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L'état d'urgence menacerait la démocratie

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 5 Décembre 2018, 10:57am

Catégories : #Société

Face aux gilets jaunes, la tentation de l'état d'urgence menacerait la démocratie

Si l'idée d'un retour du dispositif d'exception ne semble plus d'actualité aujourd'hui, qu'en sera-t-il demain, si la crise s'envenime ? Un risque de dérive sécuritaire est bien réel.

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Tribune. Ouf ! Il s’en est fallu de peu. Dès samedi, à la suite des affrontements entre forces de l’ordre et gilets jaunes, certains syndicats de police appelaient à la restauration de l’état d’urgence. Le jour même, le ministre de l’Intérieur leur répondait en déclarant n’avoir «aucun tabou» sur le sujet. Coté gouvernement, dimanche matin, loin de démentir, Benjamin Griveaux indiquait que «toutes les options devaient être étudiées». L’idée d’un retour de ce régime d’exception durant lequel notre pays avait vécu pendant presque deux ans suite aux attentats du 13 novembre 2015 semblait bien agiter le gouvernement ce week-end. Le début de semaine a été marqué par un retour orchestré à la mesure.

Lundi, Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, assurait que le rétablissement de l’état d’urgence n’était «pas à l’ordre du jour». Dans la foulée, la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, déclarait qu’elle «pensait qu’il y avait d’autres modes de solutions». Pour l’instant, la menace du retour de ce dispositif juridique dérogatoire à nos libertés fondamentales ne semble plus d’actualité. On peut s’en satisfaire. Mais pour combien de temps ? Désormais, le ver est dans le fruit. Lancée, l’idée semble bien gardée en réserve, au cas où. Et c’est bien cela qui est, en réalité, véritablement inquiétant : le fait que la police ait considéré légitime l’instauration d’un nouvel état d’urgence comme un outil accessible pour mieux gérer la crise des gilets jaunes. Ce d’autant plus qu’en retour, le gouvernement l’a sérieusement envisagé avant de ne l’exclure que temporairement.

On mesure ici les profonds stigmates qu’ont laissés dans notre démocratie les vingt-quatre mois durant lesquels les Français se sont habitués à ce régime dérogatoire. On le sait pour l’avoir suffisamment pratiqué, l’état d’urgence peut être instauré du jour au lendemain, pour une période renouvelable allant jusqu’à trois mois, par le président de la République, en cas de «péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public». Sa décision doit seulement faire l’objet d’une confirmation par l’Assemblée nationale dans les douze jours. La notion de «péril imminent» est assez floue pour laisser une large place à l’interprétation. Soyons réalistes. En pratique, quel juge oserait s’opposer à la volonté nationale si, face à une nouvelle journée de désordres et de violences, le président de la République décrétait ce péril caractérisé, approuvé dans la foulée par le Parlement ? Le scénario est hélas plus que crédible.

En particulier si la menace de certains gilets jaunes de venir armés lors des prochaines manifestations se concrétise. A force de banaliser un régime dérogatoire et d’accoutumer notre droit commun, au nom de la lutte contre le terrorisme, à des mesures d’exception nous avons rendu leur recours envisageable face aux simples coups durs du quotidien. On serait donc bien naïf d’être surpris que, confrontée aux gilets jaunes, la police appelle de ses vœux l’instauration de l’état d’urgence. Il lui permettrait de disposer d’un arsenal de mesures renforçant considérablement ses pouvoirs tout en limitant le contrôle des juges sur son action. Les préfets pourraient ainsi interdire l’accès à certains lieux, limiter les déplacements, fermer des commerces, interdire à certaines personnes désignées de se rendre dans des lieux déterminés, voire les assigner à résidence lorsqu’elles seraient susceptibles d’être «une menace pour la sécurité et l’ordre publics». Les leaders des gilets jaunes les plus radicaux sont pour la plupart bien connus des services de renseignement. Ils pourraient être ainsi aisément neutralisés, sans qu’il soit nécessaire de leur reprocher une quelconque infraction, comme l’ont été avant eux, lors du précédent état d’urgence, des militants écologistes qui risquaient de troubler la COP 21.

Le risque d’une dérive sécuritaire qui avait été alors largement dénoncée par de nombreuses associations comme la Ligue des droits de l’Homme n’aura pas attendu longtemps pour trouver un nouveau terreau. On en veut pour preuve le fait qu’aucun des responsables politiques interrogés cette semaine n’ait jamais cherché à exclure le recours à cette situation d’exception pour maîtriser la crise des gilets jaunes. Le bras de fer démocratique est engagé.

Si dans les jours qui viennent la situation s’envenime encore et que les services de police réussissent à obtenir les nouveaux pouvoirs qu’ils réclament, de nombreux Français risquent de comprendre, bien malgré eux, que le combat pour les libertés fondamentales ne doit pas se livrer seulement quand on se sent personnellement menacé. La conservation de l’Etat de droit est à ce prix.

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beretie 06/12/2018 14:18

ON CONSTATE QUE CES EPANDAGES appelés CHEMTRAILS sont partout en FRANCE et PAS SEULEMENT ; et aucun guignols des ecolos et ministres en parlent ils preferent faire des TAXES !ces produits mortiferes qu'on deverse en million de tonnes sur toutes vies et surtout sur les citoyens sont fait de produits toxiques pour nous ZOMBIFIER ; pour ca y a du fric,que ces ecolos et politiques nous rendent des comptes la dessus puisque tout est fait dans notre dos!!!!!

christian 05/12/2018 17:52

N importe comment se gouvernement actuelle qui est arrivé rapidement au pouvoir disparaitra aussi vite qu' il est apparu , et macron ne pourra plus faire de réforme car les Français seront tous dans la rue , se gouvernement est fini

christian 07/12/2018 14:29

Il ne faut pas avoir confiance au écolos ils sont a la botte du gouvernement des focus comme cela s appel

herbert 05/12/2018 17:36

ce qui derange la democratie c'est la bande de branquignols qui dirige la France

patrick tiso 05/12/2018 16:37

L'état français procède à des épandages massifs de produits chimiques sur la population, nous dans la Tarn, nous le constatons tous les jours.

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