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L'influence du réchauffement global sur les typhons reste incertaine

Publié par Dav sur 16 Février 2013, 18:42pm

Catégories : #Climat

416941 369673063117253 581621832 nL'année dernière, lorsque le typhon Bophae, l’une des tempêtes les plus violentes de l’histoire récente à avoir touché le Pacifique occidental, a frappé l’année dernière l’île de Mindanao, dans l’archipel des Philippines, de nombreux médias ont soupçonné que cela était dû à l’impact croissant du changement climatique.

Pourtant, les scientifiques ne sont toujours pas certains que les émissions de gaz à effets de serre dans l’atmosphère aient causé un changement détectable dans les activités cycloniques.

C’est ce qu’a rapporté le Comité des typhons de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) des Nations Unies et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans une nouvelle évaluation couvrant le bassin du Pacifique Nord-Ouest.

 

Cette région est la plus active en cyclones tropicaux du monde. Les activités cycloniques sont à l’origine d’environ 11 pour cent des précipitations dans cette partie du bassin. Les tempêtes — appelées typhons dans cette région du monde — y ont fait des morts et causé d’importants dégâts.

Le Comité des typhons qui a lancé cette évaluation est actuellement composé de 14 membres : le Cambodge, la Chine, la République populaire démocratique de Corée, Hong Kong (Chine), le Japon, la République démocratique populaire lao, Macao (Chine), la Malaisie, les Philippines, la République de Corée, Singapour, la Thaïlande, la République socialiste du Vietnam et les États-Unis d’Amérique.

Les résultats correspondent à ceux du rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) consacré à la gestion des risques liés aux événements extrêmes et aux catastrophes naturelles pour faire progresser l’adaptation aux changements climatiques (SREX). Des scientifiques ayant une bonne connaissance du SREX ont dit que les chercheurs n’étaient pas certains de la manière dont les cyclones tropicaux pourraient avoir changé depuis l’ère préindustrielle. Cela s’explique par le manque d’informations, par la qualité douteuse des données plus anciennes et par la compréhension limitée des liens entre le changement climatique mondial et les activités cycloniques tropicales.

Une étude relative à cette question menée par une équipe d’experts de l’OMM en 2010 n’avait pas non plus été concluante.

 

La communauté scientifique est actuellement divisée entre ceux qui pensent que le changement climatique anthropique a déjà eu un effet détectable sur les activités cycloniques et ceux qui considèrent que l’on ne peut pas distinguer les changements observés dans l’intensité, la fréquence et la trajectoire des cyclones des variabilités naturelles. Le rapport de la CESAP et de l’OMM et le SREX du GIEC concluent que les données sont insuffisantes pour adopter une position définitive.

 

Pourtant, la plupart des organisations qui ont publié des articles sur le sujet prévoient une influence croissante du changement climatique anthropique sur les cyclones tropicaux : leur intensité moyenne devrait s’amplifier, leur fréquence mondiale devrait décroitre et le taux de précipitations dues aux cyclones devrait augmenter.

Selon Tsz-Cheung Lee, qui travaille à l’Observatoire de Hong Kong et est l’un des auteurs de la nouvelle évaluation de la CESAP et de l’OMM, on ne dispose de données fiables sur les cyclones tropicaux que depuis les années 50. Cela représente une période relativement courte pour tirer des conclusions, d’autant plus que l’activité cyclonique dans le Pacifique Nord-Ouest varie sensiblement d’une décennie à l’autre.

Vers le milieu des années 60, « nous avons commencé à pouvoir observer les cyclones tropicaux par satellite et nous avons donc pu contrôler leur présence sur de vastes étendues océaniques », a expliqué Thomas Knutson, spécialiste américain des ouragans et coauteur de l’évaluation. « Avant et notamment avant les débuts de la reconnaissance aérienne, dans les années 40, les relevés historiques dépendaient grandement des rencontres fortuites entre des cyclones tropicaux et des bateaux, car c’était l’une des seules manières de détecter la présence des cyclones tropicaux qui ne touchaient pas les terres. »

 

M. Knutson, qui est modélisateur en climatologie pour l’Administration océanique et atmosphérique nationale des États-Unis (NOAA), a ajouté que les pratiques d’observation des typhons avaient « beaucoup changé avec le temps. À tel point que si l’on observe certaines tendances, il est difficile de savoir s’il s’agit réellement d’un effet du changement climatique ou si cela vient des changements de systèmes d’observation ».

Dans le cadre de l’étude, les chercheurs ont demandé à des pays du bassin de fournir des données historiques sur les cyclones tropicaux qui avaient touché leurs côtes.

 

« L’étude de ces informations nous a portés à conclure encore une fois qu’il n’y a à ce jour aucun signe clair de changement climatique anthropique dans les données cycloniques », a dit M. Knutson.

L’évaluation, publiée après avoir analysé les dernières études pendant deux ans, a révélé d’importantes variations des activités cycloniques d’une année à l’autre et d’une décennie à l’autre. Les causes de ces variations sont complexes, a dit M. Lee dans un courriel adressé à IRIN. Elles peuvent être autant liées au changement climatique anthropique qu’à des facteurs naturels comme El Niño et La Niña. De nouvelles études sont donc nécessaires.

Les experts ont également découvert qu’au cours des prochaines années, « la fréquence mondiale des cyclones tropicaux va probablement décroitre ou stagner en raison du réchauffement climatique lié à l’effet de serre. Il est par ailleurs probable que les vitesses maximales de vent et les taux de précipitation liés aux cyclones tropicaux augmentent au cours du XXIe siècle », a dit M. Lee.

 

« La vulnérabilité des régions côtières aux inondations causées par des ondes de tempête devrait augmenter avec la hausse du niveau de la mer et les aménagements du littoral. En outre, l’évaluation a également remarqué un probable changement dans l’orientation des trajectoires dans le Pacifique Nord-Ouest au cours des vingt dernières années, même si le lien entre cette variation et le changement climatique anthropique doit faire l’objet de plus amples recherches », a-t-il dit en citant l’évaluation.

 

Selon M. Knutson, les prévisions à court terme actuelles concernant les cyclones tropicaux sont plus adaptées pour anticiper la trajectoire des tempêtes que leur intensité. « L’intensité semble être plus difficile à prévoir, même avec l’aide de nos meilleurs programmes de modélisation. »

M. Lee a affirmé que, selon lui, le typhon Bopha était un évènement extrême. « Lorsque nous étudions les impacts du changement climatique, nous nous référons généralement aux changements de climat (moyenne des conditions météorologiques) sur une période donnée — plusieurs dizaines ou centaines d’années. De plus amples analyses et simulations modélisées sont cependant nécessaires pour confirmer le rôle du changement climatique anthropique dans des évènements extrêmes uniques comme Bopha. »

 

« Néanmoins, selon les prévisions d’un certain nombre d’études relatives au changement climatique mondial, le risque de cyclones tropicaux plus intenses accompagnés [...] de plus fortes précipitations devrait augmenter au XXIe siècle. »

M. Knutson a déclaré avoir la même opinion que Lee concernant Bopha. Interrogé sur la possibilité que les scientifiques soient certains de l’influence des émissions futures alors que l’impact des émissions passées est indéterminé, M. Knutson a répondu : « Le crédit relativement modeste que M. Lee et moi-même accordons à de telles prévisions s’explique par le fait qu’un tel changement n’a pas encore été observé dans les relevés de cyclones tropicaux [...] Les variations d’intensité causées par le changement climatique auxquelles nous faisons référence seraient difficiles à détecter, même si nous disposions de 60 ans de données parfaites concernant l’intensité des cyclones dans le Pacifique Nord-Ouest, ce qui n’est pas le cas.»

 

Source : Irin

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