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Les gènes d’une femme colombienne offrent de nouveaux indices pour lutter contre la maladie d’Alzheimer

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 6 Novembre 2019, 13:59pm

Catégories : #Santé

La recherche de nouveaux traitements visant à combattre la redoutable maladie d’Alzheimer a pris un nouvel élan ces dernières années. Et parfois, la nature y apporte ses propres indices. En 2016, des chercheurs de Harvard ont analysé le cerveau et le sang d’une femme de Medellín (Colombie) âgée de 73 ans, qui portait une mutation génétique ayant amené de nombreux membres de sa famille à développer une démence à un âge avancé. Mais pendant des décennies, elle, avait naturellement évité la maladie. Les chercheurs ont donc essayé de comprendre comment cela était possible. Dans une nouvelle étude, ils rapportent qu’une autre mutation rare (bien connue comme étant un facteur de risque pour la maladie d’Alzheimer), celle du gène de l’APOE, peut aussi l’avoir protégée.

Bien que les chercheurs ne puissent pas prouver que cette mutation seule ait permis d’éviter la maladie, leur étude attire à nouveau l’attention sur la possibilité de prévenir ou traiter la maladie d’Alzheimer en ciblant le gène de la protéine APOE. Une idée qui, selon certains chercheurs, a déjà passé trop de temps sous les projecteurs.

« Ce cas est très spécial », déclare Yadong Huang, neuroscientifique aux Gladstone Institutes de San Francisco, en Californie, qui n’a pas participé à la recherche. « Cela pourrait ouvrir une nouvelle voie très prometteuse tant en recherche qu’en thérapie ».

Le gène de l’APOE, le facteur de risque génétique le plus puissant pour la maladie d’Alzheimer, existe sous trois formes communes (allèles). Une variante appelée APOE2 réduit le risque de la maladie. La variante la plus commune, APOE3, n’influence pas le risque. APOE4 (allèle 4) quant à lui, augmente le risque ; environ la moitié des personnes atteintes par la maladie ont au moins un exemplaire de cette variante.

Les chercheurs envisagent depuis longtemps de cibler APOE avec des thérapies. Dans ce but, une équipe de l’Université Cornell va bientôt commencer un essai clinique visant à “infuser” le gène protecteur APOE2 dans le liquide céphalo-rachidien de personnes présentant deux copies d’APOE4.

Protéine APOE : des gènes encore trop peu compris

Cependant, de nombreuses questions restées sans réponse concernant APOE l’ont empêchée de devenir une cible prioritaire des médicaments. La protéine APOE se lie et transporte les graisses et est abondante dans le cerveau. Mais « elle fait tellement de choses dans le cerveau que ça en est déroutant », déclare Eric Reiman, neuroscientifique au Banner Alzheimer’s Institute de Phoenix et co-auteur de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Medicine.

APOE4 semble favoriser la formation de plaques collantes de la protéine bêta-amyloïde, qui obstrue le cerveau dans le cas d’Alzheimer. Mais les puissants médicaments anti-amyloïdes n’ont en grande partie pas profité aux patients participant aux essais cliniques. Certains chercheurs n’ont trouvé aucune raison d’essayer une thérapie ciblée sur APOE, qui semblait juste être « un traitement antiamyloïde pour les pauvres », déclare Reiman.

alzheimer theories schema

À gauche, les deux théories expliquant la maladie d’Alzheimer : l’hypothèse de l’amyloïde et celle de l’ApoE (toutes deux produisant un déclin cognitif). À droite : suite à un stress ou une blessure, le gène de l’ApoE peut s’exprimer. Cela provoque une surproduction de la protéine ApoE4, qui va altérer le fonctionnement des neurones et des mitochondries neuronales, conduisant à des déficiences d’apprentissage et de mémorisation. Crédits : L. Mucke et al. (2012), adapté par T. Lombry

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