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Polyamines, cancer et douleurs chroniques : quels liens ?

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 29 Décembre 2017, 12:49pm

Catégories : #Santé

Polyamines, cancer et douleurs chroniques, des pistes thérapeutiques encore peu explorées

Derrière ce terme technique se cache une famille de molécules essentielles à la vie. Principalement au nombre de trois – putrescine, spermidine, spermine – elles sont en effet étroitement impliquées dans les processus de division et de prolifération des cellules. Certaines études mettent de ce fait en évidence leurs liens potentiels dans le développement du cancer et plus récemment dans la gestion de la douleur chronique.

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Que sont les polyamines ?

Mises en évidence pour la première fois au XVIIème siècle dans le liquide séminal humain, leur reconnaissance en tant que molécules essentielles au métabolisme cellulaire est quant à elle relativement récente. Les polyamines sont des molécules de faible poids moléculaire à l’origine d’une forte interaction électrostatique avec d’autres molécules. En permettant notamment d’initier la synthèse de l’ADN et des protéines, les polyamines sont ainsi étroitement liées aux processus de croissance des cellules, y compris cancéreuses.  L’origine des polyamines est avant tout alimentaire et issue de la flore intestinale, même si l’organisme peut également en fabriquer. Dans des conditions physiologiques normales, l’alimentation est en mesure de couvrir les besoins : la quantité de polyamines dans la ration alimentaire dépend de la nature des aliments consommés, mais également de leur degré de fermentation, de leur mode de préparation et de cuisson.

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Polyamines et cancer

Plusieurs études démontrent que la prolifération cellulaire cancéreuse est dépendante des taux de polyamines et qu’il existe des concentrations plus fortes au sein des cellules cancéreuses en comparaison des cellules normales, ou encore qu’il existe des relations entre le métabolisme des polyamines et les cancers digestifs, du sein ou de la prostate. Chez l’animal, l’association d’un traitement de chimiothérapie à une alimentation dépourvue de polyamines a permis de doubler le temps de survie et de réduire de manière très significative la dissémination métastatique pulmonaire. Chez l’homme, une étude a été menée auprès de 13 patients présentant un adénocarcinome de prostate métastatique. Une alimentation à teneur réduite en polyamines pendant six mois 5 jours sur 7 leur a été proposé, en parallèle d’une décontamination intestinale : les résultats ont mis en évidence une amélioration de l’état général, un effet antidouleur significatif avec baisse de consommation des antalgiques, une absence de toxicité hépatique ainsi qu’un retour des douleurs et une dégradation de l’état général à la suite de l’arrêt du régime.

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Polyamines et douleur chronique

Selon une étude menée par l’équipe du Pr Breivik en 2006, 15 à 32% des Français souffrent de douleurs chroniques. La douleur est une manifestation complexe et multidimensionnelle fondée sur un processus certes neurobiologique, mais également influencée par les émotions, la mémoire et les automatismes. La sensibilité à la douleur peut ainsi être modulée de manière négative pour réduire la sensibilité (processus sur lequel s’appuient de nombreux médicaments antalgiques), mais également de manière positive selon un processus moins connu à l’origine d’une augmentation de la sensibilité à la douleur. Ce dernier mécanisme pourrait non seulement expliquer les différences de perception ou de résistance à la douleur en fonction des individus, mais également l’apparition de douleurs chroniques dans des pathologies telles que la fibromyalgie ou les douleurs neuropathiques. En empêchant l’hyperfonctionnement de certains récepteurs (NMDA) par un mécanisme de modulation négative, il pourrait alors être possible de réduire la perception de la douleur tout en respectant le fonctionnement physiologique impliqué, à l’inverse de certaines drogues traditionnellement utilisées. C’est précisément à ce niveau que sont mises en évidence les propriétés des polyamines. Une étude menée par le Pr Simonnet et son équipe a ainsi démontré qu’une alimentation pauvre en polyamines pouvait être proposée pour prévenir de manière significative, autant la douleur de longue durée induite en cas d’inflammation ou de lésion que l’hypersensibilité à la douleur. Une telle alimentation pourrait également, à titre curatif cette fois-ci, réduire de manière importante les douleurs chroniques, y compris en cas de faible sensibilité à l’action de la morphine et sans les effets secondaires qu’induisent les antagonistes NMDA.

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Alimentation contrôlée en polyamines

La proposition d’une alimentation à teneur contrôlée en polyamines représente une approche nutritionnelle innovante, elle peut en effet s’avérer particulièrement intéressante pour optimiser l’efficacité des traitements conventionnels. Les rôles de l’alimentation dans la prévention et l’accompagnement de certaines pathologies sont de plus en plus mis en évidence, l’exemple des polyamines est significatif. Le recours à une telle alimentation peut toutefois générer des interrogations du fait de l’exclusion de certains aliments habituellement considérés comme bénéfiques pour la santé, mais il s’agit ici d’un protocole spécifique, dont les bénéfices possibles peuvent justifier son application temporaire sans remise en question les intérêts à long terme d’aliments au demeurant riches en polyamines.

 

Principaux aliments à éviter dans le cadre d’une alimentation pauvre en polyamines (les teneurs en polyamines sont ici corrélées à la taille des portions classiquement consommées) :

 

  • Les agrumes et leurs jus, le raisin et son jus, la mangue, les litchis, la banane, le fruit de la passion,
  • Les pois (toutes familles confondues), les lentilles, les fèves, les poivrons verts, les tomates, les champignons, la choucroute,
  • La farine d’épeautre, de sarrasin et de seigle complètes et leurs dérivés, les flocons d’avoine, le soja (hormis lait et yaourts de soja), le quinoa, les graines (lin, sésame, courge, tournesol), les noisettes,
  • Certains fromages (cantal, comté, brie, Munster, reblochon, roquefort, bleu d’auvergne),
  • Le foie et ses dérivés, les fruits de mer, les sauces soja et Tempeh.

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Rôles des polyamines

Mises en évidence pour la première fois au XVIIème siècle dans le liquide séminal humain, leur reconnaissance en tant que molécules essentielles au métabolisme cellulaire, et non plus comme simple produit de dégradation, est relativement récente. Elle ne date en effet que des années 1950 . Les polyamines sont des molécules de faible poids moléculaire, constituées d’une chaîne carbonée possédant au moins deux groupements aminés chargés positivement à pH physiologique. En permettant notamment d’initier la synthèse de l’ADN et des protéines, les polyamines sont ainsi étroitement liées aux processus de croissance des cellules. Leur taux est d’ailleurs plus important dans les cellules en prolifération en comparaison des cellules quiescentes . Une déplétion intracellulaire en polyamines est par ailleurs à l’origine de l’induction de l’apoptose . La spermine, du fait de son nombre important de charges positives, est par ailleurs la polyamine possédant l’activité la plus forte et joue un rôle spécifique dans l’organisation structurale et la réactivité de la chromatine . Elle est notamment capable de protéger l’ADN de l’action des endonucléases responsables de la fragmentation de l’ADN, enzymes induites en phase d’exécution de l’apoptose .

Mises en évidence pour la première fois au XVIIème siècle dans le liquide séminal humain, leur reconnaissance en tant que molécules essentielles au métabolisme cellulaire, et non plus comme simple produit de dégradation, est relativement récente. Elle ne date en effet que des années 1950 (1,2). Les polyamines sont des molécules de faible poids moléculaire, constituées d’une chaîne carbonée possédant au moins deux groupements aminés chargés positivement à pH physiologique. Leurs propriétés résident en grande partie dans l’existence de ces charges positives, à l’origine d’une interaction électrostatique étroite avec d’autres macromolécules chargées elles, négativement : ADN, ARN, ATP, protéines ou encore phospholipides membranaires. En permettant notamment d’initier la synthèse de l’ADN et des protéines, les polyamines sont ainsi étroitement liées aux processus de croissance des cellules. Leur taux est d’ailleurs plus important dans les cellules en prolifération en comparaison des cellules quiescentes (3). Une déplétion intracellulaire en polyamines est par ailleurs à l’origine de l’induction de l’apoptose (4). La spermine, du fait de son nombre important de charges positives, est par ailleurs la polyamine possédant l’activité la plus forte (5,6) et joue un rôle spécifique dans l’organisation structurale et la réactivité de la chromatine (7). Elle est notamment capable de protéger l’ADN de l’action des endonucléases responsables de la fragmentation de l’ADN, enzymes induites en phase d’exécution de l’apoptose (8, 9).

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Commenter cet article

lou 30/12/2017 20:52

on a oublié les vaccins, pollutions généralisées, modernisme = cancers modernes

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