Le Nouveau Paradigme

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Branle-bas de combat autour de l’étiquetage des OGM

Publié par Dav sur 10 Septembre 2012, 06:16am

Catégories : #Société

 


Le rayon sauces d’un magasin bio à Berkeley, en Californie (Justin Sullivan/Getty/AFP)

 

Panique au sein des multinationales de l’agroalimentaire : en novembre, les électeurs californiens décideront si la présence d’OGM doit être mentionnée sur les emballages de nourriture. « Big Ag » et « Big Food », les lobbys de l’agroalimentaire, ont mis au pot 19,2 millions d’euros pour faire barrage à l’initiative citoyenne « Nous avons le droit de savoir ce que nous mangeons ».

L’enjeu est colossal, il explique l’union sacrée des plus grosses sociétés mondiales : toutes catégories d’aliment confondues, 80% de la nourriture américaine non bio contient des OGM. Et ce qui se décide en Californie, où vit 10% de la population du pays, préfigure ce qui va devenir obligatoire dans le reste des Etats-Unis.

 

Le maïs OGM, le soja OGM, les betteraves à sucre OGM, le coton OGM (cultivé pour son huile) sont à la base des sucres, graisses et additifs dont sont farcis les aliments nationaux.

 

Les céréales du petit déjeuner, certains pains et farines, des aliments comme le tofu, les épis de maïs doux, certains saumons d’élevage, pour ne citer que quelques exemples, sont de purs aliments OGM.

 

Ils sont bien rares, les consommateurs qui traquent la mention « Ne contient pas d’OGM » sur les bouteilles de lait de soja ou d’amande, sur les paquets de Granola ou sur les plats surgelés. L’immense majorité des Américains n’est pas au courant de cette invasion. S’ils l’étaient, il est probable que ça ne changerait rien à leur décision d’achat.

Exclus de l’étiquetage : la nourriture de restaurant et les boissons alcoolisées

 

Mais voilà, l’industrie agroalimentaire ne veut pas prendre le risque de générer des questionnements dans le public. Dès que la « proposition 37 » (P37), ainsi qu’a été baptisé le texte qui sera soumis au référendum californien, a eu recueilli en mai assez de signatures pour être validée, la contre-attaque industrielle a débuté à coup de millions de dollars.

 

 

Que dit cette proposition 37 ?

 

  • L’étiquetage est obligatoire dès qu’un aliment cru ou transformé destiné à la consommation est composé de plantes ou d’animaux génétiquement modifiés.
  • Il est interdit de qualifier ou de promouvoir comme « naturel » ce type d’aliment.
  • Sont exclus de l’obligation les aliments certifiés bio ; contenant accidentellement des OGM ; faits à partir d’animaux nourris ou injectés avec des ingrédients OGM, mais non génétiquement modifiés eux-mêmes ; contenant des faibles portions d’ingrédients OGM ; en contenant à cause de traitements médicaux ; destinés à la consommation immédiate comme dans un restaurant ; les boissons alcoolisées.

La pétition a été lancée au printemps par, entre autres, l’Association des consommateurs de bio et le parti démocrate californien. Elle appelait aux signatures avec cet argumentaire :

 

« Un million de Californiens ont déjà dit : nous avons le droit de savoir ce que nous mangeons. Signons pour faire passer le message que les produits alimentaires doivent comporter des étiquettes simples signalant s’ils ont été génétiquement modifiés.

Le droit de savoir est un droit fondamental et une valeur de base américaine. Dans une société démocratique et un marché libre, les consommateurs doivent pouvoir faire des choix éclairés quant à ce qu’ils mangent et donnent à leurs familles. »

Fabricants d’OGM et de pesticides, chimistes et céréaliers, tous unis !

Apparemment, tel n’est pas l’avis des producteurs qui se sont cotisés pour faire échouer la P37. En tête des contributeurs à la contre-campagne, Monsanto et Dupont (plus de 3,2 millions d’euros chacun), les deux plus gros producteurs mondiaux d’OGM. Immédiatement derrière, PepsiCo (1,3 million d’euros), suivi d’autres géants comme BASF, Bayer, Dow, Coca Cola, Nestlé, Kellogg, et onze autres, pour un total de 19,2 millions d’euros exactement.

 

Que vont peser les 2 millions d’euros levés par les leaders indépendants du bio américain pour soutenir le texte, face à la somme presque dix fois supérieure collectée par l’agrobusiness pour le combattre ?

 

Un article paru sur le site d’infos environnementales Grist donne une idée de la campagne menée pour faire capoter la P37 :

« Où va l’argent, exactement ? Plusieurs de ces compagnies rémunèrent les mêmes consultants qui ont travaillé pour l’industrie du tabac. Ils vont créer de toute pièce des “astroturf”, des faux groupes de citoyens qui vont tenter de faire croire qu’une majorité de gens estime que l’étiquetage est une mauvaise idée. Et forcément, ils vont réussir à convaincre beaucoup d’électeurs. »

 

 

Les OGM ne sont pas forcément mauvais pour la santé

 

Sans compter les publicités télévisées qui vont envahir les écrans à la rentrée, s’ajoutant aux publicités politiques déjà intenses en prévision du scrutin présidentiel qui se tiendra le même jour.

Les arguments déclinés dans les pubs sont déjà martelés dans les journaux par les sociétés agroalimentaires et les scientifiques qui travaillent pour eux :

 

  • la nocivité des OGM n’est absolument pas prouvée scientifiquement ;
  • les prix des aliments augmenteraient dans les épiceries à cause du surcoût de l’étiquetage ;
  • ce serait la porte ouverte à des procès intentés par les consommateurs aux entreprises et aux agriculteurs.

Paradoxalement, plusieurs des géants agroalimentaires qui financent cette contre-campagne sont les maisons-mère de marques bio bien implantées dans la grande distribution, lesquelles affichent naturellement le logo « sans OGM » sur leurs boîtes.

 

Ces marques-là souffrent déjà de la mauvaise publicité que leur font les pro-P37, comme en témoigne ce poster qui circule non seulement en Californie, mais aussi dans le reste des Etats-Unis.

 

 

Les sondages donnent gagnante la proposition 37

 

La bataille californienne s’annonce bien plus rude que celle qui a eu lieu en Ohio il y a dix ans, lorsqu’une initiative citoyenne analogue avait tenté le même coup que la P37. Les lobbys de l’agroalimentaire avaient alors facilement pulvérisé la tentative des consommateurs.

 

Cette fois, les chances de la proposition 37 sont réelles. Selon un sondage détaillé par Reuters, 60% des électeurs à la mi-août y étaient favorables. Un cauchemar pour Big Food et Big Ag, qui devraient alors décider de généraliser préventivement ou non à l’ensemble des Etats-Unis l’étiquetage anti-OGM, sachant que d’autres Etats s’engouffreraient alors dans la brèche ouverte par la Californie.

 

Tout de même, les Californiens ont beau jeu de se rebeller contre l’invasion des OGM dans leur alimentation. Leur Etat recèle l’immense majorité des cultures bios américaines, qui pèsent lourd dans l’économie locale. La P37 n’aurait littéralement aucune chance dans les Etats du Midwest, où est produit l’essentiel du maïs et du soja américain, OGM à 95%.

 

Hélène Crié-Wiesner Rue89

publi 3-4Vers un nouveau paradigme

2012 et apres

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lasorciererouge 19/03/2013 17:33


 


Enfin les OGM étiquetés !





 


Enfin les OGM étiquetés !


AC Gallo, Président de Whole Foods, a déclaré que le nouveau système d’étiquetage, qui sera mis en place d’ici cinq ans, est une
réponse à la demande des consommateurs : « Nous avons vu comment nos clients ont répondu aux produits que nous avons étiquetés. Certains de nos producteurs affirment avoir constaté une
augmentation de 15% sur les ventes de leurs produits étiquetés. »


Les produits génétiquement modifiés sont profondément ancrés dans l’approvisionnement alimentaire mondial, et se sont multipliés depuis les années 1990. La plupart du maïs et du soja cultivés aux
Etats-Unis, par exemple, ont été génétiquement modifiées. Ces modifications entraînent un soja résistant aux herbicides, ainsi qu’un maïs qui produit son propre insecticide. Des
recherches sont en cours pour produire une pomme génétiquement modifiée qui va s’abimer moins rapidement, ainsi que du saumon génétiquement modifié.


Cette annonce s’est répandue dans toute l’industrie alimentaire et chez les partisans « pro-étiquetages » heureux. « Fantastique », a déclaré Mark Kastel,
co-directeur de l’Institut Cornucopia, un groupe en faveur de l’alimentation biologique, qui est favorable à l’étiquetage.


Le Grocery Manufacturers Association, le groupe de commerce qui représente les entreprises alimentaires et les détaillants, a publié une déclaration pour s’opposer à la décision. «
Ces étiquettes pourraient tromper les consommateurs en leur faisant croire que certains produits alimentaires sont  différents ou présentent un risque potentiel » a déclaré Louis
Finkel, Directeur Général des affaires gouvernementales, cité dans le communiqué.


M. Finkel a noté que la Food and Drug Administration, ainsi que les organismes scientifiques et de réglementation, y compris l’Organisation Mondiale de la Santé et l’American Medical
Association, avaient certifié que les produits génétiquement modifiés ne représentaient aucun danger.


Une victoire selon les partisans


Les exigences d’étiquetage annoncées par Whole Foods toucheront ses 339 magasins aux États-Unis et au Canada. D’ailleurs, l’étiquetage est déjà exigé dans l’Union européenne, et les produits de
ses sept magasins présents en Grande-Bretagne utilisent déjà ces étiquettes. Elles indiquent que le produit a été contrôlé et qu’il ne contient pas d’OGM. Les étiquettes, que la chaine Whole
Foods utilisera d’ici 2018, permettront d’identifier en détail les aliments qui contiennent des OGM.


La décision de Whole Foods est le dernier évènement d’une série qui a intensifié le débat sur les aliments génétiquement modifiés. Depuis longtemps, les partisans de l’étiquetage insistaient pour
que les consommateurs aient le droit de connaître l’origine des ingrédients dans les aliments qu’ils consomment, et ils soutiennent que certaines études menées chez les rats démontrent que la
nourriture transgénique peut être nocive.


Gary Hirshberg, président de la campagne Just Label it, une campagne en faveur d’une exigence fédérale
en matière d’étiquetage des aliments contenant des ingrédients génétiquement modifiés, a qualifié la décision de Whole Foods de «changement des règles du jeu. »


« Nous avons eu quelques avancées très importantes dans l’étiquetage cette année » dit M. Hirshberg, ajoutant que 22 Etats ont maintenant une sorte de législation sur l’étiquetage.
« Maintenant, l’un des détaillants les plus dynamiques et les plus prospères du pays vient de lancer le défi. »


Il a comparé l’impact potentiel de l’annonce Whole Foods, à la décision de Wal-Mart qui,  il y a plusieurs années avait cessé de vendre du lait provenant de vaches traitées avec l’hormone de
croissance. Aujourd’hui, seul un petit nombre de vaches laitières reçoivent toujours cette hormone.


Karen Batra, une porte-parole de l’IOB, un groupe commercial représentant l’industrie de la biotechnologie, a déclaré qu’il était trop tôt pour évaluer l’impact de la décision de Whole Foods .
« Il semble qu’ils veulent accroître leurs stocks de marques biologiques certifiées sans OGM », a déclaré Mme Batra. « L’industrie a toujours soutenu l’étiquetage
volontaire des aliments pour des raisons de marketing. »


Elle a fait valoir, toutefois, que sans preuve scientifique montrant que les aliments génétiquement modifiés peuvent causer des problèmes de santé ou de sécurité, l’étiquetage n’est pas
nécessaire.


Une décision qui fait parler toute l’industrie


Malgré cela, les entreprises font preuve d’une volonté croissante de prise en compte de l’étiquetage. Quelque 20 entreprises alimentaires majeures, dont Wal-Mart, se sont réunies récemment à
Washington pour discuter de l’étiquetage des OGM.


Par coïncidence, la Société américaine Halal, une société d’aliments dont les produits Saffron Road sont vendus dans les magasins Whole Foods, vient de sortir son premier plat congelé,
un plat de pois chiche et d’épinards, certifié sans OGM.


Aujourd’hui, les étagères Whole Foods possèdent quelque 3300 produits de marque qui sont certifiés, la plus grande sélection de produits offerte par une chaîne d’épicerie au pays.


M. Gallo a précisé que Whole Foods n’a pas consulté ses fournisseurs au sujet de sa décision, et qu’ils ont été informés que peu de temps avant son annonce officielle. Il a dit que Whole Foods se
réjouissait de travailler avec ses fournisseurs sur la mise en place de cet étiquetage.


Posté par rusty james  - OGM,Nanotechnologie,

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