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Autisme : des électrodes dans le cerveau pour réduire les symptômes ?

Publié par Dav sur 29 Janvier 2013, 18:30pm

Catégories : #Santé

Un jeune garçon atteint d’autisme sévère a vu les symptômes de la maladie reculer après l’implantation d’électrodes dans son cerveau. C’est la première fois que cette technique, appelée stimulation cérébrale profonde, est utilisée contre ce trouble, à priori avec un succès relatif...

 

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L’autisme recouvre de nombreux symptômes qui peuvent varier d’un individu à un autre. Il se caractérise par des déficits dans l’expression de certains comportements, dans la communication et dans les relations sociales. Il peut en outre être associé à d’autres troubles comme le retard mental ou des comportements violents autodirigés.

C’est exactement le cas d’un petit garçon, patient unique d’une nouvelle étude parue dans le journal Frontiers in Neuroscience. Atteint d’une forme sévère de la maladie, il était incapable de regarder quelqu’un dans les yeux, n’exprimait aucun mot, se réveillait au milieu de la nuit en poussant des cris, et, surtout, était capable de se blesser grièvement. Un comportement qui nécessitait une attention permanente de la part des parents.

 

 

La stimulation cérébrale profonde se trouve de nouveaux cerveaux

 

Les différents traitements médicamenteux utilisés n’ont donné aucun résultat probant. Pour faire face à ces échecs, des scientifiques de l’hôpital universitaire de Cologne (Allemagne) ont entrepris de tester pour la première fois une technique utilisée depuis une vingtaine d’années dans le traitement des pathologies neurologiques et appelée stimulation cérébrale profonde.

D’abord pratiquée pour atténuer les tremblements dus à la maladie de Parkinson, elle est de plus en plus utilisée pour certains problèmes mentaux ou comportementaux, comme la dépression, les troubles obsessionnels compulsifs ou l’anxiété sévère. Plus récemment encore, elle a été proposée dans le traitement de la maladie d’Alzheimer.

 

 

L’autisme et les comportements autodestructeurs en recul

 

Le garçon avait 13 ans au moment de l’opération. Des électrodes ont été implantées dans des régions précises de l’amygdale, aire cérébrale impliquée dans la mémoire et les émotions. Comme il s’agit d’un travail pionnier, les auteurs n’étaient pas sûrs de l’efficacité de la tentative. Effectivement, sur les trois régions stimulées, deux semblaient ne pas réagir. En revanche, une activité électrique continue dans la région basolatérale de l’amygdale a révélé son efficacité.

Après huit semaines de stimulations électriques continues, les comportements autodestructeurs avaient diminué. Avant l’opération, l’enfant atteignait toujours des scores supérieurs à 4 sur une échelle servant à estimer la sévérité de ses agressions autodirigées. À la suite de l’opération, la violence de ses attaques était estimée comme étant inférieure à 3, et passait ainsi de sévère à modérée.

D’autres progrès de son autisme ont été constatés. Il ne refusait plus le contact visuel et contrôlait mieux son comportement. D’après les parents, son anxiété avait diminué et ses nuits se passaient mieux. Ils racontent que leur fils a même pris du plaisir à participer à des activités nouvelles, comme goûter de la nourriture inconnue, faire un tour en voiture et jouer du piano.

 

 

Des résultats à confirmer à grande échelle

 

Six mois après l’opération, les parents ont eu la joie d’entendre des mots simples comme « papa » et « maman ». Même si elle reste rudimentaire, la communication de l’enfant se matérialise par un vocabulaire oral et non plus seulement par des gestes.

La stimulation cérébrale semble s’avérer indispensable, au moins chez ce patient, pour observer une amélioration. Après 44 semaines, les piles n’avaient plus d’énergie. Durant un mois, le jeune garçon ne bénéficiait plus de son traitement et les symptômes se sont aggravés. Après avoir remplacé les piles, ses troubles comportementaux ont de nouveau reculé.

Il est bien trop tôt encore pour attester de l’efficacité d’une telle thérapie auprès de patients autistes, dans la mesure où un seul sujet a participé à l’étude. Un tel travail devrait être mené à plus grande échelle pour aboutir à de telles conclusions.

Cependant, cette étude originale révèle de réelles possibilités et met en avant le rôle potentiel de l’amygdale basolatérale dans la genèse de l'autisme. Des investigations ultérieures s’avèrent nécessaires pour déterminer plus précisément le rôle que joue cette région du cerveau.

 

Par Janlou Chaput, Futura-Sciences
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