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Espagne : le séisme de mai 2011 aurait été aggravé par l'homme

Publié par Dav sur 22 Octobre 2012, 12:25pm

Catégories : #Sciences

 
Le séisme de mai 2011 a causé de sérieux dégâts dans la ville de Lorca

Dans une récente étude, des chercheurs canadiens suggèrent que le séisme destructeur qui a frappé le sud de l'Espagne en mai 2011, a peut-être été favorisé par l'exploitation d'une nappe phréatique de la région.

 

La catastrophe remonte à l'an dernier. Le 11 mai 2011, un séisme de magnitude 5,1 s'est déclenché dans le sud de l'Espagne. Touchant la ville historique de Lorca, il a causé de sérieux dégâts, fait 9 morts et quelque 130 blessés. Au total, ce sont environ 15.000 personnes qui ont dû être évacuées suite à la secousse qui a endommagé 12% des édifices de cette ville au riche patrimoine. Or, selon une étude tout juste publiée dans la revue Nature Geoscience, le phénomène aurait été aggravé par l'activité humaine.

 

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs de l'Université d'Ontario Occidental au Canada ont étudié par radar la déformation du sol causée par la secousse. Ils ont alors découvert que le séisme résultait en fait du système de failles d'Alhama de Murcia. Plus précisément, la simulation que les chercheurs ont réalisé à partir des données satellite, a permis de montrer que l'essentiel de la puissance du séisme a été libérée par un glissement de seulement 20 cm d'un segment de failles d'environ 2 km sur 3 km. Mais ce n'est pas tout puisque l'étude a également permis de constater que l'épicentre coïncidait avec le site de la grande nappe phréatique du bassin de l'Alto Guadalentin, la rivière voisine.

 

Or, cette dernière a baissé de quelque 250 mètres entre 1960 et 2010 en raison de l'extraction d'eau par l'homme et cette diminution n'aurait pas été sans conséquence. Une simulation informatique suggère que cette baisse de la nappe aquifère a abouti à la rupture d'une partie de la croûte terrestre à proximité du système de failles d'Alhama de Murcia, expliquent les auteurs, Pablo Gonzalez et ses collègues. "Cette rupture a provoqué une réaction élastique de la croûte qui a accentué la pression sur la faille, la portant près du point de rupture", indiquent-ils encore.

 

Rester vigilant sur les perturbations créées par l'homme

 

"Nos résultats impliquent que les activités humaines peuvent influencer la manière et le moment auquel les séismes surviennent", précisent-ils. Toutefois, la situation reste surprenante selon certains chercheurs. "Les séismes induits par l'homme sont des phénomènes bien connus mais le modèle présenté dans cette étude est inhabituel. Le plus souvent, comme pour la géothermie, c'est l'augmentation de la pression qui accroit la contrainte sur la faille et qui déclenche le séisme. Dans leur modèle, ce n'est pas la pression qui varie mais la contrainte elle-même. C'est assez surprenant", commente ainsi pour Sipa le géophysicien François Cornet, de l'Ecole et Observatoire des sciences de la Terre de Strasbourg.

 

Néanmoins, l'exploitation pour les besoins humains de la nappe phréatique ne serait pas le seul facteur en cause. En effet, dans un commentaire séparé publié par Nature Geoscience, le géologue Jean-Philippe Avouac, de l'Institut de technologie de Californie (Caltech), estime que l'extraction d'eau a très probablement accéléré un processus naturel mais n'a pas suffi à elle seule à déclencher la secousse. Cela ne doit cependant pas minimiser la découverte.

 

"Nous devons rester vigilants sur ces perturbations induites par l'homme, en particulier pour les projets de séquestration en profondeur de CO2 qui pourraient affecter une part importante de la croûte terrestre", écrit Jean-Philippe Avouac. "Nous savons comment déclencher des séismes, mais on est encore loin d'être capables de les contrôler", souligne-t-il.

 

Émeline Ferard  Maxisciences
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