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Les pesticides à ARN, nouvelle « révolution agricole » controversée…

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 4 Mars 2018, 10:44am

Catégories : #Environnement

Les pesticides à ARN, nouvelle « révolution agricole » controversée…

Et si, au lieu d’asperger les champs avec des produits chimiques, on vaporisait dessus de petits bouts de code génétique éliminant les parasites et les maladies ? Les géants de l’agrochimie y croient, y voyant une façon d’échapper aux polémiques sur les OGM. Alors que le Salon de l’Agriculture a ouvert ses portes à Paris samedi 24 février, Usbek & Rica se penche sur cette technique qui, malgré ses promesses théoriques, semble difficile à mettre en œuvre à grande échelle.

« C’est l’un des progrès en agriculture les plus excitants de ma carrière », s’enflammait Robb Fraley lors d’une conférence de presse en 2013. Le directeur de la recherche chez Monsanto ne parlait pas d’une tomate OGM quatre fois plus grosse ou d’un herbicide surpuissant massacrant toutes les mauvaises herbes, mais de « l’interférence ARN ».

Un terme intriguant, désignant une technologie génétique qui pourrait, selon lui, révolutionner l’agriculture. Aujourd’hui, selon la FAO les insectes et les maladies détruisent 20 à 40 % des récoltes à travers le monde. Un gâchis colossal, qui pourrait permettre de nourrir environ un milliard d’êtres humains.

Pour répondre à ce désastre, l’agriculteur pouvait jusqu’ici choisir d’arroser son champ d’herbicides et d’insecticides chimiques, et/ou opter pour des semences OGM, susceptibles de devenir à leur tour résistants aux ravageurs. Mais depuis quelques années, une autre idée a germé chez les scientifiques : le spray à ARN. Plus exactement l’ARNi (ARN interférent). La découverte de ce mécanisme, qui a valu le prix Nobel en 2006 à deux chercheurs américains, Andrew Fire et Craig Mello, a d’abord trouvé des applications dans la santé, avant que les géants de l’agro-industrie ne se penchent dessus.

Changer la couleur d’une fleur d’un simple pschitt 

Pour comprendre comment ça marche, un petit cours de biologie cellulaire s’impose. Chaque cellule stocke l’information génétique dans son noyau sous forme d’ADN. Pour fabriquer des protéines, elle doit envoyer la séquence génétique correspondante à sa surface, là où la protéine sera synthétisée. C’est le rôle de l’ARN messager.

Or, il est possible de bloquer ce processus en injectant dans la cellule des petits morceaux d’ARN, appelés ARN interférents, qui viennent se coller à l’ARN messager flottant pour empêcher la fabrication de la protéine.

Il suffirait donc de « choisir » la séquence correspondante à l’effet choisi, puis de « vaporiser » ces brins d’ARN interférents sur la plante pour moduler l’expression de ses gènes. A partir de là, on peut théoriquement agir sur n’importe quel effet. Pour se débarrasser d’un ver, par exemple, on peut empêcher l’expression d’une protéine vitale à son métabolisme. Mais on peut imaginer toutes sortes d’autres applications : rendre la plante moins sensible à la sécheresse ou au sel, lui faire produire plus de feuilles pour améliorer sa photosynthèse, accélérer sa croissance, ou même changer provisoirement la couleur d’une fleur d’un simple pschitt.

Une technique peu coûteuse inspirée de la nature 

Les plantes transgéniques modifiées via l’interférence ARN sont connues depuis plusieurs années déjà, à l’instar de la tomate Flavr Savr à longue conservation, de la pomme Arctic qui ne brunit pas ou de la papaye hawaïenne, sauvée in extremis d’un virus grâce à cette technique.

Mais plutôt que de modifier la plante en laboratoire, l’idée du spray à ARN est d’agir directement dans le champ, avec un processus réversible et temporaire : l’ARNi disparait naturellement au bout de quelques jours ou quelques semaines. Autre intérêt par rapport aux herbicides chimiques et aux OGM : l’ARNi n’entraîne pas de résistance à long terme. Il suffit de changer quelques nucléotides (les « lettres » de la séquence ARN) pour obtenir un nouveau traitement efficace. Et comme il suffit de 20 nucléotides pour que l’ARNi se lie avec l’ARN messager (qui en compte 200), on obtient des milliards de combinaisons possibles.

« La plante fabrique elle-même des bouts d’ARNi pour se défendre lorsqu’elle est attaquée par un virus »

Surtout, l’interférence ARN se fonde sur un mécanisme naturel : « La plante fabrique elle-même des bouts d’ARNi pour se défendre lorsqu’elle est attaquée par un virus », explique Olivier Lemaire, directeur de recherche à l’Inra. « Même des producteurs de bio foncièrement opposés aux OGM m’ont appelé et sont très impatients de pouvoir utiliser cette technologie », assurait en janvier 2017, dans les colonnes du New Scientist, John Killmer, le président d’APSE, leader mondial de la production d’ARN.

Il y a quelques années, il fallait débourser un million de dollars pour fabriquer de petits bouts d’ARN. Aujourd’hui, le tarif est de deux dollars le gramme

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Source UsbeketRica

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Commenter cet article

kikoolol 10/03/2018 10:44

20 a 40 % des culture mangés par les insectes..... et ?? une fois produit 40% des denrées alimentaire s finissent en décharge, que penser ?? matière a réflexion, bonne journée

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