Le Nouveau Paradigme

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Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Journée mondiale de lutte contre le sida

Publié par Rédaction sur 1 Décembre 2013, 10:33am

Catégories : #Société


Lutte contre le sida

La 25e Journée mondiale de lutte contre le Sida a lieu ce dimanche 1er décembre.  Pour cette campagne 2013, l’OMS met l’accent sur l’amélioration de l’accès des jeunes aux services de soins. Manuel Picaud, qui a contracté le VIH lorsqu’il avait 20 ans, s’était déjà exprimé sur Le Plus, où il avait détaillé son traitement. Il revient cette fois sur la manière dont il a été infecté, à une époque où la prévention était faible à ce sujet.

 

 

Dimanche 1er décembre 2013 c'est la 26e journée mondiale de lutte contre le sida (Britta Pedersen/DPA/MAXPPP)

 

J’ai été infecté par le VIH en 1985, j’avais alors 20 ans. À l’époque, il y avait peu d’éducation sexuelle, les campagnes de prévention n’ont commencé qu’après. J’habitais dans une ville de province, je ne me sentais pas concerné. J’avais des rapports homosexuels, mais je ne me sentais pas gay. Comme toute découverte d’identité sexuelle, le cheminement a été un peu long et compliqué.

 

Cette année là, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a séduit. Un homme beau, qui paraissait bien sous tous rapports. Je n’ai pas vu en lui un risque potentiel. Il n’en a pas parlé et je n’ai rien demandé. Nous avons eu un rapport non protégé. Et presque dans la foulée, j’ai testé les premiers tests de dépistage.

 

Lorsqu’on a 20 ans, ce n’est pas facile d’exprimer cette demande à un médecin. Il m’a regardé de travers et me l’a quand même prescrit. Quinze jours après, il m’a révélé un résultat qui s’est avéré faussement négatif. Mon infection présentait les symptômes d’une mononucléose infectieuse, je m’en suis laissé convaincre.

 

Quand on a 20 ans, on se sent invincible

 

À l’époque, le sida me paraissait lointain. Cela me paraissait concerner d’autres populations. Mais après le moment de plaisir, l’interrogation a surgi. Dans l’action, l’idée même du risque n’existait pas. Surtout quand on a 20 ans, qu’on se sent invincible. Quand on y est pas préparé, ce n’est pas évident de négocier la protection.

 

Encore maintenant, je comprends des prises de risque pour ces mêmes raisons. Et on n’est jamais à l’abri d’un accident. Sauf qu’on a plus de recul et d’expérience. Sauf qu’on a vu des générations décimées. Or je constate qu’un gay sur deux ne se protège pas systématiquement.

 

On pense que celui qui est infecté va forcément le communiquer, mais si on ne lui pose pas la question, on n’aura sûrement pas la réponse. Et son partenaire connaît-il lui-même son statut ? Cette situation provoque des non-dits qui font que l’épidémie se poursuit.

 

Ne serait-il pas plus simple de poser le préservatif comme systématique ? Ou au moins de se parler avant d’envisager un rapport non protégé ? On préfère faire l’autruche. Quand on ne sait pas, on a l’impression d’être plus serein.

 

"Non, ça va pas le faire"

 

Je me rappelle des rencontres qui se seraient mieux passées si je n’avais rien dit. Quand j’annonçais ma séropositivité, souvent j’obtenais comme réponse "non, ça ne va pas le faire", alors que ces mêmes personnes ne m’auraient pas posé la question.

 

Il vaut mieux faire les choses en connaissance de cause. Une personne séropositive qui connaît son état et qui se fait suivre présente un risque de contamination largement plus infime qu’une autre qui ignore son statut et a des rapports non protégés. Il faut inciter les jeunes à aller faire des tests, non seulement du VIH, mais de toutes les IST (infections sexuellement transmissibles). Il faut surtout les inciter à se protéger et à protéger les autres.

 

Devenir séropositif aujourd’hui est sans doute un coup de massue moindre que dans les années 1980. Mais cela le reste car ça signifie devoir vivre avec des traitements au long cours. Même s’ils sont généralement mieux tolérés, cela change la vie.

 

En 1989, dans le cadre d’une relation naissante, j’ai voulu refaire un test. Le résultat est apparu. Effrayant. Mais l’idée même que ça m’avait traversé l’esprit quelques années plus tôt a atténué ma réaction.

 

Entre 1985 et 1989, mon organisme a été largement attaqué par le VIH. Depuis mon premier test, mes défenses immunitaires avaient largement chuté, mais je n’étais pas au stade sida. Mon organisme était encore à un niveau de résistance suffisant, ce qui m’a sans doute sauvé.

 

J'ai testé tous les médicaments possibles

 

Le plus dur a été de n’avoir su le partager, ni dans ma famille, ni à mon travail. Forcément, l’annonce est un rappel à notre état mortel. Je n’ai jamais imaginé que je pourrais dépasser les 30 ans. Venant de perdre mon père, décédé des suites d’un cancer, je voulais protéger ma famille. Quant au travail, je craignais - à raison - que cette nouvelle nuise à ma carrière. J’étais persuadé d’être suffisamment fort pour l’assumer et de garder ce secret. Sûrement dû à ma fierté, un peu trop développée à cet âge.

 

Je pensais que ce qui était important était de vivre sans être stigmatisé. Mais le garder pour moi conforte finalement les gens dans le fait que cette maladie est en elle-même un stigmate, c’est un cercle vicieux.

 

J’ai testé tous les médicaments possibles et imaginables, ce qui a eu des conséquences sur mon état physique. J’ai subi des transformations de plus en plus difficiles à cacher surtout à sa famille. Je l’ai finalement annoncé à ma famille à un moment où je me disais que je pouvais vivre, et non plus seulement survivre, avec le VIH. Je pouvais commencer à vieillir, donc il fallait que j’en parle.

 

J'aurais sans doute pu l'éviter

 

Malheureusement, la maladie m’a rattrapé et j’ai dû être hospitalisé. Mes patrons ont alors décidé que je ne pouvais plus exercer mes fonctions correctement, ils voulaient soi-disant me "protéger", mais c’était de la discrimination pure et simple. J’ai pris en pleine tête cette "VIH phobie" terrible : "Ce n’est pas vous qui nous le demandez, c’est nous qui vous mettons sur le côté."

 

Depuis j’assume publiquement ma séropositivité. Au cours de toutes ces années, je n’ai jamais cessé de me battre. Et le résultat est là. Mon témoignage peut donner un visage à un virus tellement anonyme. Je peux transmettre mon expérience. Je viens d’un milieu favorisé. Je suis éduqué. J’ai eu des bribes d’informations. J’aurais sans doute pu l’éviter. Mais ça s’est passé. Je ne suis ni un modèle, ni un miraculé.

 

Depuis l’année dernière, j’ai continué à mener de nouveaux projets. J’ai ainsi écrit avec Joël Gregogna un épais livre sur "Bande dessinée, imaginaire et franc-maçonnerie", publié chez Dervy en octobre. Et là je commence un nouvel investissement dans l’organisation des Gay Games qui se tiendront à Paris en août 2018. Cet événement sportif et culturel mondial est destiné à lutter contre les discriminations, notamment vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH. J’y poursuis le combat pour que l’on vive dans une société où la diversité est une richesse et où la discrimination est bannie.

 

Propos recueillis par Rozenn Le Carboulec

Par 

Édité par Louise Auvitu 

Le Plus

 

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gwendal 02/12/2013 02:00


Le co-"découvreur" du sida a avoué que ce n'est pas un virus. Il a avoué que c'est une baisse temporaire d'immunité naturelle. Il a avoué que cette baisse d'immunité temporaire est soignable par
l'alimentation et des suppléments de vitamines. Ces aveux sont visionnables par tous sur le net ...et cet homme est le Professeur Luc Montagnier lui-même


Tout autre info sur le sida n'est que du buisiness qui rapporte à la pieuvre financière créée autour de cette pseudo-maladie! Et qu'on ne vienne pas me dire que ce que je dis est odieu ou je ne sais quoi d'autre, car depuis que ma soeur est morte de ça (officiellement, à l'époque: arrêt cardiaque...bien
qu'elle était reconnue comme infectée par le sida/et sida déclaré... Après c'est facile de faire dire ce qu'on veut aux statistiques, n'est-ce pas?), j'ai énormément appris sur le
sujet...

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