Le Nouveau Paradigme

Le Nouveau Paradigme

Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Dans dix ans la forêt primaire aura disparu!

Publié par Dav sur 23 Novembre 2011, 11:03am

Catégories : #Environnement

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 Le botaniste Francis Hallé, spécialiste des forêts tropicales, fait partie de l'aventure du film «La forêt des pluies» de Luc Jacquet...

Il a dédié sa vie aux forêts primaires. Le botaniste et biologiste Francis Hallé a co-écrit le scénario de La forêt des pluies, le prochain film de Luc Jacquet. Passionné par la vie végétale, fasciné par la beauté des forêts équatoriales, Francis Hallé nous fait part de son inquiétude pour les forêts qui reculent à pas de géant.

>> Retrouvez l’interview vidéo de Luc Jacquet et les premières images du film par ici. A suivre sur 20minutes.fr, le blog du tournage qui commencera fin novembre en Afrique équatoriale.

D’où vient votre passion pour les forêts tropicales?

De leur fréquentation. C’est le sommet de la biodiversité mondiale: plantes, animaux, insectes, toutes les formes de vie y sont plus abondantes que dans les forêts européennes, et c’est très beau. Cette beauté a beaucoup frappé Luc Jacquet. Cette nature intacte est l’antidote parfait aux dégradations de notre environnement.

Pourquoi s’être lancé dans l’aventure de ce film?

Nous nous sommes rencontrés un peu par hasard Luc et moi, et nous avons convenu que cela devenait urgent de faire un film: dans dix ans, on ne pourra plus le faire car il n’y aura plus de forêt primaire. On aimerait déclencher une prise de conscience dans le grand public pour arrêter la déforestation. La réalité est très triste: il y a quarante ans, il n’était pas question de déforestation, on ne pensait pas voir le bout de ces forêts. Les endroits que j’ai visités il y a dix ou vingt ans et où je vais retourner risquent d’être déforestés, il faut prendre des bateaux et marcher pendant des jours pour espérer trouver une forêt intacte, primaire comme on dit. Je ne suis pas très optimiste car les intérêts financiers sont énormes.

Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur les forêts tropicales?

L’exploitation du bois essentiellement, l’agriculture, la recherche minière, l’élargissement des villes, la construction d’autoroutes… Tout ce qu’on appelle le «développement». En Asie, c’est pratiquement trop tard pour sauver la forêt primaire. En Afrique et en Amérique du Sud, c’est encore possible, mais il va falloir aller très vite.

Que peut-on encore faire aujourd’hui?

Un film précisément! Quand j’étais jeune, le film de Cousteau Le monde du silence a ouvert les yeux du public sur la beauté de ce qu’il y avait sous la mer et a lancé l’océanographie. On aimerait que ce soit pareil: on connaît mal les forêts équatoriales, on n’a jamais vu leurs merveilles. Ce film est une aventure très exaltante car c’est la dernière chance. Nous allons travailler animés d’un sentiment d’urgence. Et si ce film ne peut pas sauver les forêts, il servira au moins de témoignage sur ce qu’il y avait.

Quel enjeu représentent ces forêts pour les hommes?

Je ne me place pas dans cette problématique des raisons utilitaires pour sauver les forêts. Il faut plutôt se demander pourquoi on aurait le droit de les détruire. C’est notre patrimoine commun. Bien sûr, toute préservation excessive est vouée à l’échec, il faut que les gens qui habitent dans les forêts puissent continuer à y vivre. Mais il faut arrêter les abattages et les constructions en faisant pression sur les industriels, notamment sur les Français qui y sont très nombreux.

 

Propos recueillis par Audrey Chauvet 20minutes.fr
B-calendrier-maya-completDav  "2012 un nouveau paradigme"
 

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lasorciererouge 26/07/2012 23:17


Même protégée, la biodiversité des forêts tropicales est en déclin


 


Une étude de la James Cook University (Australie) publiée par le journal scientifique Nature rapporte que la biodiversité des forêts tropicales continue de décliner. Et ce,
malgré son statut protégé.





La forêt tropicale, c'est le dernier
bastion pour des centaines d'espèces menacées d'extinction. "Mais la perturbation de leur habitat au travers de la chasse et de l'exploitation forestière est un signe annonciateur d'un déclin
futur", ont souligné les auteurs de l'étude parue dans le journal scientifique Nature. Or, "cette perturbation des forêts tropicales met en péril la biodiversité mondiale, plus
que tout autre phénomène contemporain", explique l'équipe de recherche.


"De nombreuses zones protégées dans les tropiques sont vulnérables à l'invasion humaine ou à d'autres pressions
environnementales". En effet, les forêts tropicales sont considérées comme les zones les plus riches en biodiversité de toute la planète. Pour évaluer l'état des zones protégées dans le
monde, les scientifiques ont ainsi pris en compte des données issues de 60 zones, en se basant sur "262 interviews détaillées, se concentrant sur les biologistes de terrain et les
scientifiques environnementaux les plus confirmés, avec au moins vingt ans d'expérience".


"Notre étude a été motivée par trois grands objectifs : savoir si les réserves tropicales fonctionnent en tant
qu'arches (comme l'Arche de Noé) de la biodiversité et des processus naturels des écosystèmes. Savoir si les changements observés concordent (ou pas) dans les différentes zones
protégées, et connaître les principaux indicateurs d'un échec ou d'une réussite dans ces zones", ont précisé les scientifiques. Pour cela, l'étude s'est donc penchée sur 36 nations
tropicales en Afrique, en Asie et en Amérique du sud. avec l'idée que "protéger la biodiversité implique plus que simplement sauvegarder les réserves elles-mêmes".


"Dans de nombreux cas, les paysages et les habitats entourant les zones sont directement menacés", ont
observé les scientifiques. "Par exemple, 85% de ces zones observées ont souffert d'un déclin de la couverture forestière environnante durant les 20 ou 30 ans passés, dans le même temps, seuls
2% d'entre elles ont gagné du terrain".


Un retard écologique


L'équipe rapporte que les données ont révélé que la perturbation du cycle de la forêt, la surexploitation des
ressources fauniques et forestières ont eu un énorme impact négatif direct. Mais elle a également observé que "la pollution de l'air et de l'eau, l'augmentation de la densité des populations
humaines et le changement climatique" ont eu un effet moins marqué ou moins direct sur les forêts tropicales.


Dirigée par le Professeur William Laurance de la James Cook University en Australie, l'équipe de scientifique en a
conclu que les activités en dehors des zones protégées ont eu un impact sur la régénération de la biodiversité à l'intérieur des aires protégées. "On ne peut pas protéger l'intérieur des
forêts tout en ignorant ses environs, qui sont rapidement soumis à la déforestation, dégradés et sur-chassés", ont
déploré les scientifiques.


Ainsi, "un échec quant à limiter les menaces internes et externes pourrait condamner les réserves à un retard
écologique, à une chute du nombre d'espèces recensées, et à une érosion des processus fondamentaux d'un tel écosystème", ont conclu les scientifiques australiens.


En Birmanie, l'ouverture économique
menace la biodiversité


Soumise à un embargo et repliée sur elle-même depuis de nombreuses années, la Birmanie n'a elle que peu connu
l'implantation sur son sol de multinationales forestières ou minières. Depuis novembre 2011, son ouverture progressive à la démocratie a conduit à une renégociation de l'embargo économique et à
une potentielle levée des sanctions qui l'affecte. Si sur le plan socio-économique du développement, le désenclavement est une bénédiction, les organisations écologiques sont en alerte.


En effet, si l'implantation de multinationales se confirme, de nombreux experts internationaux craignent la fragilité
administrative du régime du président Thein Sein. Denis D. Gray pour l'agence américaine Associated Press suppose même que la corruption plutôt répandue dans le pays pourrait conduire à
certains passe-droits sur des réserves fauniques. Car sur le plan environnemental, la Birmanie a été relativement épargnée par les ravages du boom économique qui ont affecté d'autres pays
asiatiques.


La souplesse des lois birmanes attire les industries polluantes


Seuls trois autres pays au monde ont des forêts tropicales plus étendues : le Brésil, l'Inde et le Congo. La Birmanie
héberge 1.099 espèces d'oiseaux sur les 1.324 répertoriées en Asie. Or, les récifs coralliens sont très peu touchés, les rivières vierges et de nombreux gisements pétroliers inexploités abondent
au large des côtes birmanes. "Les ressources en biodiversité sont impressionnantes : elles ridiculisent tous les pays environnants", confirme Robert J. Tizard, directeur de la Wildlife
Conservation Society (WCS) de New York.


Mais une entreprise nationale, la Yuzana company, aux mains des généraux militaires, est déjà à l'oeuvre dans le
sanctuaire faunique de Hukaung Valley, considéré comme la plus grande réserve mondiale pour les tigres en 2001. Elle y a rasé des forêts pour planter de la canne à sucre et projette d'y implanter
une mine d'or.


Pianporn Deetes, du Réseau International des
Rivières, une ONG américaine, assure qu'un nombre croissant d'industries thaïlandaises doivent faire face à des lois environnementales de plus en plus dures dans leurs pays. Celles-ci
projetteraint ainsi de délocaliser leurs productions les plus polluantes en Birmanie, leur proche voisin.


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