Le Nouveau Paradigme

Le Nouveau Paradigme

Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Au gré de nos crises de croissance

Publié par Dav sur 30 Juin 2012, 20:57pm

Catégories : #Société

 

 Au gré de nos crises de croissance

 

L’idée que la conscience passe par des crises successives au fil de son évolution fait aujourd’hui son chemin. Elle est en tout cas admise par des chercheurs comme Ken Wilber et Claudio Naranjo que nous allons évoquer ici. Tous deux sont des auteurs prolifiques avec plusieurs dizaines d’ouvrages à leur actif, encore peu connus chez nous parce que peu traduits.

Sur les quelques 35 livres de Ken Wilber édités aux Etats-Unis, seuls 5 d’entre eux sont publiés en français, dont « Une brève histoire de tout » et « Le livre de la vision intégrale », tandis que Guérir la civilisation, de Claudio Naranjo, vient de sortir chez nous en février 2011. La traduction de Character and Neurosis devrait sortir prochainement.

Nos deux hommes sont aussi des pionniers du courant transpersonnel dont Ken Wilber se démarquera pourtant dès 1983. Loin d’être simplement de grands penseurs, beaucoup reconnaissent en eux des maîtres accomplis, ce qui ne les empêche pas d’être parfois vertement contestés par d’autres.

 

 

Nous allons voir ici à grands traits dans cet article ce que chacun d’eux apporte à la compréhension des crises de croissance par lesquelles passent toutes les formes de vie.

Ken Wilber, philosophe et mystique américain, est reconnu par ceux qui le connaissent comme un des plus grands génies de son temps. On lui doit une synthèse visionnaire des grands courants de pensée qu’il a su mettre en perspective de manière unique. Un de ses apports majeurs est d’avoir articulé la psychologie d’Occident avec les grandes sagesses d’Orient.
Pour dire les choses simplement, les grandes écoles de psychologie occidentale – psychologie comportementale, psychanalyse, psychologie humaniste et psychologie cognitive – avec leurs multiples variantes explorent l’identité personnelle, ce qu’on appelle communément le moi, tandis que les sagesses orientales mettent l’accent sur notre nature transpersonnelle, l’Etre ou le Soi.

 

Là où beaucoup opposent l’une à l’autre, Ken Wilber les intègre dans une échelle d’évolution de la conscience allant des niveaux de conscience prépersonnels aux niveaux transpersonnels en passant par les niveaux personnels.
Cependant, il dénonce vigoureusement l’amalgame très fréquent entre les niveaux prépersonnels et transpersonnels – la confusion « pré/trans » du fait que ces deux niveaux ne sont pas personnels – alors qu’ils se situent aux deux extrémités de l’échelle. Cela ne lui a pas attiré que des amis.


Ainsi, dans la foulée de Jung et d’Assagioli, beaucoup de psychologues dits « transpersonnels » attribuent un caractère sacré à ce qui relève de l’inconscient collectif ou d’archétypes primitifs. Pour Wilber, il faudrait parler là plutôt de régression à des niveaux de conscience narcissiques plutôt que d’expériences mystiques.


C’est une des raisons pour lesquelles il se démarque de la psychologie transpersonnelle dans les années 80.
Elle est alors divisée entre trois courants :


- un courant tribal, aux accents mythiques et magiques ;
- un courant relativiste, imposant son pluralisme contre la « tyrannie » des grandes traditions,
- et un courant travaillant sur les états modifiés de conscience avancés mais au mépris de toute pratique.

 

Wilber se retire alors et fonde les bases de ce qu’il appellera l’approche intégrale.

 

Au cœur de sa vision, on retrouve l’idée que la conscience évolue en intégrant et en dépassant tout à la fois les niveaux précédents selon un ordre croissant de complexité et de totalité. Une phrase inclut des mots, des lettres, et non l’inverse.
Idée simple apparemment, mais qu’il décline tout au long de son œuvre selon vingt principes largement étayés dans de nombreuses disciplines. Les transitions d’un niveau d’existence à l’autre ne se font pas toujours sans heurts : à chaque point de passage, la conscience s’élève vers l’échelon supérieur pour peu que les conditions soient réunies sous peine de régresser vers les échelons inférieurs ou de les charrier au cours de son évolution.

 

En ce qui nous concerne en tant qu’individus, KW identifie nos pathologies à chaque stade comme des illusions ou des mensonges sur notre identité.

 

Ainsi, l’enfant en bas-âge peut se tromper sur les limites de son monde et rester coincé dans un univers autiste ou dans des troubles limites.


Plus tard, l’adulte peut rester identifié aux rôles communautaires et familiaux sans s’individualiser davantage ni s’élever sur l’échelle vers des préoccupations plus tournées vers le bien-être de tout être humain, voire de toute forme de vie.
Dans la même logique, Wilber observe les conditions d’existence et les crises de transition au gré du passage des sociétés tribales vers les sociétés horticoles, puis agraires, industrielles et numériques. Il s’attarde longuement sur le point de passage à la charnière du monde moderne et postindustriel à la lueur des quatre quadrants. Cette grille de lecture, pour être simple, n’en est pas moins d’une valeur inestimable pour comprendre la crise du monde contemporain. De quoi s’agit-il ?

Les quatre quadrants constituent en quelque sorte une carte de la réalité. Pendant longtemps, Wilber a tenté d’unifier tous les champs de la connaissance jusqu’au moment de se rendre compte qu’on ne pouvait pas la réduire à une seule approche, mais à quatre.

 

En croisant les paramètres intérieur/extérieur et individuel/collectif, il distingue ainsi :

  • le quadrant supérieur gauche (SG) correspondant à notre vécu intérieur, subjectif (le monde du moi et aussi du Beau),
  • le quadrant supérieur droit (SD) correspondant à l’approche scientifique, objective du monde extérieur (le monde du « cela », le Vrai),
  • le quadrant inférieur gauche (IG) correspondant à l’espace intérieur intersubjectif, partagé, celui de notre culture (le monde du « nous », de l’éthique, du Bon)
  • et finalement le quadrant inférieur droit (ID), celui des systèmes sociaux vus de l’extérieur.

A partir de là, KW montre que l’époque des Lumières a réduit l’univers à un monde plat, rationaliste, sans aucune intériorité : le quadrant supérieur droit. Ce courant a été suivi d’une réaction pluraliste qui réduit à son tour la réalité cette fois au quadrant inférieur gauche, opposant ainsi une tyrannie tout aussi réductrice, voire nihiliste, à celle du rationalisme étroit.

Dans son style parfois féroce, Wilber reproche à certains écologistes et féministes radicaux ce qu’il dénonçait déjà chez les psychologues transpersonnels : une forme de régression narcissique vers le mythe d’Eden, comme si les tribus primitives ou les sociétés matriarcales fondées sur l’esclavage et le sacrifice rituel étaient moins barbares que celles qui leur ont succédé. Il reconnaît au monde moderne d’avoir favorisé le mouvement de libération des femmes, des esclaves, l’essor des sciences et de la démocratie, mais au prix d’une dissociation de ce qu’il appelle « les 3 Grands » : le Beau, le Bien, le Vrai, au lieu de les intégrer.
Le monde moderne et postmoderne payent cela au prix très élevé de l’intériorité qui nous aurait permis d’accéder aux niveaux de conscience susceptibles de dépasser la crise planétaire dans laquelle nous sommes enlisés. Dans ses publications, Wilber exacerbe la colère de ceux qui sont prêts à partir en guerre au nom de l’unité. Il pointe également le fait que même à l’heure actuelle, très rares sont ceux qui ont pu suivre une voie traditionnelle pour pulvériser leur sentiment de séparation plutôt que pour le renforcer ou le consoler à l’aide de sa mythologie et de ses rituels. La spiritualité a été dépouillée de son potentiel transformateur au profit de son rôle de cohésion sociale.

 

Voilà ce qui peut être rapproché ici des travaux de Claudio Naranjo.
Médecin psychiatre chilien, spécialiste des religions, philosophe, psychologue et musicien, Naranjo est lui aussi un précurseur et un éveilleur.

 

Bien qu’il ait largement participé à la recherche sur les états modifiés de conscience aux débuts du mouvement transpersonnel, il ne s’y réfère plus aujourd’hui sinon pour en signaler la littérature frelatée sur l’Ennéagramme. Après trente ans, il a lui aussi quitté l’école de psychologie intégrative qu’il avait lui-même fondée. Naranjo est tout aussi lucide que Wilber sur l’état divisé du monde actuel. Il aborde les choses en observant l’empreinte de l’ego sous toutes ses formes dans notre culture, notamment dans la philosophie, la musique et le cinéma.

 

Son analyse de la crise actuelle est impitoyable sur les ravages exercés par le patriarcat : violence, misogynie, racisme, exclusion, intolérance religieuse, misère, injustice. L’issue qu’il oppose à ces fléaux repose sur la transformation des systèmes éducatifs. Il le propose très concrètement au travers d’une formation de 40 jours étalée sur plusieurs années, le programme SAT qu’il a introduit dans différents pays d’Amérique Latine et d’Europe, dont la France.

 

Le travail de guérison sociale commence par nous-mêmes. En favorisant la réconciliation entre nos trois centres gérés par nos trois cerveaux au gré d’une approche intégrant le mouvement, le théâtre et la méditation, il libère notre capacité d’aimer et notre sensibilité réprimées par des millénaires de patriarcat. Au passage, il guérit et restaure les points charnière dans lesquels la conscience s’est compromise.

 

- Karin Reuter, Psychologue, Directrice de l’Institut Hoffman France
- Michel Savage, consultant RH

Pour plus d’information :

- Programme SAT :http://www.naranjo-sat.com
- http://www.claudionaranjo.net/index...
- Ken Wilber : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_Wilber
- Ken Wilber http://www.human-side.com/wilber/In... (un entretien)

publi 3-4Vers un nouveau paradigme

2012 et apres

Commenter cet article

lasorciererouge 07/08/2012 22:12


Elle n'est pas raciste !


 


Ce sont les vacances, cette chanson extraite de la comédie musicale 'Agathe Clery' peut vous faire du bien. WikiStrike se plaît à la
mettre en avant. Bonne écoute !


 





 
 

Elle n'est pas raciste !


 


Ce sont les vacances, cette chanson extraite de la comédie musicale 'Agathe Clery' peut vous faire du bien. WikiStrike se plaît à la
mettre en avant. Bonne écoute !


 





 
 

Nous sommes sociaux !

Articles récents