Dimanche 1 juillet 2012 7 01 /07 /Juil /2012 19:11

 

A l’extrême de l’échelle des expériences humaines point parfois la destruction. Toi, tu es un être sur l’échelle. Tu es né un jour à cette vie avec l’intention de t’élever de ta condition humaine, mais une fois là tu as oublié cette intention et ta pureté a été atteinte, parfois dès ton premier souffle de vie. Suivons un peu ce trajet-là et regardons-le d’un plus près.

A l’orée de ton incarnation, tu as donc voulu transcender ton regard et illuminer ainsi tous les regards qui se croisent en ce monde. Tu as choisi les conditions qui te permettraient cette œuvre, tu as très exactement évalué les capacités qu’il te faudrait pour cela et tu as programmé ta vie en ne te mettant sur les épaules pas plus que tu ne pourrais porter. Puis tu es né, petit être pur offert au service de ton idéal.

 

Alors a débuté l’expérience difficile qui allait naturellement altérer ta lumière. Ainsi, petit être qui a choisi une amorce de vie pénible, t’es-tu bâti autour de la nécessité de survivre. Bien au-delà de ce dont tu as eu conscience, tu as élaboré des mécanismes subtiles et complexes afin de préserver un semblant d’équilibre dans l’univers, parfois chaotique, où tu as plongé en immersion totale. Ce que j’appelle un équilibre de survie.

 

Tout ce qui fait encore ta personnalité aujourd’hui – ton Moi, ton ego – s’est donc assemblé dans ce contexte, amalgamé dans le pétrin de tes manques, des croyances que tu as acquises et des violences qui t’ont été faites. Sous leurs coups, tu as fait tout ce que tu as pu pour demeurer vivant et capable de continuer à vivre. Qui donc aujourd’hui pourrait te le reprocher ? Quel ignorant pourrait dire que tu n’as pas fait ce qu’il fallait, puisque tu es là encore, toujours vivant et, surtout, capable d’imaginer mieux pour toi ?

L’équilibre de survie est l’œil du cyclone où tu demeures depuis le moment où tu as entrevu cette première éclaircie dans le chaos. Une oasis mouvante qu’il te faut suivre sans cesse dans son mouvement désordonné. Mais autour de toi persiste le tumulte qui t’a mené là et au fond de toi hurlent les blessures reçues lorsque tu étais malmené en son tourbillon destructeur. En l’œil du cyclone tu es enfermé et ton équilibre de survie est en péril dès lors que tu t’en éloignes. Au sol te porte la Terre qui boit de ta souffrance et te soutient, au ciel est une issue que tu choisiras si tu faiblis. Celle-là t’éloignera du monde où tu es venu porter ta lumière, celle-là est une évasion désespérée alors que tu as choisi la porte éclairée de la transcendance.

 

Pour trouver la sérénité et la joie qui l’accompagne, il te faut te rendre libre de ton enfermement, et lorsque dans les épreuves incessantes tu as trouvé ton équilibre de survie, prendre le chemin de cette liberté exige de toi un grand courage. A la clé, pourtant, ce n’est plus de ta survie dont il s’agit, mais de la Vie.

 

 

La question est donc de choisir, toi qui a vécu un si douloureux chemin de vie, si tu préfères demeurer enfermé dans l’équilibre de survie qui anime ton Moi jusqu’au dernier jour de ta présence sur Terre, ou si tu réponds à l’appel de ton âme qui vient te rappeler ce que tu es venu faire ici-bas pour toi et pour tous. Car ce que tu feras pour toi, tu le feras pour tous.

 

Jusque-là tu as bâti tant de défenses pour préserver les battements de ton cœur, qu’elles sont devenues des automatismes dont tu n’as pas la moindre conscience. Selon les conditions que tu as choisies pour naître, ces mécanismes ont fait de toi une victime ou un bourreau, une proie ou un prédateur. Dans cette étape finale de l’expérience, typiquement patriarcale, le féminin a plus souvent incarné la victime et le masculin le bourreau. Ainsi, dans les petits gestes de la vie, dans tes attitudes par rapport à toute chose, dans les comportements qui déterminent ta personnalité, tu réponds au sollicitations d’un cœur qui a mal de tout ce dont il a manqué et de tous les coups de lance qui ont pénétré sa vulnérabilité. Ces douleurs sont si pregnantes en toi qu’elles sont très tôt devenues l’énergie qu’il t’a fallu absorber pour survivre, faute d’en avoir une autre à portée. La souffrance est devenue ta sève là où l’amour s’est éteint. Bien malgré toi, tu as donc fait appel à elle pour exister. Dans l’absence d’amour, le coup porté t’accordait plus d’existence que le néant. Là, pensais-tu, il y avait un regard sur toi.

 

Tu as grandi ainsi, en substituant chaque jour plus en profondeur, strate après strate, la souffrance à l’amour. Si ce chemin a été long, tu en es venu à confondre les signes de l’intérêt destructeur qui t’était porté avec une forme d’expression de l’amour. En surface tu te contentes encore de cette illusion parce qu’elle sert à ton équilibre de survie, mais plus en profondeur tu ne peux voir l’amour parce que toi-même tu ne t’aimes pas. Comment le pourrais-tu, toi dont on a détruit si tôt et avec de tant de violence la pureté, toi qui a du pour survivre substituer ce qu’on te donnait à ce qu’on aurait du te donner si tu avais été aimé ? Tu n’as rien à te reprocher, petit Être. Ton chemin vers l’accomplissement de l’œuvre de vie que tu as choisie passait par là. L’étape finale demeure la transcendance de tout cela. Si tu as pu lire ces quelques lignes et te reconnaître, tu en es à ce choix : vais-je aller avec courage jusqu’à m’aimer et vivre enfin où vais-je abandonner là tant je suis épuisé ?

 

 

Au prix de cet ultime courage réside la liberté d’être enfin toi-même, de réactiver au plus profond de ton être la lumière indestructible que tu portes depuis le début. On peut détruire bien des chemins d’expression, mais jamais l’essence des choses. L’amour au fond de toi, n’a jamais été atteint par ton vécu. Ce sont les chemins de son expression à travers toi qui ont été ravagés. Si tu fais le choix de ta libération, si tu fais le choix de sortir définitivement de l’œil du cyclone, quitte à retraverser brièvement les souvenirs pénibles du chaos, mais plus les expériences elle-mêmes car là où tu en es désormais ce n’est plus possible, alors tu seras comme le jeune chien fou et joyeux qui sort de la rivière et s’ébroue. Et chaque goutte que tu expulseras sera porteuse des tous les automatismes qui ont forgé tes armes et ton armure : défiance, agressivité, sadisme, insatisfaction, paranoïa, compensation, masochisme, attente, isolement, autodestruction, etc., ainsi que tous les habituels filtres de la personnalité qui masquent les peurs (voir Le petit bréviaire de l’ego).

Chaque goutte s’évaporera au soleil. Être libre, c’est ne plus avoir peur de rien, comme tu l’étais juste avant ton premier souffle de vie, avant que tu n’inspires pour la première fois l’univers de ton expérience choisie dans l’oubli et que tu en pleures de rage et de refus.

L’Être qui n’a plus peur n’a besoin de rien. Il est libre de toute entrave et rien du monde de ceux qui souffrent encore ne peut plus l’entraver. Il ne se pose pas de question sur ce que sera demain, ne se détermine pas sur ce qu’a été hier et bien souvent ne s’en souvient même plus. Dans tous les sens du terme il inspire le Présent de tous les microcosmes de ses corps du plus dense au plus subtil. Il est heureux de partager, s’enrichit de tout et enrichit le monde de ce qu’il est. Parce qu’il a tout trouvé en lui, il ne manque jamais de rien, il n’a donc aucun besoin et se place ainsi dans le pouvoir d’aimer vraiment. Là est la Maîtrise, là est l’accomplissement de l’œuvre transcendantale dans la densité de la matière. Le feu s’est rallumé de l’intérieur et il embrase l’obscurité. La pénombre s’efface et dévoile les regards étonnés et émerveillés de ceux qui découvrent une autre réalité. Chacun ainsi allume son brasier et illumine notre Unité retrouvée. Ainsi s’achève l’expérience présente, dans la lumière pleinement incarnée.

Fraternellement,

© Le Passeur – 1er Juillet 2012 – http://www.urantia-gaia.info

publi 3-4Vers un nouveau paradigme

2012 et apres


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