Adrien Gontier, chimiste blogueur en guerre contre l'huile de palme

Publié le 1 Juin 2012

 

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Depuis sa cuisine, Adrien Gontier, jeune chimiste strasbourgeois, s'est lancé un défi plus complexe qu'il n'y paraît: vivre un an sans consommer d'huile de palme, un ingrédient omniprésent dans notre alimentation et dont la production à outrance est dénoncée par les écologistes.

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Sur son blog, ce chercheur de 26 ans chronique au quotidien, avec autant de rigueur scientifique que de pédagogie et d'humour, ses efforts pour dénicher ce composé honni dans les biscottes, les pâtes à tartiner, mais aussi les dentifrices ou les déodorants. Ce défi, qu'il vit "davantage comme un amusement que comme une contrainte", est né d'un engagement militant au service de l'écologie.

Adrien, thésard en géochimie, qui a adhéré il y a peu à Greenpeace, n'achète ses légumes que chez des petits producteurs locaux, pourfend la malbouffe et la surconsommation. S'il crie haro sur l'huile de palme et tous ses dérivés, c'est que cette substance est devenue depuis une dizaine d'années la première huile consommée sur la planète, en raison de son utilisation massive par l'industrie agro-alimentaire.

Nature saccagée
Conséquences: des milliers d'hectares de forêt tropicale sont arrachés chaque année en Malaisie et en Indonésie pour faire place à cette culture intensive, les populations locales sont expulsées, la faune décimée. Sans compter l'impact sur la santé des consommateurs de cette huile très riche en acides gras saturés.

"L'idée de ce défi, c'est d'enquêter pour dénicher l'huile de palme partout où elle se trouve, et de réfléchir à la manière dont on peut s'en passer", résume le jeune homme mince et volubile, le cheveu court, qui se voit comme un "lanceur d'alerte" et donne régulièrement des conférences sur le sujet dans des salons bio ou écologistes.

Partout
Vivre sans huile de palme est un défi de chaque instant. Si l'on cuisine soi-même, a priori, pas de problème. Mais dès que l'on achète des aliments industriels (y compris d'inoffensifs petits gâteaux), la matière grasse en question, considéré par les industriels comme moins chère et plus stable, est quasiment partout.

Pire: par le biais de ses dérivés (émulsifiants, antioxydants et autres émollients, notamment), le fruit du palmier à huile se glisse aussi dans les produits d'entretien, d'hygiène, et même dans certains médicaments. Ainsi que dans le gasoil des véhicules diesel, par le biais des agrocarburants.

Lire les étiquettes!
Adrien a donc appris à tester des recettes "maison". Dans des pots de confiture, il stocke sa propre pâte à tartiner aux noisettes, son propre dentifrice (à base de bicarbonate de soude et d'argile verte), son déodorant (fait d'alcool, d'eau florale et de pierre d'alun) ou encore son savon (soude et huile d'olive). Obstiné, il est devenu expert dans le déchiffrage des étiquettes des produits de grande consommation, et a créé pour ce faire un "petit guide vert", disponible sur son site.

"Lisez les étiquettes!", s'exclame le blogueur, qui connaît par coeur toutes les dénominations alambiquées et envoie des centaines de courriels aux industriels pour leur réclamer davantage de transparence sur les emballages. "Je ne suis pas naïf: huile végétale, sans plus de précision, c'est presque toujours de la palme". Mais des noms plus mystérieux, comme le "monostéarate de glycérol", aussi.

"Heureusement que je suis chimiste, sans ça j'aurais du mal à m'y retrouver", s'amuse-t-il. Lorsque l'année sans palme prendra fin, en juillet, le combat d'Adrien continuera, quoique sous une forme sans doute un peu moins stricte. "Je m'autoriserai d'avantage d'incartades, mais je garderai toujours une aversion pour l'huile de palme".

 

Source: afp.com

 

"publi 3-4Vers un nouveau paradigme"

2012 et aprés

Rédigé par Dav

Publié dans #Environnement

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lasorciererouge 13/06/2012


Shell abandonne un projet controversé d’agrocarburants suite à la protestation d’Indiens brésiliens













Raízen signe un accord historique avec la FUNAI. La compagnie s'engage à ne plus acquérir de canne à sucre en provenance du
territoire guarani dès le 25 novembre.
© Raízen





Une compagnie d’agrocarburants filiale de Shell au Brésil a renoncé à acquérir la canne à sucre cultivée sur une terre spoliée à un
peuple indigène, suite à une campagne d’envergure menée par les Indiens et Survival International.


La compagnie Raízen a été créée en 2010 par Shell et le
géant brésilien Cosan pour produire des agrocarburants à base de canne à sucre.


Une partie de cette canne à sucre est cependant cultivée sur un territoire revendiqué par les Guarani, l’un des peuples les plus persécutés et les plus démunis d’Amérique du Sud. Leurs chefs sont régulièrement assassinés par les hommes de main à la solde des propriétaires terriens et des éleveurs qui se sont accaparé la majeure partie de leurs
terres.


Raízen a récemment accepté de renoncer à acquérir la canne à sucre cultivée sur un territoire indigène reconnu par le ministère de
la Justice. La campagne d’envergure de Survival et la pression du ministère public brésilien ont favorisé la conduite de négociations entre Raízen et la FUNAI, le département des affaires indigènes du gouvernement.


Raízen a également promis de consulter la FUNAI pour prévenir d’autres investissements ou expansions dans
des régions conflictuelles qui pourraient être reconnues à l’avenir comme territoires indigènes.


Les Indiens guarani ont accueilli la nouvelle avec satisfaction. Après avoir été expulsés de leurs terres, nombre d’entre eux
vivent dans des conditions désastreuses, dans des réserves surpeuplées ou de misérables
campements au bord des routes.


La communauté de Valdelice Veron dans l’Etat du Mato Grosso do Sul est directement affectée. Les Guarani rapportent que leurs
rivières ont été polluées par les pesticides utilisés dans les plantations. Elle a déclaré : ‘Nous allons à nouveau pouvoir boire l’eau de notre territoire. Nous allons enfin pouvoir
revivre’.










Les Guarani ont protesté contre les activités de Raízen sur leur territoire.
© Fiona Watson/ Survival





Raízen qui a reconnu les problèmes auxquels les Guarani sont confrontés et a promis de mener un ‘programme d’investissement social
centré sur la population indigène’ a déclaré à Survival : ‘Nous voulons faire de notre retrait un bon exemple à suivre pour les autres compagnies. Nous nous engageons à respecter tout territoire
indigène reconnu par le ministère de la Justice’.


Cette décision historique de Raízen devrait créer un précédent au Brésil; elle sera suivie de l’arrêt définitif de son
approvisionnement en canne à sucre cultivée sur des territoires indigènes le 25 novembre prochain.