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L'Australie au premier plan des évènements extrèmes!

Publié par Rédaction sur 3 Décembre 2013, 17:43pm

Catégories : #Climat

Les événements climatiques extrêmes pourraient bien augmenter en Australie, en Asie de l’Est ou dans l'est de l’Afrique. L’océan Indien, qui pilote le climat de ces régions, répondrait au réchauffement climatique en modifiant le régime des vents de surface. En conséquence, l’homologue indien d’El Niño deviendrait plus fréquent, plus intense, ce qui engendre de violentes manifestations climatiques.

 

 

Sécheresses, feux de brousse, inondations… l’Australie est régulièrement confrontée à des événements climatiques extrêmes. L’île continent couvre l’équivalent de l’Europe de l’ouest et connaît une étonnante diversité de conditions atmosphériques. Sa position géographique lui confère un climat tropical dans le nord, un plutôt tempéré dans le sud et un franchement désertique dans tout l’outback. La diversité climatique rend le pays dépendant de sa variabilité pour l’approvisionnement des sources d’eau, l’industrie et l’agriculture. Celle-ci serait principalement gouvernée par les variations de températures de l’océan Indien.

Centrés dans les tropiques, les modes de variabilité naturelle du climat résultent des interactions entre l’océan et l’atmosphère. Le phénomène El Niño Southern Oscillation (Enso) influence le climat global. En phase El Niño, la ceinture tropicale du Pacifique se réchauffe et les zones de convection atmosphérique se déplacent. Le nord de l’Amérique du Sud, l’Australie et l’Asie de l’Est connaissent d’importantes sécheresses. Enso est le principal mode de variabilité climatique parce que l’océan Pacifique est le plus grand bassin, mais il n’est évidement pas le seul.

 

 

Le dipôle de l'océan Indien, moteur du climat australien

 

La température des océans tropicaux n’est jamais constante, elle oscille autour d’un état moyen et ce dans chaque bassin. Dans l’océan Indien, le régime de vents génère une différence de température entre les régions ouest et est. Si la température est supérieure à l’état moyen dans l’ouest et inférieure dans l’est, alors l’océan entre en phase positive du dipôle de l’océan Indien (IOD). Lorsque c’est l’inverse, le dipôle est en phase négative.

En phase positive de l’IOD, on enregistre plus de précipitations dans l’ouest de l’océan Indien tandis que d’importantes sécheresses surviennent dans l’est de l’Asie, en Australie, et l’est de l’Afrique. Dans un article paru dans le journal Nature Geoscience, l’équipe du chercheur Wenju Cai confirme que la variabilité du dipôle de l’océan Indien génère des événements extrêmes en Australie.

 

Durant la phase positive de l'océan Indien, la différence de température entre l'ouest et l'est du bassin s'accentue. L'océan au niveau des côtes africaines se réchauffe et il se refroidit au niveau de l'Indonésie. Cette différence de température modifie la circulation atmosphérique, on observe des conditions plus humides dans l'est de l'Afrique, et des conditions plus sèches en Australie.


Durant la phase positive de l'océan Indien, la différence de température entre l'ouest et l'est du bassin s'accentue. L'océan au niveau des côtes africaines se réchauffe et il se refroidit au niveau de l'Indonésie. Cette différence de température modifie la circulation atmosphérique, on observe des conditions plus humides dans l'est de l'Afrique, et des conditions plus sèches en Australie. © CSIRO

Wenju Cai et ses collègues ont étudié l’influence que pouvait avoir le changement climatique sur cette oscillation océanique. Ils montrent que dans un contexte de réchauffement climatique, à l’horizon 2050, les événements extrêmes pourraient devenir la norme en Australie, mais aussi en Afrique et en Asie de l’Est.

 

 

Un dipôle toujours positif

 

L’équipe a d’abord utilisé les modèles climatiques pour reproduire les événements qui ont eu lieu ces 30 dernières années. Ils ont ainsi pu améliorer la capacité des modèles à reproduire fidèlement les processus mis en jeu dans le déclenchement des événements de l’IOD. La formation de la couverture nuageuse dans l’atmosphère, en réponse à l’augmentation de la température de surface de l’océan, a par exemple été améliorée.

Une fois réajustés, les modèles ont simulé les conditions climatiques jusqu’à l’horizon 2100. Les résultats suggèrent qu’un événement positif d’IOD est souvent contrôlé par des vents qui apportent des eaux chaudes en surface à proximité de l’Indonésie. Ils réduisent ainsi la différence de température à travers l’océan Indien et diminuent l’intensité d’un événement positif. Les 54 modèles impliqués dans cette étude convergent vers une tendance à l’affaiblissement de ces vents. L’océan Indien pourrait alors subir plus de phases positives de l’IOD. Si les vents tendent à disparaître, le dipôle de l’océan Indien oscillera entre des phases positives intenses, et des moins intenses, sans passer par des phases négatives.

 

 

Plus de feux de brousse en Australie, plus d'inondations en Afrique

 

« La condition moyenne ressemblera à ce qui est actuellement l'état positif, explique Wenju Cai dans un communiqué du Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSRIO). Nous devrons changer nos définitions de références aux nouvelles conditions normales. » D’après les modèles, la différence de température entre les deux régions du dipôle indien devrait s’amplifier et donc intensifier les événements positifs. En phase positive aujourd’hui, l’Australie connaît d’extrêmes sécheresses et feux de brousse associés. L’est de l’Afrique subit d’extrêmes inondations, qui avaient en 1997 induit le déplacement de centaines de milliers de personne.

L’IOD est une variabilité climatique identifiée en 1999. Depuis bon nombre d’études ont utilisé les données des années passées pour analyser la dynamique du phénomène. À ce jour, peu de projections futures ont été réalisées, cette nouvelle étude fournit donc au moins une première base solide. Avoir une idée de comment risque d’évoluer l’IOD permettra aux pays directement influencés d’adapter au mieux leurs gestions des ressources, telles que l’eau.

 

Delphine Bossy, Futura-Sciences
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