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Lactalis a causé une pollution massive qui a entraîné la mort de milliers de poissons

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 24 Décembre 2017, 16:08pm

Catégories : #Environnement

Alors que le groupe Lactalis défraie la chronique suite aux rappels massifs de ses stocks de laits infantiles contaminés et que l’image de marque de la multinationale ne cesse de se dégrader ces temps-ci, l’entreprise s’était déjà distinguée fin août pour une affaire de pollution environnementale.

Causée par un accident survenu au sein de l’usine Lactalis de Retiers – dans le département de l’Ille-et-Vilaine, à une vingtaine de kilomètres de Rennes – la pollution qui a frappé la rivière Seiche à la fin du mois d’août dernier a entraîné la mort de milliers de poissons.

Du lactose s’était en effet déversé dans la station d’épuration des eaux du site, qui sont ensuite rejetées dans la Seiche. Saturée de lactose, l’eau qui sortait de la station était ainsi devenue blanche.

« La rivière est morte, ça fait de la peine de voir ça », témoignait alors Jean-Yves – un habitant de la région – dans un entretien accordé au média Reporterre.

« Une pollution comme ça, c’est du jamais-vu, une catastrophe », surenchérissait Jean-Baptiste, un ami de Jean-Yves qui aimait lui aussi pêcher dans la Seiche à l’occasion.

 

 

Nettoyage de la , polluée par lactose de Lactalis. 5 tonnes de poissons morts ramassés. "Loin d'être fini" selon la fédé de pêche 35.

Une pollution au lactose – une matière organique qui consomme de l’oxygène pour se décomposer, au détriment de la faune de la rivière – venait en effet d’endommager très sérieusement le cours d’eau, provoquant la mort par asphyxie de plusieurs tonnes de poissons.

Le seuil maximum de lactose à ne pas dépasser s’élève à 45 mg par litre d’eau, au-delà de cette limite, la rivière n’est plus en mesure d’absorber le surplus – qui cause alors des dommages considérables à la faune et à la flore.

 

 

 

 

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Plus de 4 tonnes de poissons morts ont déjà été retirées de la rivière  

 

Au plus fort de l’épisode de pollution cet été, la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) a relevé des taux allant jusqu’à 240 mg par litre d’eau…

« Ce sont les gros poissons qui sont morts en premier parce qu’ils ont besoin de plus d’oxygène que les autres. On a même vu des écrevisses se déplacer vers les champs pour essayer de survivre », expliquait Jérémy Grandière – président de la fédération de pêche d’Ille-et-Vilaine –  à Reporterre.

 

« Il y a quelques jours ici, on se serait cru dans une série policière, la route était barrée, trente personnes en combinaison blanche ramassaient à l’épuisette les cadavres », poursuit le pêcheur amateur – dont la fédération a d’ailleurs porté plainte contre Lactalis, aux côtés des associations Eaux et rivières de Bretagne et Vitré Tuvalu, qui estiment que le numéro mondial du lait a tardé à réagir.

« On aurait pu agir bien avant, limiter la mortalité, mais non, il a fallu attendre près d’une semaine avant que Lactalis et la préfecture réagissent, mais une fois qu’ils ont réagi, ils ont été très professionnels », admet Jérémy Grandière.

 

 

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Un riverain de la  nous interpelle : hérons, ragondins sont morts aussi. Quel est l'impact sanitaire pour les riverains ? 

Bien que la multinationale ait déjà reconnu sa responsabilité, les associations ont des doutes quant aux intentions réelles de la société :

« Nous voulons des garanties pour qu’il n’y ait pas un nouvel accident, pour que les entreprises et la préfecture soient plus réactives. On aurait sans aucun doute pu éviter que la pollution s’étende sur huit kilomètres et qu’elle tue autant de poissons », déclarait ainsi Jérémy Grandière au début du mois de septembre.

Inquiet lui aussi, Jean-Baptiste réfléchissait déjà à la suite des évènements :

« La nature s’en remettra, mais il faudra attendre, deux ans peut-être. »

Quant à Jean-Yves, son compagnon de parties de pêche, il se montrait un peu plus optimiste :

« Maintenant, il va falloir remettre du poisson dans la rivière, mais il faudra attendre février ou mars. »

Bonne nouvelle : c’est désormais chose faite, puisque la rivière a été rempoissonnée le 9 décembre dernier, plusieurs mois avant le délai estimé par les deux compères.

Considérant que la qualité de l’eau était redevenue acceptable, 100 kg de gardons, 200 kg de sandres et 35 de brochets ont ainsi été déversés dans les eaux de la Seiche par des associations de pêcheurs de la région !

Nous espérons que cet incident dramatique aura servi de leçon à Lactalis et que la société prendra les mesures nécessaires pour éviter une nouvelle pollution.

Si vous êtes sensible à ce drame environnemental qui a couté la vie à plusieurs milliers de poissons, partagez cet article autour de vous et laissez nous un commentaire !

 
 
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