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Nouveaux nés sans membres : Qui veut liquider le REMERA, le lanceur d’alerte ?

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 9 Octobre 2018, 08:47am

Catégories : #Société

Au delà du scandale de la menace de fermeture d’un organisme d’utilité publique, faisant office de lanceur d’alerte sur une affaire de santé très grave, et peut être inaugurant un scandale sanitaire sans précédent, j’ai voulu ici faire un état des lieux de notre relation avec notre environnement, depuis un demi siècle. Impossible donc d’être exhaustif, de ne pouvoir prétendre qu’à juxtaposer mon ressenti sur cette triste affaire de malformations de nouveaux nés, de façon bien incomplète. Cette nouvelle révoltante, n’est que la suite crescendo de résignations, d’abandons face à des acteurs d’un marché qui peu à peu, par la force de ses lobbys, de ses dissimulations, de son cynisme, fait reculer le vivant sous toutes ses formes, s’opposant même aux alternatives innovantes.

 

   18 Juillet : Le Remera, un organisme enquêtant sur la santé publique, alerte sur un taux anormalement élevé de malformations de nouveaux nés, dans un périmètre géographique très restreint du département de l’Ain. En Septembre, on apprend que cet organisme risque fort de disparaître, faute de financements futurs. L'épidémiologiste en charge du dossier a mis en évidence un point commun entre toutes les mères : elles habitaient toutes à proximité de champs de maïs ou de tournesol. ( Des bébés sans bras dans l’Ain- L’organisme qui enquête bientôt fermé. Journal Fance-soir : https://bit.ly/2y6XAro

  Il y a deux ans, l’ex-ministre de la Santé, Marisol Touraine, vantait, le travail du Remera. Justement, le REMERA ferait il trop bien son travail ? … L’affaire a été commentée : Les médias, tels Mediapart on réagi, voyant visiblement une cause à effet entre les deux événements : « L'omerta n'a pas sa place en démocratie. Les alertes qui nous concernent tous méritent au moins des investigations transparentes. Ce qui peut apparaître comme des sanctions financières, voire des mises à mort à l'égard de personnes ou de structures qui agissent comme lanceurs d'alerte doivent faire l'objet de la vigilance de tous ! » https://bit.ly/2Rz9dj1

     - Dans l’Ain, donc, entre 2009 et 2014, dans un rayon de 25 kilomètres autour de Druillat, sept enfants ont présenté des malformations. Cinq d'entre eux ont soit l'avant-bras droit, soit l'avant-bras gauche atrophié, un autre n'a pas de main, ni de poignet gauche, un autre n'a pas de main gauche mais un pouce, et enfin un dernier n'a pas de main droite. Par ailleurs, cinq enfants sur sept sont des garçons. La nouvelle a fait écho, et réveillé des convergences dans d’autres régions, touchées déjà par des signalements similaires. Des bébés nés sans bras ou sans main : ce que l'on sait des cas de malformations inexpliquées dans trois régions https://bit.ly/2Ryh8gk

ENQUETE FRANCEINFO. "Un plausible scandale sanitaire" : des cas … https://bit.ly/2yh0zMT

     • Dans le Morbihan. Entre 2011 et 2013, quatre enfants nés de mères domiciliées dans la même commune, à Guidel, ont présenté des anomalies : trois ont un avant-bras atrophié, le quatrième a deux doigts malformés. Trois enfants sur quatre sont des filles.

     • En Loire-Atlantique. En 2007 et 2008, trois enfants, nés dans la même commune de Mouzeil, ont présenté des malformations : l'un n'a pas de main droite, l'autre n'a pas de main gauche, l'un a certains doigts d'une main qui ne sont pas entièrement développés.

     On a interrogé les mères, tenté de trouver un profil commun, une explication venant de l’intérieur des foyers : Alimentation, habitudes vie, médicaments, toxiques…..Rien de parlant. Un seul point commun, la proximité de cultures avec les lieux d’habitation des différentes familles. Les investigations et les analyses exercées par les autorités n’ont pas permis de repérer quelque chose de plus tangible. La malchance ? Le tamis avait-il des mailles trop larges ?… Le coupable, s’il y en a un, semble s’être envolé. « A pris la clé des champs », comme on ne dit plus, mais qui pourrait passer pour une forme de lapsus, tant chacun pense évidemment à une cause environnementale.

  Il faudrait la préciser de façon irréfutable ! Faire des investigations plus sérieuses, mettre les moyens, ne pas se contenter d’une sort de main courante au commissariat du coin…. Qui aurait intérêt à laisser un serial-killer en pleine nature ? Inconcevable…Allez savoir s’il n’a pas fait d’autres méfaits dans d’autres départements, laissé des familles KO, sans réponses, tout à leur accablement, ne rencontrant qu’un « C’est pas de pot pour vous !.... » Dans un société où l’on évoque tous les cinq minutes le principe de sécurité, celui ci serait il à géométrie variable, selon l’argent que l’état et ses protégés sort, ou encaisse ?…

   Notre santé, et notre sécurité, mot pourtant mis sans cesse en exergue, intéresse-t-elle vraiment les pouvoirs publics, ou fait elle partie d’un argumentaire, utile aux vendeurs créant parfois des phobies pour étendre leur marché, mais cachant les vrais raisons qu’on aurait de se révolter, quand le scandale risque de torpiller des intérêts d’argent. Car si on l’évoque pour la limitation de vitesse à 80, avec une certaine dramaturgie, avec un premier ministre se transformant en chevalier blanc, comment peut on laisser en toute impunité les multinationales rouler à tomber ouvert, et continuer à vendre des produits cancérigènes ?

  On s’aperçoit que les pouvoirs publics ont toujours eu un temps de réaction de retard dans leur devoir de protection sanitaire. Faut il rappeler l’affaire du Mediator, ou du scandale de l’amiante, un produit qu’on sait cancérigène depuis un siècle. L’affaire du roundup est dans toutes les têtes. Ne parlons pas du désastre sanitaire dans les Antilles, du au chlordécone, un pesticide qui touche la majorité de la population, et laissant des terres polluées durablement : ( https://bit.ly/2Jvh6Ax )

    Bien sûr, à l’heure actuelle, dans l’affaire des nouveaux nés, aucune preuve formelle ne permet de mettre en accusation l’agriculture. Reste qu’en lisant les différents journaux qui ont évoqué ces différentes affaires, beaucoup évoquent l’hypothèse « pesticides ». Nous parlerons donc de présomptions sérieuses et convergentes. Un euphémisme.

      "Exactement la même malformation, ça ne s'est jamais passé dans l'histoire des malformations", affirme Emmanuelle Amar, directrice du REMERA. Pour elle, il y a de fortes chances que ces malformations soient causées par l’exposition des mères à des produits phytosanitaires, peut-être des pesticides, pendant leur grossesse. "il faut réunir des spécialistes pour définir de quel type d'études nous avons besoin pour ce type de signalements. Or, la réponse jusqu'à présent est de dire : 'on ne veut pas savoir quel type d'études car on ne veut pas faire d'études'. Et ça, c'est irresponsable", conclut-elle. Santé Publique France estime elle, que la multiplication de ces enfants nés avec une anomalie est sans doute le fruit du hasard. Pour l’agence nationale de santé, d’ailleurs, ce 4 octobre l’affaire des des sept enfants de l’Ain a été jugé comme ne nécessitant pas d’investigation complémentaire, le nombre de cas n’étant pas jugé alarmant en soi. L’affaire semble close, les différentes affaires ne révélant pas de causes communes 

   Décision étrange, semblant ne pas tenir compte de l’émotion légitime que soulève cette affaire, et des interrogations des habitants. Elle prend le contre pied du Remara qui lui avait bien pointé le caractère exceptionnel de cette affaire, avec une augmentation de 58 fois la fréquence admise.

« Pas d’excès d’anomalie, pas de cause commune ! » Affirme pourtant l’agence nationale de santé, droit dans ses bottes... "Suite à l'investigation des sept cas rapportés dans l'Ain, nés entre 2009 et 2014, l'analyse statistique ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale, et Santé Publique de France n'a pas identifié une exposition commune à la survenue de ces malformations. L'absence d'hypothèse d'une éventuelle cause commune ne permet pas d'orienter des investigations complémentaires". https://bit.ly/2Nuh6CM

( Enfants nés sans main ou sans bras dans l'Ain : il n'y aura pas d … )

   Emmanuelle Amar, L’épidémiologiste, courageuse directrice du Remera, n’a pas tardé à réagir, sur france-info, mettant en cause Santé publique France , et sa méthode de calcul qu’elle juge incomplète et biaisée, pour ses conclusions concernant le département de l’Ain . https://bit.ly/2Ryh8gk Elle estime que, pour l'agence, le Remera était "le petit registre qui était le caillou dans la chaussure". C'est le Remera qui a signalé les premiers cas, à partir de 2010.

  "On enlève les moyens des associations qui font le registre des malformations, l'association qui fait ce registre en Rhône-Alpes vit chaque année avec 200.000 euros, la Région vient de supprimer 100.000 euros, on veut casser le thermomètre parce qu'on ne veut pas voir, on ne veut pas savoir", a accusé ce 8 Octobre Yannick Jadot, tête de liste d'EELV pour les européennes, qui réclame la création d'un registre national sur les cas de malformations. https://bit.ly/2OIhYZq

"On n'a jamais voulu savoir en France, on ne veut pas faire les études épidémiologiques autour des incinérateurs, autour des centrales nucléaires, on ne veut pas le faire sur les pesticides, parce qu'encore une fois, on ne veut pas savoir", a-t-il insisté.

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