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Incident chimique à Rouen : un gaz pas vraiment inoffensif !

Publié par Dav sur 22 Janvier 2013, 19:37pm

Catégories : #Environnement

 

Le gaz, qui s'est formé par hasard après une réaction chimique non-prévue, est de la famille des mercaptans. Qui ne sont pas aussi inoffensifs qu'annoncé. Eclairage.

 

 L'usine Lubrizoil d'où s'est échappé le gaz, dans la nuit de lundi à mardi 22 janvier. (AFP) 

L'usine Lubrizoil d'où s'est échappé le gaz, dans la nuit de lundi à mardi 22 janvier. (AFP)

 

C'est une forte et désagréable odeur chimique qui a semé la panique. En s'échappant de l'usine Lubrizol de Rouen, porté par les vents dans la nuit de lundi à mardi 22 janvier, un gaz nauséabond a incommodé une grande partie de la population située de l'agglomération rouennaise jusqu'à Paris. Sollicités par des citoyens inquiets, victimes de maux de têtes et de nausées, les numéros d'urgences ont été littéralement pris d'assaut. Dernière conséquence en date, le match des 16e de finale de la coupe de France de football entre l'Olympique de Marseille et Rouen est annulé et les activités de l'usine de Rouen ont été stoppées mardi en début d'après-midi.

 

  • 1. Que s'est-il passé et d'où vient ce gaz ?
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Pour une raison encore indéterminée, deux composants chimiques ont interagi dans l'usine Lubrizol de Rouen, spécialisée dans la fabrication et le conditionnement d'additifs pour lubrifiants, carburants et peintures. "Une réaction chimique entre deux composants qui n'aurait pas dû se produire a eu lieu et a provoqué l'émergence du composant odorant", explique Thierry Lequin, chef commercial chez Lubrizol, contacté par "Le Nouvel Observateur".

"Nous n'utilisons pas ce gaz en temps normal. Il s'est formé par hasard dans l'élaboration d'un composé anti-usure, à destination des moteurs", justifie-t-il. Un "hasard" prévu dans le processus de fabrication de ce produit. "Le risque était connu, cet incident était totalement anticipé. S'il y avait eu un réel danger, nous n'aurions pas eu le droit de travailler sur un tel composé. Nous sommes un site Sévéso, l'ensemble de nos activités est très contrôlé", assure l'employé, qui précise qu'une enquête va être diligentée pour découvrir les causes de l'incident.

 

  • 2. De quel gaz s'agit-il ?
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Il s'agit selon toute vraisemblance d'un composé proche de celui utilisé pour donner une odeur au gaz de ville, qui est lui inodore. "Le mercaptan est un marqueur très olfactif de type gaz de ville, connu de tous, et qui ne présente pas de risque pour la santé", a rapidement affirmé le ministère de l'Intérieur.

 

A forte concentration, le gaz dégagé par l'usine ne serait pas si inoffensif. Il peut même s'avérer toxique, d'après l'INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles).

Le terme "mercaptan" lui-même se doit toutefois d'être mieux défini. "Mercaptan est l'ancien nom des produits organiques soufrés, qui contiennent une fonction nommée 'thiol', dont le symbole chimique est 'SH'", explique André Picot, toxicochimiste et chercheur au CNRS. Le mercaptan n'est donc pas un gaz en particulier, mais une famille de gaz. Et dans cette famille, "il en existe des cycliques, minoritaires, et des linéaires, qui sont majoritaires".

Quelle différence cela fait ? "Les premiers, c'est prouvé, sont inoffensifs lorsqu'ils sont utilisés en petite quantité, pour donner une odeur au gaz de ville : ils jouent alors le rôle d'une alarme, il faut se sauver quand on la détecte." Et les autres ? "Bien plus toxiques", assure le chimiste. "Mais ils présentent exactement la même caractéristique principale, une odeur insupportable. Ils s'approchent du niveau de toxicité de l’hydrogène sulfuré (H2S), dont on a parlé quand il avait provoqué la mort de sangliers en 2011, relâché par des algues vertes en état de putréfaction...

 

  • 3. Est-il réellement sans risque ?
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Au départ, le doute était permis – et tout particulièrement dans un pays qui avait affirmé en 1986 que le nuage toxique de Tchernobyl n'avait pas passé la frontière française. "La toxicité de ce genre de gaz, quand ils sont du type linéaire, touche le système nerveux central, à très forte dose même ils paralysent le nerf olfactif", poursuit André Picot. "Il peut aussi entraîner des maux de tête et nausées", exactement les symptômes rencontrés par des milliers d'habitants ce mardi.

"Il est faux d'affirmer que le mercaptan qui s'est libéré par hasard dans cette réaction chimique est le même qu'on utilise pour parfumer le gaz de ville", juge l'ingénieur chimiste. "Il semble s'en rapprocher, mais à forte concentration la donne aurait pu être différente."

 

  • 4. L'incident est-il clos ?

Sur le site incriminé, le gaz émergeant est contenu dans un immense bac de 30 mètres cube. Afin de stopper sa propagation, l'entreprise devait, dans la journée, y verser de la soude, de la même manière qu'on en utilise à son domicile, afin de mettre un terme à cet incident. Pour le gaz qui s'est échappé, qui s'est naturellement dilué dans l'air, c'est le temps qui fera le reste. "Dans les villes où il y a beaucoup d'ozone, la pollution elle-même va s'en charger", conclut André Picot.

Selon la base Aria du ministère de l'Ecologie, une cinquantaine d'incidents de ce type ont eu lieu en France entre 1988 et 2012. Ils sont à chaque fois sources d'une grande inquiétude pour les habitants. D'autant plus qu'à part se calfeutrer et attendre, il n'y a pas grand-chose à faire pour s'en prémunir.

 

Le NouvelObs
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carole70 22/01/2013 20:54


Bonsoir, ce matin je l'ai bien senti dans le 93. Très bien votre blog. A bientôt

seb 22/01/2013 20:07


Travaillant moi-même en raffinerie, tout près de celle-ci, environ 60km, cela reste un gaz fabriqué par l'homme, donc imaginez que cela n'est pas forcément inoffensif, je peux vous dire que des
dizaines de produits dans le même genre sont relaché tous les jours et c'est usine se disent éco....


Pour info, la radio locale "france bleu haute-normandie" a déclaré que l'odeur c'est resenti jusqu'en Angleterre....


Et le pire dans tout cela s'est l'origine du dégat, qui reste encore inconnu...c'est très rassurant pour nous moutons que l'on est et il vont encore inventer un merdia burlesque!!!!


 


Namasté mes amis


 

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