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Étude de Séralini sur les OGM : pourquoi sa méthodologie est statistiquement bonne

Publié par Dav sur 10 Octobre 2012, 18:16pm

Catégories : #Environnement

 
 
 

LE PLUS. L'étude choc sur la nocivité des OGM, à l'initiative du professeur Séralini et de son équipe, suscite des réactions houleuses : les détracteurs sont en effet nombreux à remettre en cause la validité méthodologique de ces recherches. Paul Deheuvels, membre de l'Académie des Sciences et statisticien renommé, nous explique pourquoi l'étude de Séralini est fiable.

 

Maïs OGM (CLOSON DENIS/ISOPIX/SIPA)

Maïs et OGM (CLOSON DENIS/ISOPIX/SIPA)


 

L'objet de cette tribune est d'apporter mon soutien le plus ferme à G.E Séralini, professeur à l'Université de Caen. J’ai pris connaissance du fait que le professeur Séralini avait réalisé des études comparatives ayant eu, récemment, un considérable retentissement.

 

 

À ma connaissance, ces enquêtes ont été conçues et analysées en conformité aux meilleures normes professionnelles en vigueur, et devraient être appréciées comme telles.

 

 

La durée de l'expérience : un gage de fiabilité

 

 

L'un des points les plus intéressants et innovants de ces études est qu’elles ont été menées sur des durées inhabituellement longues. C’est un fait notoire, connu des expérimentateurs, que les analyses du même genre réalisées au cours de périodes plus courtes ne sont pas aptes à détecter des effets toxiques à long terme.

 

 

Le cas particulier du développement de tumeurs relève de cette catégorie, et il n'est donc pas surprenant que les études existantes, ayant été développées sur des durées plus courtes que celle des travaux de G.E. Séralini, n'aient pas révélé, jusqu’ici, de différences significatives entre les effets des traitements.

 

 

Je considère donc que le professeur Séralini a fourni des indices très solides, propres à établir l'existence de certains effets toxiques inattendus de la part de produits considérés auparavant comme sûrs.

 

Bien sûr, il se trouvera toujours des personnes pour contester ces résultats, du fait même qu'ils sont susceptibles d'avoir d'importantes conséquences industrielles.

 

 

Leur point de vue ne pourra être soutenu qu’à la lumière de résultats d’expérience nouveaux, puisqu’il n’y a pas de doute sur le sérieux et la fiabilité des conclusions actuelles du Professeur Séralini.

 

 

Des reproches statistiques infondés : explications concrètes

 

 

On reproche, par exemple, à G.E. Seralini d'avoir réalisé son étude avec des blocs de 10 animaux cobayes, alors que l'usage le plus courant est d'en utiliser 50.

 

Cette critique est infondée. En effet, dans une étude statistique, on peut chercher soit à démontrer l'innocuité d'un produit, soit à mettre en évidence sa nocivité.

 

Prenons l'exemple d'un produit qu'on soupçonne être un poison. Si on l'administre à 5 patients et s'il y a 5 morts, il n'y a pas besoin d'aller plus loin pour décider qu'il est toxique. Si, par contre, les 5 patients survivent, cela ne veut pas dire pour autant que le produit soit inoffensif, car les 5 patients ne sont pas nécessairement représentatifs de toute la population.

 

C'est pour cette raison que les études commanditées par les entreprises qui souhaitent qu'on admette l'innocuité de leurs produits imposent que les échantillons utilisés soient d'une importance minimale.

 

 

Dans le cas présent, il est naturel d'imposer un minimum de 50 cobayes (ici, des rats) pour les analyses comparatives. C'est tout à fait différent si on recherche des effets toxiques. Dans ce cas, le fait de déceler des différences significatives sur des petits groupes (10 dans le cas de l'étude de G.E.Seralini) renforce la conclusion, au lieu de l'affaiblir.

 

 

Deux types d'erreurs dans les études statistiques

 

 

Je conclus en insistant sur le principe suivant. Dans une étude statistique, si on décèle des effets toxiques, il y a toujours un risque de se tromper, mais l'erreur, s'il y a, peut facilement être dissipée par des analyses ultérieures. En revanche, si des études ne décèlent pas d'effets, on commet généralement une faute en en déduisant que ces effets n'existent pas. Car il y a deux types d'erreurs:

 

 

1. Déceler une toxicité alors que celle-ci n'existe pas;

 

2. Admettre l'innocuité alors que la toxicité existe.

 

 

La plupart du temps, on contrôle le risque (1) (le standard est de fixer les règles de décision de sorte que sa probabilité soit fixée à 5%). En revanche, le risque (2) dépend de la taille de l'étude, et est souvent très important (40% voire 60% ou plus).

 

C'est pour limiter le risque (2) qu'on cherche à imposer des études faisant intervenir beaucoup d'expériences individuelles (ou de cobayes). Par contre, lorsqu'on décèle la toxicité, il n'y a que 5% de probabilité d'erreur, quel que soit le nombre de cobayes utilisés.

 

Édité par Gaëlle-Marie Zimmermann Le nouvel Obs

Auteur parrainé par Guillaume Malaurie

Avatar de Paul Deheuvels

Par
Membre de l'Académie des Sciences

 

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lasorciererouge 21/02/2013 21:24


Qui connaît les Plantes mutées : ces OGM qui ne disent pas leur nom ?


 





Nous sommes tous opposés aux OGM, mais qui connaît les Plantes mutées : ces OGM qui ne disent pas leur nom ?
Dépourvues d’étiquettes, ces plantes se retrouvent à notre insu dans nos assiettes.


Leur existence n’a jamais été aussi bien expliquée que dans l’article de Christophe Guyon, publié dans le numéro 144 de Rebelle-Santé en avril 2012.


Ci-joint l’article complet :


Les plantes mutées, d’un point de vue scientifique, sont bel et bien des organismes génétiquement modifiés. Pourtant les technologies utilisées pour manipuler leurs
gènes ne sont pas soumises à la réglementation sur les OGM. Résultat : les plantes mutées échappent aux études, à l’étiquetage, et se retrouvent dans nos assiettes sans que nous puissions les
repérer.


Depuis l’apparition des OGM (organismes génétiquement modifiés) dans l’agriculture, la situation était relativement simple. Il y avait d’un côté les plantes
conventionnelles et de l’autre les plantes génétiquement modifiées. Depuis peu, on découvre qu’à l’intérieur de ces OGM, il existe un groupe de variétés végétales qui avancent masquées : les
plantes mutées. En quelques années elles se sont retrouvées dans notre assiette sans que personne ne s’en rende compte. La raison à cela : elles échappent à la réglementation des OGM alors
qu’elles font bien partie de ces organismes génétiquement modifiés.


Les plantes transgéniques


Pour bien comprendre il faut revenir à la définition des OGM. Un OGM est un organisme vivant dont on a modifié de façon non naturelle ses caractéristiques
génétiques. C’est-à-dire que ses concepteurs ont ajouté, supprimé ou modifié un ou plusieurs gènes de son ADN. Les plantes génétiquement modifiées dont on parle couramment – comme le fameux Maïs
MON 810 de Monsanto – sont des organismes qui ont reçu un gène extérieur, un transgène, d’où leur nom de plantes transgéniques. Ce sont les OGM «classiques» que l’on connaît.


Aujourd’hui dans les champs on trouve majoritairement deux sortes de ces plantes transgéniques. D’abord les plantes «insecticides»comme le coton Bt ou le soja Bt.
Leur ADN a reçu un gène extérieur qui va leur faire produire en permanence une substance insecticide.


Et puis il y a les plantes résistantes à un herbicide. Dans ce cas, le gène introduit dans l’organisme le rend résistant à un produit chimique qui élimine les
«mauvaises» herbes. Dans cette famille d’OGM on trouve, par exemple, le Soja «Round Up Ready» de Monsanto qui résiste au Round Up, un puissant désherbant. L’agriculteur peut ainsi asperger ses
champs avec des tonnes de cet herbicide sans abîmer ses plantations et pour le plus grand bonheur des sociétés qui le commercialisent.


Les plantes mutées par des techniques hasardeuses


Passons maintenant aux plantes mutées. Pour les obtenir, plus question d’introduire un gène extérieur, l’idée est de modifier un ou plusieurs gènes de la plante,
provoquant ainsi une mutation artificielle. On parle alors de mutagenèse. Une des techniques consiste à bombarder aléatoirement l’ADN de la plante. (1) Pour cela, soit on soumet des graines du
végétal en question à des rayonnements (gama, UV, X etc.) soit on les met en contact avec des produits chimiques mutagènes très dangereux (hydroxylamine, acide nitreux etc.).


Dans les deux méthodes, ces bombardements aléatoires vont casser, modifier, un certain nombre de gènes de la plante (impossible à prévoir). On utilise ces produits à
forte dose, faisant mourir la moitié des plantes. Les graines survivantes sont plantées et les chercheurs observent alors si les mutations provoquent « l’amélioration »souhaitée, par exemple la
résistance à un parasite de la plante. Tant que l’objectif n’est pas atteint on recommence le bombardement. Au bout d’un moment le végétal finit par présenter le changement visé, la plante mutée
est alors reproduite pour la cultiver.


On voit bien que cette méthode – même si elle est plus complexe que présentée ici- est loin d’être une frappe chirurgicale puisqu’elle affecte plusieurs gènes dont
on ne mesure pas complètement les mutations. Finalement, il est probable qu’un ou plusieurs autres gènes, responsables d’une fonction importante, puissent avoir été endommagéssans que les
conséquences soient visiblesimmédiatement. Et même si les biologistes procèdent à un « nettoyage »de l’ADN de la plante en la croisant avec des congénères sains, le risque d’avoir une mutation
incontrôlée subsiste.


Des risques pour la santé et pour l’environnement


Les plantes mutées présentent donc des dangers de recombinaisons génétiques accrus pouvant avoir un impact sur la santé et sur l’environnement, mais elles ont, en
plus, les mêmes risques que les OGM « classiques », dont voici un rappel.


Pour la santé, il y a tout d’abord le risque toxique lié à l’ingestion des pesticides par le consommateur. Car sur un OGM résistant à un herbicide, l’agriculteur
augmente les doses de désherbant pour mieux « nettoyer »son champ. Logiquement la concentration de ce produit toxique augmente dans la plante, et donc dans l’assiette du consommateur. Il y a
ensuite le risque d’ingérer les protéines insecticides produites directement par certaines plantes OGM. Ces protéines vont, non seulement rester dans l’organisme du consommateur, mais, en plus,
s’y concentrer. Citons, parmi les autres risques, l’apparition possible de nouveaux virus pathogènes par recombinaisons virales, ou encore les effets allergisants des OGM.


Pour l’environnement, tout d’abord les champs d’OGM entraînent une accentuation de la pollution aux pesticides pour les raisons évoquées plus haut. Autre aspect
négatif, ces cultures génétiquement modifiées provoquent une réduction de la biodiversité en raison de l’agressivité de leurs caractères compétitifs vis-à-vis de la flore et de la faune. De même,
on constate déjà chez certains prédateurs l’apparition de résistances aux toxines secrétées par les OGM qui deviennent alors inefficaces. D’autre part, aucune étude n’a été faite pour mesurer
leur effet sur la faune auxiliaire comme les abeilles.


Mais l’inquiétude majeure concerne le risque de contamination des plantes voisines de même variété ou de variétés sauvages. Les OGM vont se disperser notamment par
pollinisation. Si les conditions météo s’y prêtent – un vent faible et stable – les OGM peuvent toucher des cultures situées jusqu’à 40 km à la ronde. Cette pollution condamne à terme les
cultures bio, remettant en question leur certification Agriculture Biologique. Mais ce n’est pas tout. Comme la plupart de ces espèces OGM font l’obje

lasorciererouge 15/11/2012 16:42


OGM - La contre-attaque : 140 scientifiques défendent Séralini


 


Le 22 octobre 2012, le verdict de l'Agence nationale de
sécurité alimentaire (Anses), faisant suite à ceux de l'Europe (EFSA) et d'autres autorités nationales (BfR allemand entre autres), a fait l'effet d'un KO scientifique.



Au final, l'étude publiée le 19 septembre dans une revue à comité de
lecture, n'est pas scientifiquement recevable. Ses conclusions ne peuvent, de ce fait, être acceptées. En matière de toxicité des OGM et du Roundup, tout reste à donc à faire.




© Inconnu
Gilles-Eric Séralini




Tel est, justement, le raisonnement des 140 scientifiques français
signataires d'une lettre ouverte publiée, le 14 novembre, sur lemonde.fr. La voici :

Science &
Conscience

Devant l'incroyable levée de boucliers suscitée par la publication de
Gilles-Éric Séralini et de son équipe dans le journal Food and Chemical Toxicology, nous, membres de la communauté scientifique, tenons à affirmer les points suivants.

- D'une part, les scientifiques qui se sont exprimés sur ce sujet
l'ont fait en leur nom propre et ne peuvent prétendre représenter la communauté scientifique dans son ensemble.

Le fait qu'un groupe d'une douzaine de personnes prétendant
représenter six académies ait décidé d'un communiqué commun sans débat est contraire au fonctionnement normal de ces institutions et interroge sur la vision de la science et de la technologie (et
de leur utilité sociale) ayant présidé à une telle décision (au contraire, par exemple, du débat organisé par l'Académie des Sciences dans le cadre de la polémique sur le changement climatique, à
l'issue duquel la responsabilité de l'homme a été avérée). Nous saluons sur ce point la réaction salutaire du seul statisticien de l'Académie des Sciences, Paul Deheuvels.

- D'autre part, le protocole suivi dans cette étude présente des
défauts qui font débat au sein de la communauté scientifique. Mais en tout état de cause, disqualifier le protocole suivi dans le cadre de cette étude revient à disqualifier du même coup les
données ayant fondé les décisions d'acceptation des OGM par les experts.

Il est remarquable de voir ces mêmes experts accepter (même s'ils le
critiquent parfois) un protocole expérimental quand il donne des résultats qui vont dans le sens de l'acceptation d'une technique et le démolir aussi ardemment quand les résultats vont dans le
sens opposé. Ceci est à notre avis totalement contraire à toute déontologie scientifique.

Nous affirmons donc que, si les observations en débat méritent d'être
confirmées par des expériences de plus grande ampleur, cela s'applique également aux tests qui ont servi à autoriser toutes les plantes transgéniques actuellement sur le marché. Si toute cette
histoire aboutit au moins à ce résultat, elle aura été utile.

Nous sommes profondément choqués de l'image de notre communauté que
cette polémique donne aux citoyens. L'expertise des risques pour la santé humaine ou l'environnement est une activité difficile qui doit faire face à de nombreuses incertitudes.

Beaucoup des menaces qui pèsent sur notre planète ont été révélées par
des scientifiques isolés puis confirmées par des études nombreuses venues de la communauté scientifique. En l'occurrence, il serait bien plus efficace de mettre en oeuvre des recherches sur les
risques sanitaires et environnementaux des OGM et des pesticides, d'améliorer les protocoles toxicologiques utilisés pour leur mise sur le marché et de financer

Radomir 11/10/2012 17:11


OGM pas ça !


L'AUTORITE européenne de sécurité des aliments (Efsa) dit n'être pas convaincue par l'étude de Séralini et ses rats sur l'OGM de Monsanto. Enfin, pour l'instant. Car les conclusions approfondies
devraient venir plus tard. Procédure tout à fait inhabituelle pour l'Efsa. Les experts pondent d'abord un communiqué !


Et, comme leurs petits camarades français, ces experts européens ont une indépendance à toute épreuve. La chic bande compte ainsi dans ses rangs Claudia Paoletti. La dame est notamment
cosignatrice d'un article sur les OGM, paru en 2008, avec l'expert français Marc Fellous, qui a eu les honneurs du "Canard" la semaine dernière pour ses magnifiques conflits d'intérêts. Quand aux
spécialistes extérieurs à l'Efsa, l'un d'eux, Andrew Chesson, comme l'a rappelé le "Nouvel Obs" (6/10), a participé à la rédaction de deux documents favorables au fameux maïs.


A la barbe des consommateurs européens?


"Le canard enchaîné" - jeudi 11 octobre 2012 - page 5

Radomir 11/10/2012 10:02


Maïs OGM, une belle paire d'experts.


Les scientifiques qui s'en prennent à l'étude de Séralini sur le maïs OGM sont d'une indépendance qui gagne à être connue.


Feu à volonté! On sait (voir le dernier "Canard") le ramdam déclenché par l'étude de Gilles-Eric Séralini sur le maïs OGM de Montsanto. Les snipers de l'industrie agroalimentaire n'ont pas fini
de dégainer.


"C'est du show, pas de la science", s'est étranglé, illico, dans le "JDD" Marc Fellous, professeur émérite de génétique humaine. Tandis Gérard Pascal, directeur honoraire de recherche mais
toujours chargé de mission à l'Inra, s'est répandu en déclinant un jugement sans appel dans toutes les gazettes. "Le Figaro" : "Ca ne vaut pas un clou" ; "Le Monde: " le protocole présente des
lacunes rédhibitoires" ; "Sciences et Avenir" : "je n'ai jamais vu ça. IL faut envoyer une commission d'enquête dans ce labo."


Sans préjuger des éventuelles failles de l'étude, il n'est pas inintéressant de savoir qui sont vraiment ceux qui la pourfendent avec une telle véhémence. Ainsi Fellous sort d'un procès contre
Séralini. Procès qu'il a perdu pour avoir traité, en 2010, son chère collègue de "marchand de peur" dont les "études" seraient financées "par Greenpeace". Mauvaise pioche. C'est la fondation
Mulliez, le patron d'Auchant, qui a mis 2 millions au pot pour savoir si, oui ou non, il empoisonne ses clients en leur vendant dans ses hypermarchés des aliments OGM.


Quand à Gérard Pascal, il était membre éminent de la Commission du génie biomoléculaire, dont Fellous était président jusqu'en 2007. Or, en 2004, celle-ci avait donné un avis "favorable" à la
culture expérimentale du maïs OGM NK63, celui-là même qu'a ausculté Séralini. On mesure mieux la grande indépendance de son jugement d'aujourd'hui. D'autant que les deux experts avaient conclus
que l'OGM en question ne présentait pas de "risque pour l'environnement et la santé publique". Forcément, ça énerve.


Le même Fellous est également cofondateur de l'Association française des biotechnologies végétales, l'AFBV. Un organisme très indépendant, lui aussi,  26 de ses 71 membres ayant des liens
directes ou indirectes avec les marchands d'OGM.


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                           Mauvaise graines


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Quand à l'excellent Gérard Pascal, la compilation de ses titres et travaux pour l'industrie agroalimentaire et ses lobbies ne tiendraient pas sur une carte de visite grand format. Il a travaillé
pour Nestlé, Danone, le Centre d'information des viandes. Et il est membre du fonds français pour l'alimentation et la santé et de l'Ania, le club des industriels de l'agroalimentaire. Mieux, il
oeuvre pour l'Ilsi (International Life Science Institute). Cet institut hautement indépendant est financé par près de 500 grands groupes industriels de l'alimentation, de la chimie (BASF,
DuPont), des pesticides et des OGM, dont ... Monsanto.


Nos deux esprits libres ont également reçu le soutient d'un troisième expert tout aussi exemplaire, Louis-Marie Houdebine, directeur de recherche honoraire de l'Inra. La lecture de la déclaration
publique d'intérêt de ce troisième larron est, à elle seul, un plaidoyer pro OGM. Le bonhomme est cofondateur de BioProtein Technologies, spécialisé dans les OGM animaux. Il est aussi
président  de l'association française pour l'information scientifique (l'Afis), dont le célèbre rhumatologue Marcel-Francis Kahn a claqué la porte en 2008 au motif qu'elle était "devenue une
sorte de lobby pro-OGM".


Mais de là à soupçonner cette chic bande de jugements éthiquement modifiés...


Brigitte Rossigneux


"Le canard enchaîné" - mercredi 3 octobre 2012 - page 5

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