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Dix ans après, le procès de la marée noire du Prestige ouvre en Espagne

Publié par Dav sur 16 Octobre 2012, 21:12pm

Catégories : #Société

Environ 50.000 tonnes de fuel se sont échappées de la coque du Prestige polluant le littoral espagnol, portugais et françaisLes plages et les rochers se sont retrouvés complètement souillés par des boulettes de pétrole venant du PrestigePlus de 300.000 volontaires venus de toute l'Europe ont dû participer pendant des semaines au nettoyage des plages souillées par le pétrole du Prestige

Aujourd’hui, dix ans après le naufrage du Prestige, s'ouvre le procès de la plus grave marée noire de l'histoire de l'Espagne.

Le 13 novembre 2002, le Prestige, un pétrolier libérien battant pavillon des Bahamas, était victime d’une tempête au large de la Galice dans le nord-ouest de l'Espagne. Après avoir dérivé pendant six jours, le pétrolier finissait par se casser en deux et coulait, à 250 kilomètres des côtes, par près de 4.000 mètres de fond. En quelques semaines, environ 50.000 tonnes de fuel (sur les 77.000 que contenait le cargo) s’échappaient de la coque, polluant le littoral espagnol, portugais et français, sur des milliers de kilomètres. A l’époque, plus de 300.000 volontaires venus de toute l'Europe avaient participé au nettoyage des plages et des rochers souillés.

 

Une étude scientifique, publiée en 2010 a d’ailleurs montré que les pêcheurs ayant participé au nettoyage de la pollution présentaient des modifications de leur ADN et des problèmes pulmonaires. Dix ans plus tard, le Tribunal supérieur de justice de Galice a entendu les dépositions de 133 témoins et d'une centaine d'experts et le procès est sur le point d'ouvrir. L’ampleur de l'affaire est telle qu’il a fallu aménager exprès le Parc des expositions de La Corogne. Quatre accusés vont être jugés : le commandant grec du pétrolier, Apostolos Mangouras, maintenant âgé de 78 ans ; le chef mécanicien, Nikolaos Argyropoulos, grec lui aussi ; l'officier en second philippin, Ireneo Maloto (qui, à ce jour, n'a pas été localisé) ainsi que l'ex-directeur de la Marine marchande espagnole, José Luis Lopez-Sors, qui avait décidé de faire éloigner le pétrolier de la côte alors qu'il perdait des milliers de tonnes d'hydrocarbures.

 

Le tribunal les entendra à partir du 13 novembre, date anniversaire de la catastrophe et il rendra son verdict en mai 2013. Pour l’heure, auront lieu aujourd’hui les premières journées consacrées aux questions préliminaires. En tout, 1.500 plaignants se sont regroupés en 55 parties civiles. Le montant des dommages demandés s'élève à plus de 2,2 milliards d'euros, bien que le préjudice ait été chiffré à 4,121 milliards d’euros (3,862 milliards pour l'Etat espagnol, 86,36 millions estimés pour l'Etat français et 172,86 millions estimés pour diverses administrations et particuliers espagnols).

Des absents parmi les accusés

 

Le parquet a réclamé 12 ans de prison à l'encontre du commandant, poursuivi comme les deux autres officiers pour atteinte à l'environnement et à un espace naturel protégé. Mais les organisations écologistes estiment que les leçons de la marée noire n'ont pas été tirées et que les véritables responsables seront absents. "Il est évident qu'il manque des gens sur le banc des accusés", affirme Jaime Doreste, avocat et membre du groupe de défense de l'environnement Ecologistas en Accion.

Il estime notamment que le directeur de la Marine marchande, seul responsable des pouvoirs publics inculpé, n'avait "pas agi de manière unilatérale, que la chaîne de décisions était arrivée jusqu'à des responsables politiques plus haut placés". L'avocat cite également l'absence parmi les accusés de la société de classification ABS, qui avait déclaré le navire apte à la navigation.
L’ONG trouve également inadmissible que les pétroliers à coque simple comme le Prestige continuent à naviguer avec les risques environnementaux que cela suppose. Car si les navires ont été remplacés aujourd’hui par des navires à double coque depuis 2009, ceux à coque simple sont toujours autorisés par l'UE jusqu'en 2015.

 

"Nous devons crier "plus jamais", nous nous demandons quand seront prises les mesures pour éviter réellement que cela se reproduise", tempête le coordonnateur de campagne de Ecologistas en Accion, Theo Oberhuber.

 

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