Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 21:16

 

Au Japon, 3 des 11 communes de la zone interdite autour de Fukushima ont rouvert dans l’indifférence générale. Dans certains secteurs la radioactivité est encore supérieure à la limite fixée pour l’évacuation ! Sciences et Avenir a suivi le retour hésitant des sinistrés de Fukushima dans les villes fantômes.

 
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Minori, 11 ans, enjambe les fondations de la maison de sa grand-mère, emportée par la vague de 14 mètres du 11 mars 2011. Au milieu d’un paysage dévasté, la fillette et son frère cadet sautent d’une poutre à l’autre, sous le regard doux-amer de leurs parents. Scène impensable il y a quelques semaines, des enfants s’amusent au cœur de la zone interdite, à 11 kilomètres seulement de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima.

«C’est une bonne chose qu’ils aient rouvert l’accès à Odaka [un district de la ville de Minamisoma], estime Masayuki Koshita, 39 ans, le père de Minori. C’est ma terre natale. Je voulais que les enfants voient ce qu’elle était devenue à cause du tsunami».
Les parents seraient-ils inconscients? Pas que l’on puisse dire. Dans cette frange du bord de mer située au nord de la centrale nucléaire, les niveaux de radioactivité sont faibles : entre 0,1 et 0,4 microsievert/heure (1), selon des mesures de la mairie de Minamisoma.

 

16.000 habitants peuvent revenir chez eux, sans y dormir

 

Dans l’indifférence générale, 3 des 11 communes de la zone interdite autour de la centrale nucléaire ont rouvert avec le feu vert du gouvernement japonais. Après les communes de Kawauchi et Tamura le 1er avril, la partie fermée de Minamisoma, la plus grande ville de la région avec 70.000 habitants (2), est de nouveau accessible depuis le 16 avril. Entre ces trois communes, quelque 16.000 personnes – sur les plus de 110.000 personnes évacuées des alentours de la centrale nucléaire- ont la possibilité de revenir chez elles. A Minamisoma, le check-point de police qui interdisait strictement l’entrée de la zone a été décalé de 20 à 10 kilomètres de la centrale nucléaire. Rien de moins.

 

Pour le moment, les résidents n’ont toutefois pas le droit de passer la nuit dans l’ancienne zone interdite. Mais en-dehors de cette importante restriction, il n’existe pas de limitation de temps ni de mesure de radioprotection particulière (port d’un dosimètre, d’une combinaison radiologique ou d’un masque par exemple). Les voitures circulent librement, des résidents commencent à nettoyer et réparer leurs maisons, laissées à l’abandon depuis le 12 mars 2011, au lendemain du séisme et du tsunami qui ont déclenché la catastrophe nucléaire de Fukushima. Dans un semblant de normalité, un haut-parleur diffuse même de la musique traditionnelle japonaise dans une rue du centre-ville d’Odaka, un district de Minamisoma.

De passage dans leur ancienne maison où l’eau et l’électricité sont toujours coupées, la petite Minori, son frère et ses parents, retrouvent des patins à roulette, des livres et des peluches.

 

Jusqu’à 50 millisieverts par an !

 

A la suite de mesures aéroportées de radioactivité au sol (réalisées avec un détecteur de rayons gamma) le 30 mars dernier, le gouvernement - qui administre la zone interdite autour de Fukushima - a divisé la ville de Minamisoma en trois zones. Un petit secteur montagneux, où la radioactivité dépasse les 50 millisieverts par an, est resté interdit.
Le gouvernement a rouvert la partie où la radioactivité est inférieure à 20 millisieverts par an, soit le niveau autorisé pour un travailleur du nucléaire en France.

 

Fait plus surprenant, il a aussi rouvert le secteur où la radioactivité est comprise entre 20 et 50 millisieverts, plus à l’intérieur des terres. Cette décision bouleverse totalement les mesures de radioprotection prises par les autorités japonaises car la limite des 20 millisieverts – un niveau jugé élevé par nombre d’observateurs - servait jusqu’à présent de référence pour ordonner l’évacuation d’une zone dans les environs de la centrale nucléaire. Il s’agissait en quelque sorte du niveau de sûreté décidé par le gouvernement en cette période de crise.

 

«Ça dépasse l’imagination d’autoriser les gens à revenir à un tel niveau de radioactivité, lance Yamaguchi, l’un des directeurs du Centre d’information des citoyens sur le nucléaire. On ne devrait pas rouvrir les zones où la radioactivité dépasse un millisievert/an (3)». « Nous ne pensons pas qu’il soit dangereux de rouvrir la zone au-dessus de 20 millisieverts/an car les résidents n’ont pas le droit de se réinstaller chez eux, répond Kiyomi Sakuma, membre de la cellule en charge des résidents évacués de l’accident nucléaire, qui dépend du gouvernement. Les résidents ne seront autorisés à se réinstaller définitivement que dans les endroits où la radioactivité est inférieur à 20 millisieverts ».

 


Le check-point de police qui interdisait strictement l’entrée de la zone a été décalé de 20 à 10 kilomètres de la centrale nucléaire. (Guillaume Bression)


Selon Kosuke Ito, de l’association The frontier Minamisoma, «les niveaux mesurés à Minamisoma sont globalement bien inférieurs à ceux mesurés dans la ville de Fukushima ou de Koriyama [pourtant situées à 60 kilomètres de la centrale nucléaire de Fukushima]. Le principal risque pour les habitants de Minamisoma serait qu’un accident intervienne sur la piscine de stockage des barres de combustibles usés du réacteur numéro 4». Perchée à une trentaine de mètres de sol et chargée de barres de combustibles usagées, la piscine du réacteur numéro 4 est la première source d’inquiétude de l’opérateur de la centrale nucléaire et du gouvernement nippon. « Il s’agit aujourd’hui du point le plus sensible, confirme un spécialiste qui suit la crise depuis l’origine. Mais des mesures ont été prises pour renforcer cette piscine qui a déjà résisté au séisme du 11 mars et aux répliques successives. Donc je ne pense pas qu’elle présente un danger immédiat ».

 

Ouvrir pour reconstruire

 

La réouverture rapide de Minamisoma tient d’abord et avant tout à la volonté de fer du maire, Katsunobu Sakurai. C’est cet élu qui a convaincu le gouvernement de lever la barrière des 20 kilomètres autour de la centrale. «Pour le moment, seules les villes dont les maires étaient les plus motivés et les plus combatifs pour faire revivre leur communes ont rouvert, confirme Kiyomi Sakuma, membre de la cellule chargée des réfugiés du nucléaire. Le gouvernement attend d’être sollicité par les collectivités locales pour rouvrir une ville». La politique dirigiste de protection des riverains de la centrale est donc en train de céder la place à des décisions de compromis, prises au cas par cas avec les autorités locales.

 

Dans l'ancienne zone interdite: les dégâts du 11 mars 2011 toujours visibles (Guillaume Bression)

 

Pour la mairie de Minamisoma, il fallait absolument rouvrir la zone pour espérer reconstruire. Et le chantier est considérable. Même si la frontière des 20 kilomètres autour de la centrale nucléaire a disparu, la différence est brutale entre l’extérieur et l’intérieur de l’ancienne zone interdite. Passée la limite, des voitures gisent sens dessus-dessous au bord des routes, les maisons éventrées par le tsunami n’ont pas été démantelées et de nombreuses routes sont fissurées ou tout simplement fermées, certaines d’entre elles plongent brusquement dans des zones encore inondées. Les ravages du séisme et du tsunami sont visibles comme au premier jour. Très peu de foyers sont raccordés à l’eau courante. Lors de leur séjour dans la zone, les résidents sont priés d’emporter de l’eau pour leur consommation et d’utiliser des sanitaires temporaires installés ici et là. Même si l’éclairage public fonctionne, peu de maisons ont demandé le rétablissement du courant auprès de la compagnie électrique régionale. La mairie espère terminer les travaux de reconstruction en août 2013.

 

L’imbroglio des déchets de la décontamination

 

Reste la question, épineuse, de la décontamination. Le gouvernement a prévu de commencer à décontaminer les zones les plus radioactives, vers les montagnes, et d’évoluer progressivement vers les zones les moins touchées. «C’est une façon d’éviter que de l’eau contaminée ruissèle et recontamine les zones moins radioactives vers le bord de mer», explique Hiroshi Murata, de la mairie de Minamisoma. Les forêts ne seront toutefois pas concernées par les opérations de décontamination ce qui limite sérieusement cette logique.


De juillet 2012 à avril 2014, le gouvernement compte décontaminer les zones où la radioactivité dépasse 1 millisievert/an. Mais la tâche s’annonce compliquée : « nous avons du mal à trouver un centre de stockage temporaire dans la région, admet Hiroshi Murata, de la mairie de Minamisoma. Personne n’en veut près de chez lui. Et la question du centre de stockage définitif qui devait être installé à Futaba [une ville très contaminée située à moins de 5 kilomètres de la centrale] n’est pas réglée». Même sans opération de décontamination, le gouvernement prévoit une réduction naturelle rapide de la radioactivité grâce au temps de demi-vie des radionucléides. Le césium 134 qui a une demi-vie de 2 ans devrait voir sa radioactivité s’atténuer en premier, suivi de loin par le césium 137 dont la demi-vie est de 30 ans. Selon les projections publiées sur le site Internet du Ministère de l’Economie, la radioactivité passera pratiquement partout sous la barre 20 millisieverts/ an à Minamisoma d’ici 2022, même sans mesure de décontamination.

 

Faut-il revenir?

 

La renaissance de la zone interdite sera longue et compliquée. Les autorités locales ont du mal à donner une date de réouverture complète et définitive. Même si les autorités parvenaient à déblayer les débris, rétablir les infrastructures et à décontaminer, il n’est pas certain que les habitants souhaitent se réinstaller. « Peut-être que 30 à 40% des gens vont revenir », prévoit Hiroshi Murata, de la mairie de Minamisoma. Le gouvernement répète que sa politique repose en grande partie sur le libre-arbitre des habitants. A eux de décider s’ils veulent revenir ou non et à quels niveaux de radioactivité ils souhaitent s’exposer.

Les couples avec enfants se retrouvent confrontés à un dilemme ingérable entre le souhait de quitter des logements temporaires exigus et la santé de leur progéniture. « Je ne pense pas me réinstaller chez moi avec les enfants, confie Masayuki Koshita, le père de Minori, 11 ans. Si jamais les autorités ne garantissent pas des niveaux de radioactivité similaires à ceux d’avant la crise, nous ne reviendrons pas. Même lors de nos visites depuis le 16 avril, on évite de rester trop longtemps pour exposer les enfants». Dans une rue du centre-ville d’Odaka, un district de la ville de Minamisoma, un couple d’antiquaires est partagé. «Je suis revenue pour prendre soin du cimetière de mes ancêtres et aussi parce que mon mari a beaucoup insisté, raconte Michiyo Sato, 64 ans, de fines lunettes sur le nez, en redressant une statue dans la boutique. Mais je ne veux pas vivre dans une ville fantôme où il n’y aurait pas d’enfants. Même nos petits-enfants préfèrent ne pas nous rendre visite ici».

 

Reportage au Japon de Marie Linton
Photos Guillaume Bression


pour Sciences et Avenir

 

(1) 0,1 à 0,4 microSV/heure équivalent à entre 0,9 et 3,5 millisieverts/an.

(2) Ils étaient 70.000 avant l’accident mais beaucoup ont fui après l’accident nucléaire du 11 mars 2011. Ils ne sont aujourd’hui plus que 44 000 à vivre à Minamisoma.

 

(3) La réglementation française fixe à 1 millisievert par an la dose efficace maximale admissible résultant des activités humaines en dehors de la radioactivité naturelle et des doses reçues en médecine.

 
publi 3-4"Vers un nouveau paradigme"
2012 et aprés

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Commentaires

Si il y a des moments doux....il y en a des si....amers !

Par moments je me dis que ce n'est qu'un cauchemar....et  que je finirai bien par ....tomber du lit et me ré...veiller ou m'éveiller..lol...!

 

Amourtié

Commentaire n°1 posté par Paloma le 16/05/2012 à 21h44

Je ressens souvent cette sensation mais chaque réveil la réalité me rattrappe. Amourtiés Paloma

Réponse de Dav le 16/05/2012 à 21h59

Fukushima: 40 millions de japonais en extrême danger pourraient être évacués en Russie !

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Des officiels japonais sont actuellement engagés dans des pourparlers avec des diplomates russes sur la possible délocalisation de dizaines de millions de japonais dans le cas très probable d’un effondrement total de l’unité 4 de Fukushima Daiichi. Selon un rapport récent de EUTimes,net, les autorités japonaises ont indiqué qu’au moins 40 millions de japonais sont en “extrême danger” d’empoisonnement radioactif, et que de nombreuses villes de l’est, y compris Tokyo, peuvent devoir être évacuées dans les prochaines semaines ou mois pour éviter un empoisonnement à des radiations extrêmes.

Comme nous continuons de le rapporter, la situation à Fukushima est désespérée, c’est peu de le dire. Le réacteur 4 est sur le point de s’effondrer complètement, ce qui enverrait dans l’atmosphère du combustible provenant de milliers de barres. Ces barres, après tout, sont déjà exposées à l’air libre, mais la libération de leur combustible causerait non seulement une catastrophe régionale, mais aussi un holocauste mondial.

Le Mainichi Daily a récemment rapporté : “Un rapport publié en février par la commission indépendante d’investigation sur l’accident a déclaré que la piscine de stockage du réacteur 4 était le maillon faible dans les crises de réaction en chaîne de la catastrophe nucléaire ».

“Le scénario du pire établi par le gouvernement inclut non seulement l’effondrement de la piscine du réacteur 4, mais aussi la désintégration des barres de combustible de tous les autres réacteurs de la centrale. Si ceci devait arriver, les habitants de la zone métropolitaine de Tokyo seraient obligés d’évacuer.”

Pour mettre en place des solutions pour les japonais les plus proches du danger, les autorités envisagent de reloger des dizaines de millions de japonais dans les îles Kouriles, situées dans la région de Sakhaline, ou même en Chine, où des centaines d’habitations de villes fantômes non utilisées pourraient abriter au moins 64 millions de réfugiés. Si cette délocalisation devait se produire, le Japon deviendrait en grande partie une friche stérile.

Une “vague” de déchets hautement radioactifs se dirigerait vers la côte ouest des US.

Pour les japonais, la catastrophe de Fukushima représente une disparition complète de leur nation, alors que pratiquement rien n’est fait pour contenir les milliers de barres de combustible exposées qui pourraient exploser avec la chute du réacteur 4. Mais les conséquences de tout ceci ne sont pas limitées seulement au Japon, car le reste du monde, y compris les US, supporteront le poids de cette bombe nucléaire aussi. Nous souffrons déjà, en fait, des conséquences de cette guerre nucléaire qui n’est pas une guerre.

À la fin de l’année dernière, par exemple, il a été rapporté que des officiels américains ont ordonné à TEPCO de relâcher 10 millions de litres de déchets radioactifs dans l’océan Pacifique. Aujourd’hui, selon The Intel Hub, ces déchets arriveront bientôt sur les grèves de la côte ouest, à l’insu de millions d’américains vivant dans cette région, qui y seront exposés.

Cette nouvelle »vague » de radiations est, bien sûr, en supplément de vagues plus anciennes qui ont déjà tué des milliers de gens, beaucoup d’entre eux étant des enfants, et provoqué une augmentation considérable de cas de cancers. Et avec le temps de plus en plus de gens vivant en Amérique vont commencer à développer des maladies chroniques en résultat d’un empoisonnement perpétuel par Fukushima et beaucoup mourront, alors que les médias de masse restent volontairement silencieux sur le problème.

Et le gouvernement fédéral a toujours su que la catastrophe devenait la plus mondialement sévère de l’histoire, comme il l’a été prouvé par la récente demande d’une loi sur la liberté de l’information. Non seulement les autorités fédérales sont conscientes des extrêmes dangers venant de Fukushima depuis les premiers jours, mais elles ont aussi orchestré des campagnes de désinformation pour garder les américains et le reste du monde dans l’obscurité au sujet de la vérité.

Comme ni les US ni les gouvernements japonais semblent vouloir vraiment gérer Fukushima, et en particulier la condition du réacteur 4, NaturalNews en appelle aux Nations-Unies pour mener une action rapide. Une nouvelle pétition presse les NU d’organiser un sommet sur la sécurité nucléaire pour s’occuper du problème du réacteur 4, et établir aussi une équipe indépendante d’évaluation pour le stabiliser et empêcher son combustible de détruire potentiellement toute vie sur terre.

(NaturalNews)

Traduction par Chantalouette et Hélios du Bistro Bar Blog

 

Lire aussi:

18% des évacués de Fukushima ne seront pas en mesure de rentrer chez eux, même après 10 ans.

Commentaire n°2 posté par lasorciererouge le 15/06/2012 à 21h32

FUKUSHIMA UNE BOMBE SANITAIRE A RETARDEMENT

 

 

Selon les déclarations d’un médecin à la retraite de 95 ans dans le Japan times online les résidents près de la centrale nucléaire de Fukushima n ° 1 commencent à développer des symptômes semblables à ceux qui ont touché les survivants des attaques nucléaires d’ Hiroshima et de Nagasaki en 1945 , et qu’il a traités durant des décennies.

Après plus d’un an que la crise nucléaire ait éclaté à Fukushima , Shuntaro Hida c’est occupé à donner des conférences et des interviews afin de faire prendre conscience aux gents des dangers d’ inhaler, de boire ou de manger des substances radioactives.

Hida Shuntaro déclare qu’il a reçu des appels téléphoniques de résidents autour de l’usine de Fukushima qui se plaingnent de fatigue inexpliquée et la diarrhée ainsi que de perte de leurs cheveux, symptômes qu’il suspectes d’ avoir été causés par des expositions internes aux rayonnements.

Il ne sait pas si ces problèmes de santé sont liés à la libération de quantités massives de matières radioactives de la centrale de Fukushima. Mais Hida se sent concerné.

«Je suis inquiet parce que j’ai reçu beaucoup d’appels et plus tôt que je m’y attendais,» dit-il.

La somme de la recherche et des connaissances du public au sujet de l’exposition interne aux rayonnements est encore limitée parce que les Etats-Unis ont « caché » les informations sur ce problème pendant une très longue période après avoir largué des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en 1945, dit il .

Natif d’Hiroshima, il servait en tant que médecin de l’armée là quand il a été exposé aux rayonnements de la bombe atomique. Depuis, il a traité plus de 6.000 survivants et a travaillé comme directeur du centre d’orientation à la Confédération japonaise des A et des organisations malades du H-Bomb.

Une fois que les radionucléides pénètrent dans le corps humain, ils conduisent à une exposition prolongée à de faibles doses de rayonnement, dit-il. Mais cela pourrait poser un plus grand risque pour la santé humaine, tels que les développements de cancers et endommager le système immunitaire, qu’une exposition à un niveau plus élevé de rayonnement à court terme.

Hida dit que, grâce à ses efforts pour partager ses expériences avec les jeunes générations, il est amené à penser que de nombreuses personnes au Japon, vont rejeter maintenant , non seulement les armes nucléaires, mais aussi de l’énergie nucléaire comme «seule façon« d’éviter le risque d’irradiation.

« Il est crucial d’impliquer les gens qui sont encore indifférents, ainsi que ceux qui n’ont pas pris de mesures dans le mouvement pour mettre fin à la production d’énergie nucléaire », a dit Hida, qui a pris sa retraite en 2009 et vit maintenant à Saitama.

Il a passé une grande partie de sa vie à effectuer des recherches sur la fatigue inexpliquée appelé maladie de Bura Bura dont il croit qu’elle est causée par l’exposition aux rayonnements, et il pense que certaines personnes pourraient commencer à montrer des symptômes « dans un à trois ans » après la catastrophe de Fukushima.

La maladie hante des milliers de survivants des bombes atomiques y compris ceux qui ont échappé à l’explosion directe, mais qui ont inhalé , bu ou mangé des substances radioactives, Ceux qui présentaient des symptômes se sentait trop fatigué pour travailler ou même se tenir debout, mais les médecins ne pouvaient pas établir clairement qu’ils étaient malades. Les patients ont perdu confiance dans la société comme ils ont été considérés par certains comme faisant semblant d’être malade ou ont été tout simplement être paresseux.

« Beaucoup d’entre eux se sont suicidés, » dit Hida. Il s’inquiète du fait que quelque chose de semblable pourrait être répété à Fukushima parce que la médecine actuelle ne peut toujours pas établir un lien entre la fatigue et l’exposition aux rayonnements.

« Il s’agit d’une lutte pour changer la mentalité de chaque personne » dit Hida , rappelant ses décennies de luttes pour rendre les gens conscients du danger de l’exposition interne aux rayonnements au milieu d’un manque de données scientifiques.

Sous l’ occupation jusqu’ au début des années 1950, les gens ont été interdit de « parler, d’enregistrer ou de faire des recherches sur les symptômes affectant les survivants des bombes atomiques », dit-il. «J’ai été traqué par la police militaire, quand je parlais de ce que j’ai vu à Hiroshima», et plusieurs fois arrêté par les forces d’occupation pour « ne pas respecter leur politique d’occupation. »

Hida, en tant que représentant d’un groupe de professionnels de la santé a appelé la Fédération japonaise des institutions démocratiques médicaux, a exhorté le Secrétaire général U Thant en 1975 d’organiser une conférence internationale sur les effets des rayonnements sur les hibakusha, qui ont été réalisé deux ans plus tard.

«C’est la colère qui a tenu ma parole à ce jour. Comment pourrais-je garder le silence même 67 ans après les attentats à la bombe? » déclare Hida .

ndlr : Comme le dit Hida Shuntaro sous l’ occupation jusqu’ au ce début des années 1950, les gens ont été interdit de « parler, d’enregistrer ou de faire des recherches sur les symptômes affectant les survivants des bombes atomiques.

Ainsi dans Wikipédia peut on lire :

Effets médicaux à long terme de l’irradiation:

  • Les leucémies : À partir de 1947, une augmentation de l’incidence des leucémies a été observée parmi les survivants irradiés. Un maximum fut atteint en 1951, ensuite cette incidence a décliné pour disparaitre en 1985. Sur 49 204 survivants irradiés suivis de 1950 à 2000, il a été observé 94 cas de leucémies mortelles attribuables aux radiations
  • ndlr : ( on a donc attendu 5 ans que les gents meurent avant de commencer l’ » étude » )
  • Les cancers « solides » : Le suivi des survivants irradiés a montré, à partir de la fin des années 1950, une augmentation progressive de l’incidence des cancers, en particulier ceux du poumon, du tube digestif et du sein. Sur 44 635 survivants irradiés suivis de 1958 à 1998, il a été observé 848 cas de cancers mortels attribuables aux radiations.
  • ndlr : (Treize longues années avant un suivi des cancers !) cela donne un nouvel éclairage sur cette » Etude » publiée dans La Radioactivité.com
  • Effets médicaux autres que les cancers chez les survivants irradiés : survenue de cataractes, de stérilité (souvent réversible chez l’homme), d’une augmentation de la fréquence des maladies (non cancéreuses) pulmonaires, cardiaques ou digestives avec une possible diminution de la durée de vie. Le nombre de ces décès semble égal au nombre ou à la moitié du nombre de ceux dus aux cancers et leucémies (soit environ de 0,5 % à 1 %).
Le nombre des morts dus aux effets à long terme des bombardements nucléaires est, d’après ces chiffres, dérisoires par rapport à
Commentaire n°4 posté par lasorciererouge le 12/07/2012 à 20h49

Mensonges dans la gestion du suivi de la catastrophe nucléaire de Fukushima

 

fu.jpgNY Times a relevé des niveaux de radioactivité dix fois supérieur à ceux annoncés officiellement dans la « zone interdite » de Fukushima

Le journaliste Takashi Uesugi a pénétré récemment dans la zone interdite de Fukushima-Daiichi afin de relever de manière indépendante les niveaux de débits de dose ambiants dans les environs immédiats de la centrale accidentée de Fukushima-Daiichi ; le téméraire aventurier n’a pas hésité à s’approcher au plus près des grilles du site pour vérifier les niveaux de dosimétrie annoncés par Tepco.

Selon Tepco : moins de 10µSv/h sur le dosimètre MP-7 (Bâtiment de «mesure environnementale»)

Relevés Tepco : moins de 10 µSv/h sur Mp-1 à MP-8, dose maxi de 220µSv/h au niveau d’un des point de mesures « temporaires »

Le détail du relevé du dosimètre MP-7 indique un niveau curieusement constant (1) de 9.3 µSv/h

Selon le relevé indépendant effectué à quelques mètres de MP-7 : plus de 100 µSv/h

La clef de l’énigme : Tepco a procédé à des « travaux de construction » au printemps pour réduire artificiellement les niveaux de dose officiels :

-« Nous avons « amélioré » les conditions de mesure au niveau des points MP-2 à MP-8 pour obtenir des relevés de dose ambiante plus précis »

« Divers travaux de « construction » (sic) ont été réalisés comme l’abattage des arbres proches, l’enlèvement d’une couche superficielle du sol ou l’établissement de murs de « protection »

« En conséquence, les niveaux relevés sur ces points sont inférieurs à ceux relevés dans d’autres points du site ».

En fait, il semble que l’opérateur a principalement axé ses « travaux » sur les balises les plus irradiées, à savoir MP-2, MP-6, MP-7 et MP-8. Tepco a bâti autour de ces capteurs des murs de 2 m de haut et de 30 cm d’épaisseur. Voilà une technique bien rodée et extrêmement pertinente : pour qu’il y ait moins de radioactivité ambiante, il suffit de réduire l’exposition des balises par des blindages ou des travaux de « décontamination » du sol ou des arbres proches.

L’efficacité du mur de « protection » en béton est prodigieuse : sur la balise MP-8, le débit de dose « ambiante » est ainsi passé de 56µSv/h à moins de 10 µSv/h ; notez sur le document ci-dessous comme Tepco arrive à remplir ses « objectifs » (target) de dosimétrie, par tous les moyens possibles, y compris peut-être –si nécessaire– par un sous-étalonnage des appareils de mesure ?

De mémoire, très peu de personnes compétentes en radioprotection se sont élevées devant cette manière de « bricoler » les dosimétries à Fukushima au printemps 2012 : même si l’objectif était, comme l’assure Tepco, de repérer facilement les moindres élévations des doses ambiantes habituelles –enfin extraordinaires, on ne sait plus trop comment définir la situation à Fukushima– la protestation s’est limitée à quelques remarques discrètes : après tout, s’il n’y avait plus de radioactivité, il n’y aurait plus de radioprotectionnistes…

(1) Si le débit de dose est aussi constant, c’est que la mesure n’est pas instantanée mais « pondérée » sur une période de 10 minutes, vieux truc de dosimétrie pour lisser les écarts affectant naturellement les mesures instantanées et produire des chiffres stables : en 10 minutes, on relève par exemple 100 fois le débit de dose puis on divise la somme des mesures par 100

Pour en savoir plus sur les bidouilles de Tepco sur les balises de radioactivité : ICI Un excellent dossier du blog de fuksuhima du 22 avril 2012

Auteur : gen4

Source : gen4.fr

Commentaire n°5 posté par lasorciererouge le 17/07/2012 à 20h10
Kna nous donne la suite des vidéos de Ian Thomas Ash, "En confinement", voici la 4ème partie (sur 5) :

En confinement : les gens de Minamisoma, 15 mois après la fusion

caméra: Ian Thomas Ash / Koji Fujita

Partie 4 HISTOIRE : Ian et Hiroshi entrent dans la zone d'exclusion, à 10km de la centrale nucléaire endommagée de Fukushima. Après avoir voyagé sur la côte ravagée par le tsunami, ils passent par le centre-ville de Namie, qui a été gravement endommagée par le tremblement de terre. Après être sorti de la voiture pour mesurer les niveaux de rayonnement, ils sont arrêtés par une patrouille de police et interrogés. Enfin, après avoir rencontré un troupeau de vaches qui errent librement dans la zone d'exclusion, l'équipe du film se dirige sans le savoir directement vers un point chaud de radioactivité (hotspot).
5000 microsieverts/heure !

NOTE: Les mesures de rayonnement sont en millirems par heure (mR/h).
1 mR/h est égal à 10 microsieverts par heure (microSv/h). La lecture la plus élevée dans le film à 500 mR/h est égale à 5.000 microSv/h.




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Commentaire n°6 posté par lasorciererouge le 19/07/2012 à 23h20

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