

Il y a une charge croissante de plastique et de microplastiques en mer qui, selon les estimations, ont des conséquences importantes pour la biologie et l’écologie. C’est une autre dimension et une conséquence de la matière plastique et artificielle qui mérite l’attention.

Les moules et autres mollusques furent le type d’invertébrés le plus souvent découvert par les chercheurs, qui ont également trouvé des vers, des hydroïdes (liés aux anémones marines et aux méduses), des crustacés et des bryozoaires.

Ces types de créatures ne peuvent normalement pas survivre loin des côtes, mais les scientifiques pensent que les débris à mouvement lent (se déplaçant à une vitesse de 1 ou 2 nœuds, comparativement au 20 nœuds des navires commerciaux) leur ont donné assez de stabilité pour survivre et se reproduire.

Aucune de ces espèces n’a encore établi de colonies aux États-Unis, mais ce n’est peut-être qu’une question de temps selon les chercheurs. Au total, près des deux tiers des espèces n’avaient jamais été vus sur la côte ouest de l’Amérique du Nord auparavant.

À la fin de l’étude, 634 morceaux de débris ont été analysés, et les chercheurs disent qu’il est probable que beaucoup d’autres espèces itinérantes soient passées sans être détectées.

Aussi étonnant que soit le voyage d’une côte à l’autre, l’équipe tient à souligner les dégâts environnementaux que nous faisons en utilisant les océans comme décharge : “nous ne pouvons pas arrêter les tremblements de terre, mais nous pouvons réduire la quantité de déchets plastiques.”

On ne sait pas encore si ces organismes fraichement débarqués seront bénéfiques ou nocifs pour les environnements et les écosystèmes dans lesquels ils se déplacent.

L’étude publiée dans Science : Tsunami-driven rafting: Transoceanic species dispersal and implications for marine biogeography et présentée sur le site du Smithsonian Environmental Research Center : Tsunami Enabled Hundreds of Species to Raft Across Pacific.

 

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