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Médecins Sans Frontières nous a trompés à propos de la Syrie

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 24 Octobre 2017, 15:17pm

Catégories : #Société

Le rôle de l’organisation non gouvernementale Médecins Sans Frontières (MSF) dans la guerre menée contre l’Etat syrien par des groupes terroristes soutenus par l’Occident et la presse officielle.

J’ai une admiration sans bornes pour les volontaires qui s’engagent dans un travail estimable et souvent dangereux avec Médecins sans frontières. Ma réserve concerne la façon dont elle s’autorise à « porter témoignage » dans les conflits. L’association s’exprime –contre des gouvernements – quand elle estime qu’une situation humanitaire devrait être traitée différemment par ceux qu’elle tient pour responsables.[Une ONG est tenue par un devoir de réserve;  ne devrait pas prendre parti et faire de l’ingérence, Ndlr] [1]

C’est ce qu’elle a fait en Syrie.

Mais dans la mesure où aucun médecin international de MSF n’était plus allé, depuis 2015, sur le terrain dans les zones de combat [2], comment l’organisation MSF pouvait-elle « porter témoignage » sur ce qui se passait là-bas ?

MSF a repris à son compte des témoignages provenant de combattants armés [le groupe terroriste al-Nosra/al-Qaida, Ndlr] basés dans les zones qu’ils occupent illégalement dont elle seule assurait l’approvisionnement et l’assistance. Ses rapports – alléguant que le gouvernement syrien s’attaquait à des hôpitaux et à des civils –émanaient d’individus qui se trouvaient sous l’autorité et la protection de groupes tels que Al-Nosra et d’autres groupes de mercenaires et djihadistes étrangers. Ces forces anti-gouvernementales étaient connues pour pratiquer la loi de la  terreur et ne pas se préoccuper outre mesure de l’accès aux soins des civils. C’est précisément pour cette raison que les médecins [français, Ndlr] de MSF se sont retirés de ces zones sous contrôle djihadiste.

Il y a donc lieu de se demander qui étaient ces médecins sur le terrain et qui ils soignaient ?

Ma question, toutefois, porte simplement sur la fiabilité de déclarations non vérifiées provenant de sources potentiellement compromises. Car alors que les diverses agences de MSF dans le monde publiaient des communiqués de presse, MSF ne disposait d’aucun accès indépendant à des sources d’informations vérifiables en Syrie.

En fait, le manque d’informations précises et vérifiables [dans les tenues par les groupes armés, ndlr] était de notoriété publique : même John Kirby, du Département d’Etat américain, a dû se limiter à dire que les « accusations proviennent d’ONG que nous considérons comme crédibles » [4].

L’organisation de secours la plus importante et la plus médiatisée qui a diffusé des enregistrements vidéo consacrés à de prétendus bombardements est celle des Casques blancs. Or, il est maintenant établi que les Casques blancs – une ONG financée par des pays de  l’OTAN et des Etats du Golfe, dont l’objectif déclaré est le reversement de l’Etat syrien  – collaborent étroitement avec des organisations terroristes – sinon comment le documentaire diffusé par Netflix aurait-il pu nous les montrer circulant aussi librement dans un secteur où, ni MSF ni aucun journaliste occidental n’osai mettre les pieds ? [5]. Leur indépendance et leur intégrité sont largement mises en cause [6].

Ainsi, alors que MSF était fréquemment citée comme étant une source indépendante, corroborant lestémoignages des Casques Blancs, les communiqués de presse de MSF ne faisaient, en réalité, que reprendre les assertions des Casques blancs. [7]

Intentionnellement ou non, MSF a été complice de la diffusion de récits tendancieux relayés par les médiasoccidentaux notamment du 22 septembre au 22 décembre 2016 [8]. Avant septembre les médias affirmaientque les habitants d’Alep-Est étaient pris en otage et utilisés comme boucliers humains par des forcescomposées essentiellement de djihadistes [9] .

Cette narration a changé après de la déclaration catégorique de Samantha Power au Conseil de Sécurté de l’ONU [et de JM. Ayrault, ndlr], dans laquelle elle a présenté les Casques blancs comme des victimes et des témoins de « l’agression russo-syrienne » [10].

A partir de ce moment, les gouvernements et les médias occidentaux ont recommencé à qualifier les groupes terroristes de « rebelles modérés » [11]. Dans le même temps, des groupes activistes anti-gouvernementaux tels que Lina Shamy ont commencé à diffuser des tweets en langue anglaise; le fameux compte Tweeter de la fillette nommée Bana a été créé ; une flopée de « reportages sensationnels » ont été diffusés par des Syriens soi disant anonymes exprimant leur crainte d’un prétendu massacre imminent de la part du gouvernement syrien. Même ceux d’entre nous, à l’Ouest, qui pourtant avaient des doutes sur l’authenticité de ce genre de nouvelles émanant des médias sociaux dans un zone dépourvue de toute infrastructure, et à plus forte raison du wifi [12], ont failli se rallier au récit dominant dans la mesure où une organisation aussi respectable que MSF s’en portait garante [13]. Peu d’entre nous ont alors compris que MSF ne faisait que reprendre à son compte le témoignage des Casques Blancs, sans le vérifier en toute indépendance.

Les témoignages cohérents de personnes libérées de la partie d’ Alep-Est donnaient une version totalement différente de celle que Netflix et nos principaux médias présentaient [14]. Les Casques blancs se sont semble-t-il fondus parmi les djihadistes et les mercenaires au moment où ces derniers ont quitté Alep. S’il y avait eu parmi eux quelques médecins volontaires travaillant en toute indépendance, on devrait les avoir entendus. Mais, fait plus révélateur, au vu des 70 000 vies humaines environ (peu importe le nombre qu’ils voudraient nous faire gober) que les Casques Blancs se vantent d’avoir sauvé, personne, dans Alep libérée, ne les a remerciés ! 

Ainsi, dans sa volonté de témoigner contre le gouvernement syrien, MSF a fait des déclarations sur la base de faits contestés[15]. En s’associant publiquement aux Casques blancs et à leur version des faits, MSF a pris le risque de compromettre la réputation sur laquelle l’ONG doit pouvoir idéalement s’appuyer pour recruter des médecins dans le monde entier. Ceux parmi nous qui apprécient profondément le service humanitaire des médecins de MSF n’ont plus qu’à espérer que l’organisation coordonnera dorénavant ses services de façon plus équidistante, pour éviter l’écueil des faux témoignages [16].

Ce problème des récits mensongers n’est pas anodin, car il perpétue une méconnaissance fondamentale des causes de la guerre  – et par conséquent de toutes les victimes dont les médecins ont la charge. Un récit mensonger confère non seulement l’impunité aux responsables des crimes, mais donne libre cours à la poursuite de leurs projets meurtriers. En outre, il nous détourne de la vérité, qui est que les djihadistes et les Etats qui les approvisionnent en armes et facilitent leurs basses œuvres sont fondamentalement hors la loi et nuisibles.

Par Tim Hayward 

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Shana lilie 25/10/2017 01:50

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