Le Nouveau Paradigme

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Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


– Droit à la propriété du corps –

Publié par Dav sur 5 Août 2013, 06:22am

Catégories : #Société

Affirmer des raisons positives
au refus du prélèvement d’organes

 

Peut-être l’ignorez-vous, mais le prélèvement d’organes en France repose, depuis la loi Caillavet, sur le principe du consentement présumé : vous êtes un donneur d’organes potentiel à moins de vous y opposer en vous inscrivant au Registre National des Refus.

Cette loi spéciale considère que votre corps ne vous appartient pas, sauf si vous faites respecter votre « droit à la propriété du corps ».
Vous conviendrez que ceci est déjà un problème. Mais il y a plus.

Par les termes employés dans son formulaire, le Registre National des Refus considère qu’il n’y a que des raisons égoïstes et indignes à s’opposer au prélèvement de nos organes. Ce formulaire énonce les faits clairement : si vous ne voulez pas donner vos organes, c’est que vous refusez de « soigner les malades ». Cela suppose que vous vous mettez, de fait, en position de « non-assistance à personne en danger ».

Formulaire du Registre National des Refus de prélèvements
Formulaire officiel du Registre National des Refus

Par ce formulaire, il n’est laissé aucune liberté à l’individu de refuser un prélèvement d’organes pour raison de conscience, quels qu’en soient les motifs. Déclarer un individu hostile à la guérison d’autrui parce qu’il s’oppose au dépeçage de son corps est tendancieux et constitue un abus de langage.

Imaginons un Etat qui pousserait l’idée de solidarité jusqu’à l’absurde, exigeant que chaque citoyen qui refuserait de donner de l’argent aux déshérités se déclare à un « bureau des refus de dons aux pauvres » : « Je m’oppose à ce qu’on distribue de l’argent aux malheureux car je ne veux pas qu’ils mangent à leur faim ».
Que penser d’un tel chantage ?

Imaginons encore un Etat totalitaire qui imposerait l’adhésion des gens au Parti Unique, exigeant que les récalcitrants se déclarent à un bureau des refus d’adhésion : « Je refuse d'adhérer au Parti Unique car je je désire la destruction de l'Etat ainsi que celle de ses fonctionnaires ».

Ou bien imaginons encore que la France décrète que toute personne circulant sur son territoire doit prêter serment de fidélité à la République une et indivisible. Il y aurait bien un bureau des refus, attestant que nous sommes encore dans une sorte de démocratie, mais les formules du refus seraient aussi tendancieuses que celles-ci : « Je refuse de prêter serment de fidélité à une France que je déteste, à son Etat illégitime et à son peuple de veaux ».

Abandonnant leurs principes ancestraux, les religions considèrent que le don d’organe est justifié, mais cela n’autorise pas l’État à l’imposer aux personnes dont les convictions divergent de celles des confessions reconnues.

Le Grand Orient de France, où la loi Caillavet a été pensée, confirme que le corps est la propriété inaliénable de la personne humaine : « Nous rappelons le principe que chacun est propriétaire de son corps » (F. Capaldi, Grand-Maître adjoint du GODF, 2013) 

Le principe du consentement présumé ne peut être un marchandage à la manière du formulaire, qui prétend affirmer à notre place la raison de notre opposition : « Je m’oppose à tout don d’éléments de mon corps pour soigner les malades ! »

Cette menace est dissuasive pour ceux qui ne voudraient pas figurer sur une liste noire de « méchants » s’opposant à ce que l’on soigne les malades.

Un individu est en droit de refuser qu’on charcute sa dépouille sans être pour autant hostile à la médecine. Mais le formulaire insiste : « Je m’oppose à tout don d’éléments de mon corps pour aider la recherche scientifique ! » Il s’agit là d’un chantage indigne de l’administration française.

L’Etat, la science et les Eglises ne peuvent imposer leur choix quant à la destination ultime de notre corps, si l’on croit que l’organisme est le support de la conscience, et que celle-ci lui demeure liée un certain temps après le décès.

Bien que la science ne puisse admettre ces raisons – qui sont pour elle de l’ordre de la superstition – elle doit respecter la liberté de conscience, car elle n’est pas en mesure de prouver si l’âme existe ou n’existe pas et si les organes du corps sont des constituants de l’âme ou de simples éléments matériels interchangeables.

Dans un Etat laïc, respectueux de la liberté de conscience, on ne peut affirmer le pour ou le contre dans le domaine de la métaphysique sans verser dans une idéologie partisane et totalitaire. Le principe de tolérance envers toutes les croyances doit donc être respecté.

Si vous souhaitez refuser le prélèvement d’organes tout en manifestant les raisons positives de votre refus, téléchargez la lettre-type à adresser au Registre National des Refus, ainsi que le formulaire modifié.

 

Lettre-type à adresser au RNR (Format Word)

Formulaire modifié (Format Adobe Acrobat PDF)

 

Par ce nouveau formulaire, vous pouvez demander au Registre National des Refus de prendre note du véritable motif de votre refus : pour raison morale, au nom de la liberté de conscience, de l’intégrité et de la dignité de ma personne.

- Un citoyen

 

PS: Comme ce formulaire n'est pas officiel, nous vous recommandons de cocher « Je souhaite recevoir une confirmation de mon inscription » afin d'être sûr que votre inscription au Registre National des Refus aura bien été prise en compte.

NP le nouveau paradigme

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