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Description de la technique d’approche du moustique affamé et mortel

Publié par Dav sur 11 Mai 2013, 19:40pm

Catégories : #Sciences

 

 

moustique23

 

Les moustiques vecteurs du paludisme s’approchent avec prudence avant d’atterrir sur la peau humaine pour la percer. Juste avant qu’un moustique se pose, il réagit à la fois aux odeurs et à la chaleur dégagée par le corps humain.

Des chercheurs de l’Université de Wageningen (Pays-Bas) sont arrivés à cette conclusion après avoir étudié des images obtenues par des caméras infrarouges. En soit, le fait que le moustique nous traque par notre odeur, par le dioxyde de carbone que nous expirons n’est pas nouveau pour le Guru vous n’avez qu’à consulter son article “sur les préférences humaines du moustique”, mais cette recherche apporte beaucoup plus de détails sur cette technique couplée avec la chaleur employée par ce suceur de sang.

La plupart des moustiques vecteurs du paludisme préfèrent le sang humain. Ils volent dans l’obscurité (même par pluie battante) tandis que leur victime dort. Afin de localiser leur cible, ils se concentrent sur les traces de dioxyde de carbone libéré par tous les animaux, et sur les odeurs humaines caractéristiques. À une distance de 1,5 m de leur hôte, ils suivent principalement les odeurs corporelles. Juste avant leur atterrissage, cependant, la chaleur rayonnant à partir du corps humain joue également un rôle important.

Les chercheurs et techniciens de l’Université de Wageningen se sont aidés d’enregistrements vidéo et des analyses automatisées d’images 3D pour préciser la façon dont les moustiques trouvent leur hôte.

Afin d’étudier le comportement de chasse des moustiques, les chercheurs ont placé les insectes dans un obscur tunnel de vent mesurant 60 par 60 cm et d’une longueur de 1,6 m. Le courant d’air était a une température et une humidité constante, et à une vitesse de 20 cm / seconde. Le vol de chaque moustique (Anopheles gambiae) dans le tunnel a été filmé par des caméras infrarouges.

 

Schéma du dispositif, à partir de l’étude (lien plus bas)
 

tunnel de vent Université de Wageningen

 

Lorsque les odeurs humaines étaient absentes, les moustiques ont continué à voler dans le vent à travers le tunnel. Dès que les chercheurs ont ajouté une odeur dans le flux d’air, les moustiques ont suivi un parcours complexe pour remonter à la source, et cela a pris environ deux fois plus longtemps sans odeurs. L’ajout d’une source de chaleur (34°C, la même que la peau humaine) a également doublé la durée de la recherche et a été crucial pour trouver la source de l’odeur. L’ajout de chaleur a causé la trajectoire de vol à changer radicalement lorsque les moustiques se sont rapprochés de la source (environ 20 cm) . L’odeur utilisée est celle des pieds humains, qui attire les moustiques, mais aussi leurs prédatrices, les araignées vampires.

Ci-dessous, trajectoire de vol des moustiques testés : A – C : Sans indices, les moustiques ont volé contre le vent. D – F Avec la chaleur, les vols étaient courts et directs. G – I : en revanche, la présence de l’odeur humaine a engendré un modèle de vol beaucoup plus complexe. Les moustiques qui ont atterri près du centre de l’écran contre le vent, dans un cercle d’un diamètre de 5 cm, ont été enregistrés comme ayant atteins la source.
 

piste-moustiques Université de Wageningen

 

Le mécanisme exact de l’atterrissage sera l’objet d’une future enquête.

Cette recherche démontre que l’interaction entre l’odeur et la chaleur est efficace pour amener les moustiques vers leur proie. Cette étude est la première à rendre “visible” le comportement en vol du moustique dans l’obscurité et il démontre que les insectes s’orientent très bien vers leur hôte pendant la nuit. Cette découverte signifie que les pièges à odeurs existantes peuvent être amplifiés, par exemple, en ajoutant une source de chaleur, ou en changeant la position de l’amorce par rapport à l’ouverture de la trappe. C’est l’un des moyens de lutte contre le paludisme, encore une maladie grave qui affecte des millions de personnes dans de grandes parties du monde.

Leur recherche a été publiée dans la revue scientifique PLoS ONE ce mois-ci : A 3D Analysis of Flight Behavior of Anopheles gambiae sensu stricto Malaria Mosquitoes in Response to Human Odor and Heat.

 

GURUMED

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