L’exploitation pétrolière s’installe en Méditerranée

Publié le 4 Juillet 2011

 

La grande bleue, qui attire des millions de vacanciers chaque années, risque de devenir un réservoir concentré en pollution. La Méditerranée mer semi fermée et fragile, va t-elle perdre sa faune et sa flore à cause du pétrole? La pollution y est déjà omniprésente, ça ne pourra que s’aggraver. Comme les voitures et les moteurs industriels ne fonctionnent pas encore à l’hydrogène, nous avons du souci à nous faire……..

Plus de soixante plates-formes fonctionnent déjà et de nombreux forages sont en cours.

Auteur: Marielle Court

Les experts sont formels: les forages pétroliers vont se multiplier dans les années qui viennent en Méditerranée. «Essentiellement dans la partie orientale», précise Lucien Montadert, consultant en géologie pétrolière. Mais pas seulement.

Ces projets offshore seraient peut-être passés totalement inaperçus s’il n’y avait eu l’accident dramatique dans le golfe du Mexique le 20 avril 2010 de la plate-forme «Deepwater Horizon» qui a provoqué la mort de 11 personnes et laissé échapper pendant plus de trois mois près de 4 millions de baril de brut. Cet accident est d’ailleurs loin d’être un cas isolé. «Depuis une trentaine d’années on a recensé dix incidents majeurs dont la moitié a donné lieu à des marées noires», rappelle le sénateur Roland Courteau qui a présenté mercredi un rapport de l’OPECST (office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques) sur la pollution en Méditerranée.

 

Nouvelles techniques

 

À ce jour, cette grande mer semi-fermée compte 232 plates-formes d’exploitation d’hydrocarbures dont un tiers environ concerne du pétrole. La très grosse majorité se trouve au large de la Tunisie (43), l’Italie en compte 13, la Libye 5 et la Grèce 3. Mais d’ores et déjà, onze sont en cours de forage (6 en Égypte, 2 en Italie, 20 en Tunisie, 1 en Croatie) et d’autres projets dans les cartons attendent le dernier feu vert.

Cet engouement s’explique en partie par les nouvelles techniques de forage qui permettent d’extraire du pétrole des grandes profondeurs. «Alors que les industriels foraient dans une dizaine de mètres d’eau au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les exploitations à plus de deux kilomètres de profondeur sont aujourd’hui de plus en plus fréquentes», précise Lucien Chabason, conseiller à l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). Sans oublier que les cours du brut rentabilisent aujourd’hui les forages les plus onéreux. «Or, la mer Méditerranée est une mer profonde dont les coûts d’exploitation sont élevés», précise ce spécialiste.

 

Cuves pleines à ras bord

 

Le sénateur de l’Aude est inquiet. «La gravité potentielle des incidents de plates-formes est liée aux faiblesses actuelles de l’encadrement juridique de leur exploitation», regrette-t-il, sachant que les forages offshore dépendent principalement du droit des États riverains. Et pour beaucoup d’entre eux «les préoccupations de sûreté environnementale ne sont pas dominantes». «L’âge de la plupart des plates-formes suscite de réelles inquiétudes», ajoute l’élu.

Un pas a toutefois été franchi en mars dernier avec l’entrée en vigueur d’un accord (le protocole de Madrid) sur la pollution résultant de «l’exploration et de l’exploitation du plateau continental». Six pays l’on ratifié mais pas encore l’Union européenne bien «qu’il couvre un large éventail de sujets: permis de forage, contrôle de ces permis, inspection à bord…», insiste Lucien Chabason.

«En cas d’accident, il n’y a pas d’accord sur la façon de lutter contre la pollution», regrette de son côté Frédéric Hébert, le directeur du Rempec (centre régional méditerranéen pour l’intervention d’urgence contre la pollution marine). Aux craintes d’éventuelles marées noires liées aux exploitations s’ajoutent celles en lien avec l’augmentation constante du trafic maritime. Outre des bateaux de plus en plus gros aux cuves pleines à ras bord de fuel (20.000 tonnes pour certains d’entre eux) le transport de pétrole a considérablement augmenté. «Ce sont 420 millions de tonnes qui transitent aujourd’hui contre environ contre 300 millions il y a dix ans», souligne encore Frédéric Hébert. Reste qu’aujourd’hui la réalité, c’est toujours celle des bateaux qui nettoient leurs cuves en pleine mer: entre 100.000 et 250.000 tonnes par an!

 

Une mer semi-fermée où la pollution ne cesse de s’accroître

 

La mer Méditerranée est menacée. C’est ce qui ressort du dernier rapport (1) de l’Opecst (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques). Le sénateur Roland Courteau, qui a piloté ce travail, ne cache pas son inquiétude. L’élu de l’Aude égraine ainsi les multiples sources de pollution subies par cette mer semi-fermée «qui met un siècle à se renouveler».

En trente ans (1970-2000) la population des pays riverains a augmenté de 50%, passant de 285 à 427 millions. La Grande Bleue accueille 31% du tourisme mondial (275 millions de visiteurs). Or, les infrastructures sanitaires n’ont pas suivi: dans le sud,«44% des habitants des villes de plus de 10.000 habitants ne bénéficient pas d’un accès à un réseau d’épuration», précise ainsi le rapport. Au nord, 11% sont également concernés. Sans compter toutes les stations qui ont le mérite d’exister mais dont les technologies sont aujourd’hui dépassées.

Métaux lourds

Il faut ajouter à cela les rejets industriels ou agricoles: un trop-plein de nitrates, phosphates, métaux lourds, pesticides… Autant de molécules ayant «une très forte rémanence dans l’environnement due à leur faible biodisponibilité», rappelle le document.

Alors que 80% de la pollution provient de l’intérieur des terres, la Méditerranée, comme l’ensemble des océans, souffre d’une accumulation de déchets. «La densité des macrodéchets est de 40 pièces au kilomètre carré, mais peut être plus forte aux débouchés des grandes villes», souligne le sénateur qui s’inquiète tout autant des microplastiques. Ces débris minuscules, de l’ordre de 300 micromètres, fixent les polluants, véhiculent les espèces invasives et trompent les animaux, qui les prennent pour du zooplancton et meurent d’occlusion intestinale.

Le sénateur insiste aussi sur la multiplication des espèces invasives (on en compte aujourd’hui 925 dont 56% sont pérennes) au détriment des espèces endémiques, la prolifération de toxines dans les parcs à coquillages le long des lagunes, l’accroissement constant du trafic maritime dont le transit est passé en quelques années de 312 à 492 millions de tonnes…

Roland Courteau fait une dizaine de propositions axées sur la recherche et la gouvernance. Il suggère notamment de créer une alliance sur la recherche en Méditerranée en France, d’amplifier les travaux sur les polluants émergents, de parrainer les laboratoires des pays du Sud et d’«institutionnaliser la coopération entre les principaux instituts de recherche des pays riverains».

La lutte contre la pollution ne peut fonctionner que si les pays sont à l’unisson sur ce dossier. Faute d’une UPM (Union pour la Méditerranée) en état de marche, Roland Courteau engage à «séparer l’aspiration à un rapprochement politique des États riverains et la nécessité d’amplifier l’aide au codéveloppement technique». Il propose la création d’une agence de protection de l’environnement et de protection du développement durable en Méditerranée. Cette agence engloberait les dispositifs existants tels que la convention de Barcelone. L’adhésion serait volontaire et les décisions y seraient prises à la majorité qualifiée.

(1) «La pollution en Méditerranée: état et perspectives à l’horizon 2030».

 

Source:  http://lesmoutonsenrages.wordpress.com/2011/07/04/lexploitation-petroliere-sinstalle-en-mediterranee/

Dav "2012 un nouveau paradigme"

Rédigé par Dav

Publié dans #Environnement

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lasorciererouge 14/05/2012


Une catastrophe inimaginable !





 


Deux ans après l’explosion de la plate-forme Deepwater du géant pétrolier BP, au large des
côtes de Louisiane la région ne s’est pas remise du désastre. Environnement dégradé, économie locale au ralenti : les conséquences sont toujours présentes. Et les doutes, les non-dits, voire même
les dissimulations, de la part de BP et des autorités américaines sont toujours aussi gênants.


Presque deux ans après que Greenpeace ait présenté une demande
d’accès aux images et aux informations relatives à la catastrophe pétrolière dans le Golfe du Mexique, les premiers fichiers viennent d’arriver. Enfin. Les images reçues sont troublantes,
inquiétantes et surtout posent la question de l’information du public par les pétroliers et les autorités américaines …


Ces images de tortues marines mortes, complètement couvertes
d’hydrocarbures, présentent une image très différente de ce qui a été présenté au public par les autorités américaines…


La Maison-Blanche s’est attachée à mettre en exergue les jolies
histoires d’animaux secourus et relâchés dans la nature, ils ont soigneusement masqué ces images de sacs poubelle remplis de tortues de Kemp Ridley.


Nous sommes extrêmement préoccupés par ce que peut receler la
somme d’informations qui demeure non dévoilée. Qu’ont vu, qu’ont découvert les scientifiques, les représentants du gouvernement américain, ceux de BP ?


Ces photos sont un sinistre rappel des dommages réels que les
compagnies pétrolières peuvent causer, et causent au quotidien. Ces photos sont aussi, pour nous, un nouveau rappel de la nécessité, de l’urgence d’imposer la transparence !


Greenpeace a présenté plus de 50 demandes FOIA (Freedom of
Information Act, en français,”Loi pour la liberté d’information“) différentes à divers organismes de l’État fédéral depuis le mois de mai 2010.


Nous continuons à recevoir des documents suite à ces demandes …
Nous les publions donc, régulièrement, en continu, sur le site PolluterWatch.


Voir les 300 nouvelles photographies aériennes du gouvernement reçues via FOIA il y a deux semaines.


En attendant que le reste des demandes de Greenpeace aboutissent,
nous demandons à la Maison Blanche de mettre immédiatement à disposition du public l’ensemble des images, l’ensemble des fichiers concernant la catastrophe Deepwater Horizon… Et ce AVANT que le
Gouvernement ne trouve un terrain d’entente avec BP !


Auteur : GREENPEACE


Source : energie-climat.greenpeace.fr

lasorciererouge 18/10/2012


Le décret qui intrigue...


 





Zone bleue marine


 


Le décret qui intigue... et qui inquiète à juste titre (?) les
opposants aux forages en Méditerranée !


Est paru au Journal Officiel du 14 octobre 2012 un décret que
je vous copie ci-dessous in extenso.


Ce décret crée au large des cotes méditerranéennes une Zone
Économique Exclusive (ZEE) qui se substitue à la Zone de Protection Écologique (ZPE).


Suite à cette publication je me pose les questions suivantes
:


 


-  je ne mets pas en cause la nécessité d'une ZEE.


-  mais pourquoi commande t-elle automatiquement
l'abrogation de la ZPE ?


-  sur quelle base juridique les permis ont été délivrés
(puisqu'il y n avait pas de ZEE) ?


-  en outre, la ZPE était contenue dans une loi, est-ce
qu'un décret peut se substituer à une loi de manière aussi facile ?


-  quand est ce que le gouvernement répondra à la demande
de renouvellement du permis Rhône Maritime ?


-  est ce qu'il y a des liens entre cette réponse
gouvernementale "en suspens" et la création de la ZEE ?


-  cette ZEE n'ouvre t-elle-pas grande la porte des
exploitations minières et d'hydrocarbures à venir.


-  n'est elle pas également un préalable au
commencement du projet "Gold" ? (voir plus bas dans l'article)


 


Mais peut-être un bon juriste spécialisé "mer" pourra y
répondre.


 


JORF n°0240 du 14 octobre 2012 page 16056
texte n° 5


DECRET
Décret n° 2012-1148 du 12 octobre 2012 portant création d'une zone économique exclusive au large des côtes du territoire de la République en Méditerranée

NOR: MAEJ1109102D


Publics concernés : utilisateurs de la mer en Méditerranée.
Objet : création d'une zone économique exclusive en Méditerranée qui se substitue à la zone de protection écologique créée en 2003.
Entrée en vigueur : le décret entre en vigueur le lendemain de sa publication.
Notice : le décret crée une zone économique exclusive (ZEE) au sens de la convention des Nations unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982, dite " convention de Montego Bay ", ce qui a
pour effet de :
― conférer à l'Etat des droits souverains pour l'exploration, l'exploitation, la conservation et la gestion des ressources naturelles, biologiques ou non, se trouvant dans les eaux, sur le fond
de la mer et dans le sous-sol de la zone considérée ;
― renforcer sa capacité à lutter contre toutes les formes de pollutions ;
― lui permettre d'y mener d'autres activités tendant à l'exploration et à l'exploitation de cette zone maritime à des fins économiques, telles que la production d'énergie à partir de l'eau, des
courants et des vents ;
― l'autoriser à mettre en place et à utiliser des îles artificielles et autres installations ou ouvrages, telles que des plates-formes de forage et des éoliennes.
Références : le décret peut être consulté sur le site Légifrance (http://www.legifrance.gouv.fr).
Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre des affaires étrangères,
Vu la convention des Nations unies sur le droit de la mer, signée à Montego Bay le 10 décembre 1982, notamment sa partie V ;
Vu la convention de délimitation maritime entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de Son Altesse Sérénissime le Prince de Monaco, signée à Paris le 16 février 1984
;
Vu la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République italienne relative à la délimitation des frontières maritimes dans la région des bouches de
Bonifacio, signée à Paris le 28 novembre 1986, et son rectificatif ;
Vu le code de l'environnement, notamment son article R. 218-15 ;
Vu la loi n°
71-1060 du 24 décembre 1971 modifiée relative à la délimitation des eaux territoriales françaises ;
Vu la loi n°
76-655 du 16 juillet 1976 modifiée relative à la zone économique au large des côtes du territoire de la République, notamment son article 5 ;
Vu le décret du 19 octobre 1967 définissant les lignes de base droites et les lignes de fermeture des baies servant à la détermination des lignes de base à partir desquelles est mesurée la
largeur des eaux territoriales ;
Le Conseil d'Etat (section des travaux publics) entendu,
Décrète :


Article 1 En
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Il est institué au large des côtes du territoire de la République en Méditerranée une zone économique. Cette zone comprend deux parties séparées par les eaux territoriales entourant la Cor