Le Nouveau Paradigme

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Fukushima la situation reste instable, rien n'est maitrisé!

Publié par Dav sur 15 Décembre 2012, 10:22am

Catégories : #Environnement

1300 m3 d’eau contaminée auraient disparu de l’unité n°. 2 en 7 jours Publié le 14 décembre 2012

 

Le robot Toshiba à la recherche d’une fissure dans le confinement secondaire de l’unité n°. 2 ?

Un bâtiment-réacteur BWR du type de ceux de Fukushima-Daiichi se compose de deux confinements : le confinement « primaire » qui se compose du Drywell et du tore de suppression ou Wetwell et le confinement dit « secondaire » qui est simplement constitué des cloisons du bâtiment lui-même (murs, toit, plancher).

 

Fukushima : 1300 m3 d'eau contaminée auraient bien disparu du bâtiment n°. 2

 

Nous savions depuis longtemps que le confinement primaire n°. 2 de Fukushima-Daiichi était « déconfiné »

Ce fait était devenu évident dès les premiers jours suivant le 11 mars 2011 : l’eau « injectée » dans l’ex-réacteur n°. 2 se retrouvait plus ou moins rapidement inondant la salle du tore ; cette eau ne pouvait donc que traverser très rapidement le confinement primaire qui était forcément ouvert à un ou plusieurs endroits.

Il faut rappeler que le tore de suppression fait partie intégrante du confinement primaire au point que le moindre incident touchant cet anneau géant 1 est qualifié d’incident LOCI [LOCI : Loss Of Containement Integrity].

Le Tore de suppression, reconnu dès 1972 comme le talon d’Achille des réacteurs à eau bouillante

Il faut également rappeler que les premières chambres de suppression 2 réalisés par General Electric (Mark 1) dans les années 1970-1980 ont été rapidement critiquées pour leur faiblesse relative par rapport aux autres éléments du confinement « sec ».

Dès le début des années 1970, des officiels de l’AEC 3 (la future NRC américaine) recommandaient de « décourager » l’utilisation d’anneau de suppression dans les réacteurs à eau bouillante. L’autorité de contrôle nucléaire américaine connaissait et reconnaissait donc dès 1972 les dangers de ce type de mécanisme et avaient envisagé – un moment – de l’interdire purement et simplement dans un délai de deux années.

 

La réaction du patron de l’AEC : vous avez raison mais cette raison risque de saborder General Electric !

Quelques jours après le mémo publié ci-dessus, le patron de l’AEC, Joseph M. Hendrie, reconnaissait que l’analyse de la faiblesse de la chambre de suppression était « pertinente » mais recommandait de ne pas rendre de décision contraignante dans ce domaine précis car cette opération aurait fort bien pu signifier à ce moment « la mort de l’industrie électronucléaire » [américaine].

 

Autant pour les unités n°. 2 et 3 de Fukushima-Daiichi qui ont été mises en service après cette date 4 avec un confinement humide que l’on savait pertinemment fragile et mal conçu !

Revenons à nos eaux perdues

Attendu que nous savons que le confinement principal est percé, quel est le seul élément qui évite à l’eau radioactive de se retrouver « dans la nature » ? Le confinement secondaire c’est à dire le plancher de la salle du tore dont l’épaisseur représente moins d’un mètre de béton armé « lourd », si le schéma ci-dessous (fourni par Tepco) est à l’échelle.

 

Un bien étrange document Tepco datant du 121212

Dans ce document daté du 121212 et publié le lendemain, Tepco informe la NISA/NRA de manière hebdomadaire des quantités d’eau présentes dans les sous-sols des différentes unités de Fukushima-Daiichi ainsi que dans l’ensemble du site. On y apprend par exemple qu’au 11 décembre, plus de 280.000 tonnes d’eau contaminée étaient stockées 5.

 

 

A la date du 18 décembre 20122… Pardon ?

Dans la seconde partie de ce même document (ATT-2), l’on peut trouver un tableau bizarre qui évoque des quantités d’eau radioactive à la date du 18 décembre 20122 (sic).

 

 

Non sans surprise, nous pouvons constater que l’opérateur « annonce » une baisse de 1300 m3 au niveau de l’unité n°. 2 qui passe(rait) ainsi de 22.900 à 21.600 m3 et d’un niveau OP. 6 3180 à un niveau OP. 2996 alors que le volume « stocké » dans l’unité n°. 1 n’est pas modifié.

 

 

Problème : les sous-sols des unités n°. 1 et 2 sont communicants

Il faut savoir que les « tranchées » des unités de Fukushima-Daiichi sont combinées par binômes : 1-2,  3-4, 5-6 et que les sous-sols des binômes (1-2) communiquent par l’intermédiaire du bâtiment-turbine (3) commun.

 

 

Hypothèse : une fissure importante dans le confinement secondaire de l’unité n°. 2 ?

Nous nous étonnions fortement hier que le robot Toshiba ait été expédié apparemment de manière totalement inopinée au niveau de la salle du tore de l’unité n°. 2, ce qui a d’ailleurs valu quelques surprises mécaniques au niveau d’une opération qui n’était manifestement pas préparée.

Le cafouillage de Tepco dans le communiqué du 121212 pourrait ainsi nous laisser penser qu’un nouvel incident se produit en ce moment au niveau du sous-sol du bâtiment n°. 2 dont l’étanchéité déjà très relative 7 pourrait diminuer de manière importante, permettant ainsi à son niveau de baisser d’une manière qui n’est évidemment pas rassurante sur le plan de la biosphère environnante.


Sources :

Situation of Storage and Treatment of Accumulated Water including Highly Concentrated
Radioactive Materials at Fukushima Daiichi Nuclear Power Station (77 th  Release)

Tepco, 121212

Hazards of Boiling Water Reactors, NIRS, mars 2011


(45)

  1. 40 m de diamètre pour environ 8m de section
  2. Chambre de suppression : partie basse et intermédiaire du confinement primaire
  3. AEC : Atomic Energy Commission
  4. Respectivement 1973 et 1974
  5. 207.000 dans des « réservoirs » et environ 76.000 tonnes dans les sous-sols des bâtiments-réacteur et turbine
  6. Niveau OP. : niveau relatif moyen de l’océan Pacifique
  7. Un béton, même renforcé, n’est jamais parfaitement étanche aux fluides

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