Le Nouveau Paradigme

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Des malles retracent la vie d'une famille disparue à Auschwitz

Publié par David Jarry - Webmaster sur 26 Janvier 2014, 19:54pm

Catégories : #Société

Entreposées depuis 1945 dans les combles de la mairie du village d'Auvillar, une quinzaine de valises n'avaient jamais été réclamées. Elles appartenaient à une famille juive qui a péri à Auschwitz.

 

Des vêtements pliés dans une des valises des Kurzweil. A gauche, Bruno, Gisela et Adèle Kurzweil en janvier 1942. (Photos DR et Collection Pascal Caïla) Des vêtements pliés dans une des valises des Kurzweil. A gauche, Bruno, Gisela et Adèle Kurzweil en janvier 1942. (Photos DR et Collection Pascal Caïla)
 

 

Adèle Kurzweil avait 17 ans. Sur sa photo d'identité en noir et blanc, elle a les cheveux longs, les lèvres boudeuses, et un regard songeur qui ne fixe pas l'objectif. Le 26 août 1942, au petit matin, la jeune fille a été rafée avec ses parents à Auvillar, un village de Tarn-et-Garonne. Déportés, ils mourront gazés à Auschwitz. Ils auraient pu disparaître à jamais des mémoires, mais l'acharnement de quelques-uns en a décidé autrement.

"En avril 1990, alors que je faisais ma maîtrise d'histoire, j'ai assisté au camp de Sept fonds, dans le département, à l'inauguration d'une plaque à la mémoire des enfants juifs qui y avaient été emprisonnés pendant la guerre", raconte Pascal Caïla, aujourd'hui âgé de 47 ans. A cette occasion, cet étudiant apprend que, depuis 1945, des malles, entreposées dans une mairie du département, n'ont jamais été réclamées par personne. Il mène l'enquête et aboutit à cette place forte d'Auvillar, où, dans un réduit de l'hôtel de ville, une quinzaine de malles prennent la poussière.

 

L'historien en fait l'inventaire avant de les refermer

 

Le 6 juin suivant, en présence de deux membres de la communauté juive de Montauban, et du secrétaire de mairie, les malles, ayant appartenu aux familles Roth et Kurzweil, arrêtées à la fin de l'été 1942 par les gendarmes du régime de Vichy, sont ouvertes. L'historien en fait l'inventaire avant de les refermer. Aujourd'hui, elles sont stockées dans le grenier des parents de Pascal Caïla, qui a accepté de les rouvrir pour "le Nouvel Observateur ".

La famille Kurzweil avait fait ses bagages avec soin. Des vêtements méticuleusement pliés portent encore le ticket de teinturerie. Les chapeaux de feutre dorment dans leur carton et les chaussures sont bourrées de papier journal pour éviter qu'elles ne se déforment. Il y a aussi de délicats bas de femme à couture dans une enveloppe de papier bleu, du linge de corps cousu à la main, un maillot de bain une pièce en laine bleu marine...

Des garde-robes pleines de charme, même si elles ont été attaquées par les mites. Ces bagages contenaient aussi des papiers et des livres que Pascal Caïla a conservés ailleurs. "Les documents de la famille Kurzweil étaient si riches que j'ai pu en reconstituer l'histoire", explique-t-il ("Adèle Kurzweil ou le destin brisé d’une famille juive entre Auvillar et 2013 dans la revue "Arkheia" n° 27).

 

Correspondances, dessins,photos, sauf-conduits, récépissés...

 

Lettres, photos, reçus, petites annonces, certificat de domicile retracent la vie d'une famille ayant vécu à Graz en Autriche dans les années 1930. Le mari, Bruno Kurzweil, militant socialiste, travaillait comme avocat. Un cliché montre l'épouse Gisela, une jeune femme élégante, devant la porte de la maison. On les voit en vacances sur une plage en Croatie.

En 1938, ils sont à Paris, où, fuyant le nazisme, ils se sont réfugiés. La famille s'adapte aux nécessités. Bruno apprend le français à la Sorbonne tandis que Gisela passe un diplôme d'esthéticienne. Adèle, leur fille, est pensionnaire à Montmorency avec d'autres enfants autrichiens. "Mon enfant chéri", "mon petit trésor", lui écrit sa mère en allemand, de son écriture penchée, pour tenter de rassurer l'enfant qui meurt d'inquiétude : son père passe l'hiver dans un camp de rétention près de Paris.

 

De Montauban à Auvillar via Marseille

 

En juin 1940, la famille échoue à Montauban, Adèle va au lycée Michelet. Elle dessine et rêve de devenir styliste. "Je me demande souvent, que serions-nous devenus, sans cette qualité de pouvoir imaginer l'avenir et d'améliorer le présent que nous avons", écrit-elle dans une composition presque sans fautes de français. Son père tient à rester en règle avec l'Etat français. Il garde les sauf-conduits, les récépissés de la gendarmerie sur le recensement de juin 1941 où il a été répertorié en tant que juif. Et continue d'aider des réfugiés socialistes autrichiens à émigrer aux Etats-Unis.

 

Mais lui aussi veut quitter la France, comme en témoignent plusieurs documents tapés à la machine sur la façon de gagner l'Amérique via Marseille. Une fois, il y emmène même toute sa famille. Sur la Canebière, Adèle observe "la mer noire et brillante qui envoie ses vagues mourir sur les sables de la côte". Une correspondance avec le consulat du Mexique atteste des démarches pour émigrer, de plus en plus fébriles. Une lettre de décembre 1941 indique que les visas demandés sont prêts. Une autre de mars 1942 avertit, sans explication, qu'ils ne le sont plus. 

 

Deux mois plus tard, la famille se retrouve assignée à Auvillar. "Je suis dans une situation bien alarmante et très chargée de travaux de préparation", écrit le père à l'aube du 26 août dans une lettre qui ne sera jamais expédiée. Ce même jour, dans leur petit appartement en face de la tour de l'Horloge, ils sont arrêtés par les gendarmes...

 

Le patient travail de Pascal Caïla a sauvé cette famille juive autrichienne de l'oubli. En 1994, Monique Lagard, professeur d'histoire du lycée Michelet de Montauban, a organisé une exposition sur le nazisme autour de la vie d'Adèle. Hanna Papanek, professeur à Harvard, a, pour sa part, écrit sur la jeune fille, dont elle était l'amie à Montmorency.

A Auvillar, un couple franco-allemand a repris le flambeau : Gerhard Schneider et sa compagne Marie-José. Dans l'association culturelle qu'ils animent, Bruno, Gisela et Adèle ont fini par leur devenir très proches. Ainsi s'est instaurée, selon Marie-José, une sorte d'"amitié posthume".

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/

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Commenter cet article

gwendal 28/01/2014 02:10


@cervesia, non il n'est pas du tout pourri


Autant je compatis largement pour ce que les juifs déportés et/ou morts ou rescapés ont subit, autant il n'est pas normal qu'ils soient toujours mis en avant sachant que hittler avait commencé
par déporter beaucoup de non juifs


Bien qu'ayant des ancêtres juifs, je ne supporte plus cette manipulation de l'histoire ...qui ferait croire qu'il n'y aurait qu'eux qui aient été des victimes


Sais-tu, par exemple, que quasi aucun juif francais n'est mort


Sais-tu pourquoi seuls les juifs non francais étaient déportés de france


Saistu que les juifs de france ont participé a déporter des juifs non francais en collaborant avec le régime de vichy


Il y a tant de choses qui ne sont pas enseignées à l'école, que s'en est écoeurant


Je suis content que les juifs de ma famille (résistants ...et l'un d'eux était tellement inconscient qu'il utilisait sa vraie identité ...personne ne pensait qu'il survivrait à cette guerre) aient réussi a s'en sortir, et le fait de savoir qu'aucun d'entre eux
n'était (à priori) collabo des déportations des autres juifs me soulage beaucoup, mais ça n'enlève rien au fait que tout ce que je dis est réellement arrivé


Mon premier commentaire avait seulement pour but de dire: "il n'y a pas eu qu'eux" ...et c'est tout Et en plus,
ça fait 70 ans que c'est fini! Il y en a marre d'entendre encore tout ça! On est passé au 3ème millénaire ...alors cessons de nous faire du mal, et en avant vers un monde meilleur

cervesia 27/01/2014 12:08


gwendal ton commentaire est pourri....

ummite 27/01/2014 11:51


pauvres gens , ils ont pas eu le temps de s'enfuir devant ces ordures de sionistes nazis , certains ont eu cette chance
, mais fallait être avertis par des amis , mais cela ne fut pas le cas pour tous car le secret était bien gardé par ces criminels .


tiens  pour information :


si vous voulez réellemnt tout savoir sur les responsables de ce génocide :


PROJET OCTOGON. vous allez en savoir à tomber sur le cul !

gwendal 27/01/2014 01:05


Autre titre possible: "Un balluchon troué par les mittes retrace la vie d'une famille tzigane disparue dans les camps nazi"...


Heu non ...ça, ça n'arrivera jamais car ces pauvres gens ne font pleurer personne, puisqu'ils ne sont pas du peuple auto-proclamé élu ...et martyr pour l'éternité


Une idée de lecture pour ceux qui ne savent pas: "Des juifs dans la colaboration" (UGIF=CRIF)

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