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Coup fatal pour l’écosystème: Invasion des crabes royaux en Antarctique

Publié par Dav sur 17 Décembre 2012, 14:53pm

Catégories : #Environnement

Les eaux de l’Antarctique se sont réchauffées, principalement ces 50 dernières années. Ce réchauffement a engendré une invasion de crabes royaux sur le plateau continental. Particulièrement friands d’invertébrés, ils dévastent l’écosystème de cette région.

 

En février 2010, le submersible Genesis arpentait les fonds marins de la péninsule Antarctique. Sur les 11 lieux visités, 10 grouillaient de vie. Les invertébrés étaient principalement au rendez-vous : les lys de mer, les ophiures et les concombres de mer, toutes ces espèces étonnantes étaient présentes en abondance. Mais sur le 11e site, le bassin de Palmer, tous étaient absents. Un paysage sous-marin de désolation figurait à la place. La raison ? Les chercheurs n’ont pas tardé à la trouver : la caméra de Genesis a d’abord détecté un crabe royal (Paralithodes camtschaticus) qui cherchait tranquillement des vers ou des crustacés pour son repas. Puis un autre apparut sur la caméra, puis encore un autre… Une analyse de Craig Smith, l’initiateur de cette mission, suggère qu’il y en aurait déjà 1,5 million dans ce bassin.

 

Sven Thatje, chercheur au National Oceanography Centre de Southampton, a étudié le seuil de tolérance de vie des crabes royaux. Il estimait qu’ils ne pouvaient survivre qu’au nord à 2.000 m de profondeur où l’eau est 1 à 2 °C plus chaude. Mais, quelques mois plus tard, son équipe s’est rendue en Antarctique pour traquer la pente continentale. Sur 100 km, à l’embouchure de la fosse Marguerite, 150.000 photos capturées ont révélé la présence de centaines de crabes entre 2.300 et 830 m de profondeur. Des spécimens ont même été retrouvés à 500 m de profondeur, sous la glace de mer, où il était jusqu’alors supposé qu’ils ne pouvaient pas résister. « Ces crabes se sont reproduits [dans une eau] à 1 °C. Ils étaient à la limite physiologique que j’avais prévue », explique Sven Thatje. Les crabes ont envahi l’Antarctique, « on parle de plusieurs millions de crabes », insiste James McClintock, l’un des collègues de Sven Thatje.

 

Un crabe royal capturé par la caméra du submersible Genesis. Il est ici en train de se nourrir. © Craig Smith, RCMG

 

 

En raison de ses températures extrêmes, l’Antarctique est depuis 30 millions d’années un milieu incompatible avec la survie des crabes. Le continent s’est détaché de l’Amérique du Sud voilà 40 millions d’années, événement qui a donné naissance au courant circumpolaire. Celui-ci a rapidement isolé l’inlandsis de l’air chaud et l’a plongé dans un hiver permanent. Mais ces conditions extrêmes sont en train d’évoluer : l’océan Austral s’est réchauffé, permettant aux prédateurs d’envahir et dévaster la faune du lieu.

 

L'océan Austral se réchauffe plus vite depuis 50 ans

 

Sur le continent, les vents d’ouest se renforcent. Le trou d’ozone et le réchauffement atmosphérique impliquent en outre une intensification du courant circumpolaire. Ces modifications climatiques ont pour effet de faire remonter les eaux de 4.000 m de fond jusqu’au plateau continental. Ces eaux sont plus chaudes, plus denses et plus salées que l’eau en surface. Sur le côté ouest du continent, précisément là où les crabes envahissent le plateau continental, des capteurs de température et de vitesse du courant ont été placés. Les résultats montrent que le processus de réchauffement est particulièrement insidieux : le courant circumpolaire contourne le plateau continental et s’engouffre dans la fosse Marguerite. Mais environ une fois par semaine, un tourbillon d’eau chaude de 100 km3 perturbe le processus. Il entre en collision avec le courant circumpolaire et se déverse sur le plateau continental.

 

Delphine Bossy, Futura-Sciences

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Drovitch 23/11/2013 13:32


Article interressant, mais Est-ce normal qu'il faille surligner le texte pour le lire ?

Isa 17/12/2012 21:48


N'y aurait-il pas une occasion de pêcher ces crabes "nuisibles" dans ces régions? D'habitude l'humain est nuisible quand il pêche intensivement dans des zones sensibles, mais c'est là maintenant
qu'il faudrait agir. Ouais, ça nécessite des moyens de se déplacer jusque là, mais puisqu'ils en veulent tant, ces rapaces! Une manière d'équilibrer un peu la situation. Mmm, des crabes géants à
manger... miam miam!

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