La taxe “abri de jardin” va-t-elle refaire parler d’elle ? Cet impôt instauré en 2012, qui avait fait grand bruit lors de l’envoi des premières factures aux contribuables, pourrait en tout cas fortement augmenter cette année. La valeur forfaitaire servant de base à son calcul a en effet été relevée de 3% au 1er janvier 2018, à 726 euros le mètre carré hors d’Ile-de-France et à 823 euros le mètre carré en Ile-de-France, selon un arrêté paru au Journal officiel le 10 janvier dernier.

Notons que ce prélèvement ne pèse pas que sur les abris de jardin : baptisée “taxe d’aménagement”, elle s’applique, en fait, à “toutes les opérations d'aménagement, de construction, de reconstruction et d'agrandissement de bâtiments ou d'installations, nécessitant une autorisation d'urbanisme”, comme le précise le site service-public. Donc aussi en cas de construction d’une maison, d’un garage, d’une piscine... Mais elle avait surtout fait jaser pour son application aux abris de jardin, étant donné que son montant peut être très élevé par rapport au coût d’un tel cabanon. Ainsi, Capital avait raconté, en 2015, le cas d’un habitant de L’Isle-Jourdain, dans le Gers, qui avait dû payer 894 euros de taxe, pour un abri ayant coûté 1.401 euros hors taxe.

Cette vive augmentation de la valeur forfaitaire en 2018 fait suite à plusieurs années d’accalmie. Elle avait en effet augmenté de seulement 0,5% l’année dernière et avait même diminué en 2015 et 2016. Une tendance directement liée aux variations de l’indice du coût de la construction, qui mesure l’évolution du prix de construction d’un bâtiment d’habitation, sur lequel la taxe d’aménagement est indexée.

La revalorisation de 3% de cette valeur forfaitaire ne signifie pas que la taxe augmentera au même rythme en 2018. Le montant de l’impôt dépend aussi des taux définis par les collectivités. Les communes peuvent appliquer un taux de 1 à 5% (voire de 20% dans certains cas), les départements de 0 à 2,5%. La région Ile-de-France est autorisée à réclamer une part supplémentaire, de 1% maximum.

Pour résumer, la hausse de la taxe d’aménagement pourrait être supérieure ou inférieure à 3% dans votre commune, selon l’évolution des taux qui y sont applicables. On peut toutefois calculer que si les taux sont fixés à leur maximum, la taxe atteindrait, pour un abri de 15 m2, 817 euros en province et 1.049 euros en Ile-de-France.

Rappelons aussi que seules les constructions supérieures à 5 m2 (surface mesurée lorsque la hauteur de plafond dépasse 1,80 mètre) sont soumises à cette taxe. Par ailleurs, les collectivités ont la possibilité d’en exonérer leurs contribuables, s’agissant des abris de jardin, entre autres. Reste qu’entre les efforts budgétaires réclamés par le gouvernement et la perspective d’une suppression totale de la taxe d’habitation, il n’est pas exclu que de nombreuses communes songent à augmenter la taxe d’aménagement dans les prochaines années pour trouver de nouvelles recettes…