L'ANORMAL FAIT COMPRENDRE LE NORMAL

Publié le 16 Mars 2012

L'anormal fait comprendre le normal


Titre initial :
Actualité Débattre Les grands entretiens Nicole Le Douarin : "L'anormal fait comprendre le normal"


Membre du Collège de France, la biologiste Nicole Le Douarin raconte son aventure hors norme dans son livre "Dans le secret des êtres vivants" (Robert Laffont).

On l'appelle la "faiseuse de chimères". Ses créatures mi-poulets, mi-cailles et ses poussins mutants ont ouvert la voie à la recherche sur les cellules souches et la médecine régénérative. Nicole Le Douarin est l'un des plus grands spécialistes du développement de l'embryon. Membre du Collège de France, de l'Académie des sciences et de la National Academy of Sciences américaine, elle continue, à 81 ans, d'explorer les mystères du vivant. Son livre a ému le Prix Nobel de biologie Jules Hoffmann. Rencontre.

Le Point : Un jour, en 1969, vous créez votre première chimère...

Nicole Le Douarin : J'ai prélevé sur un embryon de poulet un grand morceau de sa moelle épinière à l'endroit où se forment les ailes. À la place, j'ai greffé un fragment correspondant d'un embryon de caille. L'expérience a réussi. Non seulement la greffe a pris, mais les cellules de caille, que je pouvais reconnaître grâce à un marqueur qu'elles possèdent, se sont propagées à partir du greffon dans les tissus du poulet.

Grâce à ma chimère caille-poulet, j'ai pu étudier le rôle mal connu jusque-là d'une petite zone située au contact de la moelle épinière et du cerveau, que l'on appelle la "crête neurale". C'est la fabrique de certaines cellules souches de l'embryon qui vont ensuite se transformer en cellules nerveuses et pigmentaires, par exemple, et se localiser dans divers organes comme la peau ou l'intestin. Cette crête neurale, dont sont dotés tous les vertébrés, leur aurait permis de développer, il y a environ 500 millions d'années, une tête avec un plus gros cerveau et de tirer ainsi leur épingle du jeu dans l'évolution.

En échangeant les cerveaux entre des oiseaux d'espèces différentes, n'avez-vous jamais eu l'impression de jouer à l'apprenti sorcier ?

Au début, je n'amenais pas les chimères à leur terme. Je me contentais d'étudier les cellules dans l'embryon. Et puis, un jour, j'ai fait éclore un poussin chimère, il avait une partie du corps noire, comme une caille, l'autre jaune, comme un poulet. Dès lors, j'ai laissé vivre les chimères pour étudier le développement de leur cerveau. C'est l'un de ces poulets qui a permis d'identifier le gène dont la mutation serait responsable de certaines formes d'épilepsie chez l'homme.

 


Vous faites de l'embryologie expérimentale. Autrefois, on faisait aussi de la "tératologie expérimentale", étymologiquement la "science des monstres". Pourquoi les monstres vous fascinent-ils tant ?

C'est en observant les "monstres" conservés dans le formol des cabinets d'anatomie que la médecine a commencé à étudier les anomalies du développement de l'embryon. L'anormal permet souvent de comprendre le normal. L'erreur dans le mécanisme vous révèle la manière dont il fonctionne. Aujourd'hui, on ne se contente plus d'observer les anomalies, on les provoque.

On perturbe le mécanisme pour voir l'effet produit. Par exemple, comment se développe un oeuf de grenouille qu'on a secoué au point que les composants internes se sont mélangés. Nous appelons cela "faire parler la nature". Le chemin de la connaissance, c'est l'expérimentation. Il faut comprendre le comment avant de chercher le pourquoi.

Comment la nature s'y prend-elle pour transformer en un être humain la petite sphère de matière vivante d'un dixième de millimètre de diamètre, cette première brique du vivant qu'est la cellule. Vous avez sous les yeux des cellules qui se divisent, s'organisent, migrent dans tout l'embryon, mais elles le font si vite que beaucoup de choses vous échappent. Les chimères permettent de découvrir le "destin" des cellules. On a pu pister les cellules de caille dans les embryons de poulet.

Et là vous découvrez que les cellules "ne font pas ce qu'elles veulent"...

 


Les cellules de l'embryon n'ont pas le choix de leur destination, sinon il ne serait qu'un amas de cellules disposées d'une manière anarchique. Au cours du développement se forment des chemins balisés que la cellule reconnaît et dans lesquels elle s'engage. Une fois arrivée à destination, elle reçoit un signal pour se transformer en cellule de muscle, de foie ou d'os.

Lorsque les cellules du père et de la mère fusionnent, il faut qu'il y ait un "plan" dans les semences des deux parents pour que l'oeuf perpétue la même espèce. Ce programme, qui se déploie au cours du développement de l'embryon, est entièrement inscrit sous une forme condensée dans la molécule d'ADN, porteuse du patrimoine héréditaire, qui va assurer la continuité de l'espèce.

(...)


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Un article de Christophe Labbé et Olivia Recasens, publié par Le point

 
publi 3-4"Vers un nouveau paradigme"
2012 et aprés

 

Rédigé par Dav

Publié dans #Sciences

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lasorciererouge 15/04/2012


http://artdevivresain.over-blog.com/article-adn-modifiable-103426063.html


 


....jusqu'à la troisième génération, bizarre c'est dans la bible !!

lasorciererouge 24/06/2012


Proposition de loi sur l'embryon humain


 


Une proposition de loi visant à autoriser explicitement la
recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires a été enregistrée au Sénat le 1er juin 2012. Son auteur, le sénateur du Cantal Jacques Mézard est radical de gauche.


En 1994, les premières lois
bioéthiques avaient posé le principe d’une interdiction absolue des recherches à partir d’embryons humains conçus in vitro. En 2004, des dérogations à ce principe ont été introduites pour cinq
ans, sous conditions de « progrès thérapeutiques majeurs ».


La dernière loi bioéthique du 7
juillet 2011 pérennise ces dérogations et en a étendu le champ à des « progrès médicaux majeurs » sans toutefois lever l’interdiction. Elle stipule que « les recherches alternatives à celles sur
l’embryon humain et conformes à l’éthique doivent être favorisées », et que ces recherches ne peuvent être conduites que s’« il est expressément établi qu’il est impossible de parvenir au
résultat escompté par le biais d’une recherche ne recourant pas à des embryons humains, des cellules souches embryonnaires ou des lignées de cellules souches ». La recherche sur l’embryon et des
cellules souches embryonnaires pose en effet la question éthique de la destruction de l’embryon.


Concernant la proposition de loi
déposée, en plus de la levée de l’interdiction, plusieurs dispositions proposées réduiraient ou supprimeraient des règles qui visent à garantir la pertinence des recherches : par exemple, les
autorisations données par l’Agence de la Biomédecine (ABM) n’auraient plus besoin d’être motivées, et les ministres chargés de la santé et de la recherche ne pourraient plus interdire une
recherche autorisée par l’ABM mais qui ne respecterait pas les conditions fixées.


Le dépôt d’une proposition de loi ne
signifie pas qu’elle sera mise en débat. Cette nouvelle initiative pourrait venir en écho à l’annonce faite par le président de la République au cours de la campagne présidentielle, lors de sa
visite au Génopole d’Evry le 22 février 2012, de revoir la loi bioéthique pour autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Jusqu’à présent, le gouvernement ne s’est pas
prononcé sur une telle évolution.


Alors que les recherches à partir de
cellules souches de sang de cordon, adultes ou reprogrammées (IPS) ont fait la preuve de leur efficacité, il n’en est pas de même pour les recherches sur l’embryon et les cellules souches
embryonnaires.
Auteur : Alliance vita


Source : www.alliancevita.org

lasorciererouge 21/02/2013


 


Une cellule zombie mise au point par des chercheurs américains


 


 


SCIENCE - C'est une information qui devrait ravir les amateurs de série Z. Des
scientifiques sont parvenus à créer pour la toute première fois une cellule zombie.


En clair, il s'agit d'une cellule morte, mais toujours en fonction. Une première mondiale dont les résultats ont
même surpassé les espérances des chercheurs puisque la cellule morte s'est avérée plus performante que de son vivant. De quoi ouvrir la porte à toutes les extrapolations apocalyptiques.


Pour réaliser leur affaire, les scientifiques du Laboratoire
National de Sandia et de l'Université du Nouveau-Mexique ont eu recours à une technique originale. Celle-ci consista à enduire des cellules de mammifères d'une solution de silice
(le principal composant de l'écorce terrestre) pour former une sorte de blindage perméable autour de la protéine de la cellule vivante, et permettre ainsi aux chercheurs de
confronter la cellule à des températures et des pressions inimaginables pour une cellule vivante.


Un vaste éventail d'applications
potentielles


Ainsi chauffée, à près de 400°C, la matière organique de la cellule s'évapore et laisse dans la silice une réplique
tridimensionnelle des structures minéralisées et des fonctionnalités complexes de l'organisme vivant qu'elle était avec une précision quasi atomique, tout en préservant la spirale de l’ADN
cellulaire.


Étonnamment, la cellule morte reste capable d'effectuer certaines de ses anciennes fonctions. Et dans certains cas,
elle serait même supérieure à son ancêtre biologique grâce aux propriétés du silice qui lui permettent de résister à des températures et des pressions qu'elle n'aurait jamais pu endurer de son
vivant.


"Nos cellules zombies jettent un pont entre la chimie et la biologie en créant des cellules qui, non seulement
ressemblent comme deux gouttes d'eau à elles-mêmes mais sont aussi capables de travailler sans relâche", a notamment déclaré Bryan Kaehr, l'un des scientifiques qui a mené l'étude.


Si l'on est encore loin de voir défiler des hordes de zombies dans nos villes, les scientifiques pourraient, à
l'avenir, utiliser ces structures de silice pour améliorer les performances de certains produits dans les secteurs environnementaux et de la décontamination.


 


Source: Huff Post


...au temps des sorcières c'était direct le bûcher !!