Le Nouveau Paradigme

Le Nouveau Paradigme

Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


La traditionnelle chasse à l’ortolan devrait bientôt disparaître

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 11 Janvier 2018, 18:24pm

Catégories : #Environnement

 

Après avoir été tolérée pendant des années par les représentants de l’État implantés au niveau des collectivités, et ce, malgré le fait que l’espèce soit protégée depuis une vingtaine d’années, la chasse aux ortolans est maintenant dûment réprimée par les autorités.

Capturés à l’aide de dispositifs appelés « matoles » – des pièges destinés à prendre les oiseaux vivants – et de spécimens captifs dont les chants doivent permettre d’attirer leurs congénères, les ortolans sont ensuite engraissés pendant plusieurs semaines avant d’être tués et consommés.

Appréciés depuis des siècles et très prisés des gastronomes du fait de leur chair délicate, les ortolans étaient traditionnellement noyés dans de l’armagnac, une fois la période de gavage terminée – avant d’être rôtis et dégustés entiers, sans que les convives ne se donnent la peine de recracher les os.

La France, mauvais élève de l’Union Européenne

À l’échelle du Vieux Continent, la population de ces volatiles ne cesse de décliner. Selon la Commission européenne, elle aurait même chuté de 84 % entre 1980 et 2012.

Adoptée en 2009, une directive communautaire interdit d’ailleurs la chasse des représentants de cette espèce sur l’ensemble des territoires des pays membres de l’Union. Une mesure de protection que la France était pourtant bien décidée à ignorer, soucieuse de préserver une tradition chère au cœur d’un certain nombre de ses habitants.

Attaquée devant la cour de justice de l’Union Européenne par la Commission au cours du mois de décembre 2016, la France est maintenant contrainte de faire respecter la loi et de réprimer sévèrement celles et ceux qui continuent à braconner et à pratiquer la chasse aux ortolans.

La tolérance dont les autorités locales ont fait preuve pendant longtemps n’est désormais plus de mise et les contrevenants encourent de lourdes sanctions pécuniaires, ainsi que le retrait de leur permis de chasse au cas où ils en possèderaient un.

Crédit : Pierre Dalous | Wikimedia Commons

Âgés de 60 à 80 ans, les cassayrots (petits chasseurs en patois) disent avoir « été abusés », ignorant que la règle avait changé et que « la tolérance préfectorale » appliquée autrefois était maintenant terminée.

Une situation qui suscite pourtant chez Olivier Janson – le procureur de la République qui représente l’État dans l’affaire en question – « une forme de tristesse » vis-à-vis de ces citoyens « qui découvrent la justice à parfois 80 ans ».

Néanmoins, ces chasseurs à la retraite conservent encore quelques prestigieux soutiens, comme ceux des chefs étoilés Michel Guérard et Jean Coussau, des enfants du pays attachés à leurs traditions qui espèrent que ce plaisir transmis de génération en génération puisse perdurer en toute tranquillité.

Pour l’instant, les badauds se demandent toujours quelle cause finira par l’emporter : la « sacro-sainte protection de l’environnement » ou le respect de « l’identité landaise » face à « un monde uniformisé » ?

La justice devrait bientôt trancher.

Si vous avez apprécié cet article, partagez-le autour de vous et laissez-nous un commentaire pour nous donner votre avis !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Nous sommes sociaux !

Articles récents