Le Nouveau Paradigme

Le Nouveau Paradigme

Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Carnaval: Rio jonchée de déchets avec une grève des éboueurs

Publié par David Jarry - Webmaster sur 7 Mars 2014, 07:22am

Catégories : #Environnement

Les éboueurs de Rio de Janeiro, sous escorte policière pour les protéger des grévistes, ont commencé à nettoyer les rues jonchées de déchets alors que la plage emblématique d'Ipanema restait jeudi une décharge à ciel ouvert.

Au bout de cinq jours de Carnaval et d'amoncellements qui jurent avec l'image de la "Cité merveilleuse", le maire de la ville, Eduardo Paes, a décidé de faire accompagner 300 camions de ramassage d'ordures par la garde municipale.

Il a assuré que la majorité des éboueurs s'étaient présentés à leur poste depuis samedi, début de la grève sauvage, mais ont été "empêchés de travailler sous la contrainte", pour expliquer l'état des rues de Rio.

 

Le maire a même parlé de bus d'éboueurs interceptés par des hommes armés alors qu'ils se dirigeaient vers le Sambodrome, dont les alentours étaient particulièrement sales.

Les grévistes réclament depuis samedi une revalorisation de leur salaire pour le porter, prime incluse, à 1.680 reais (522,89 euros), alors que l'accord entre la compagnie municipale de nettoyage (Comlurb) et le syndicat prévoit 1.224,70 reais (381,18 euros) en début de semaine.

 

Jeudi, plusieurs quartiers avaient cependant été nettoyés, par exemple Copacabana, Botafogo, le Centre, Lapa ou le secteur portuaire, comme s'en est félicité la Comlurb, parlant de "grande amélioration par rapport aux derniers jours".

 

"Dans la Zone Ouest, il y a eu des problèmes d'assiduité dans quelques postes de travail, a-t-elle noté également. En début de matinée, des incidents ont été enregistrés à Recreio dos Bandeirantes et Pedra de Guaratiba, avec des dégradations de véhicules qui ont nui au travail programmé dans le secteur".

La Comlurb avait annoncé le licenciement de 300 "garis" (éboueurs), mesure annulée par le maire pour ceux qui reviendraient au travail jeudi. Mais il reste des jusqu'au-boutistes, qui comptent débrayer jusqu'à satisfaction de leurs revendications.

 

- Le Carnaval et la Coupe - 'Pas le vrai Brésil !' -

 

Une manifestation dans l'après-midi au coeur de la ville a rassemblé environ 300 éboueurs, qui ont hué le maire, la Comlurb et le syndicat, qui s'était dissocié de l'action dès samedi.

"Le Carnaval et la Coupe du monde, c'est pour l'image du pays à l'extérieur, mais ce n'est pas le vrai Brésil !", a lancé un intervenant au micro, avant que tous n'entonnent le slogan des manifestations: "Il n'y aura pas de Coupe !"

Comme dans la Zone Ouest, il y eut un incident à Ipanema, à la plage sélect qui restait ce jeudi, tout comme l'avenue attenante, jonchée de déchets divers, à terre ou en gros tas autour de poubelles remplies.

Les employés d'une compagnie de sous-traitance venus nettoyer Ipanema ont été empêchés de le faire par une trentaine de grévistes, ont confirmé à l'AFP plusieurs riverains, travailleurs locaux et membres des forces de l'ordre.

"Ils ont manifesté, ont poussé des cris, et ceux qui travaillaient sont partis", a résumé Vanderleia Martins, un kinésithérapeute carioca. Selon certaines sources, des gardes municipaux, trop peu nombreux et non armés, ont assisté impuissants à la scène ; d'autres ont dit qu'aucune escorte n'était présente. La Comlurb, sollicitée par l'AFP à propos de cet épisode, n'a pas souhaité répondre.

Un camion de la Comlurb marqué "Collecte sélective" ramasse toutes les poubelles de l'avenue qui longe la plage. "On doit donner un coup de main, et on fait ça comme des voleurs, à toute vitesse, à cause des grévistes, confie un employé sous couvert d'anonymat. Mais je n'en pense pas moins. Ils se battent pour nos droits et nos salaires".

Les travailleurs locaux sont partagés. "Ce n'est pas très bon pour le tourisme", estime le barman Alex de Oliveira (26 ans). "Je les comprends, ils gagnent trop peu pour le travail qu'ils font", avance pour sa part José Rodrigues, employé d'une baraque de plage.

Sous la pluie et les nuages, Ipanema est méconnaissable. "C'est très moche !, regrette Guillermo Mullins, un Chilien de 62 ans en vacances avec son épouse. Grève ou pas, Rio est toujours sale. C'est un problème d'éducation et de culture. Ca ne nous donne pas envie de revenir".

 

 Yann BERNAL | Agence France-Presse 

NP-le-nouveau-paradigme-copie-1

Commenter cet article

Nous sommes sociaux !

Articles récents