Le Nouveau Paradigme

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La DGS prescrit systématiquement le Tamiflu® aux patients grippés.

Publié par Dav sur 31 Janvier 2013, 20:50pm

Catégories : #Santé

 

 3695047647_f658857c3b.jpgLe 10 décembre 2012, la DGS (Direction générale de la santé) a annoncé que les traitements antiviraux, jusque-là recommandés uniquement dans les formes sévères et chez les personnes à risque, étaient désormais justifiés chez tous les patients ayant une grippe, y compris chez les nourrissons âgés de moins de 12 mois lors d'une pandémie grippale. Cette mesure n’a pas fait l'unanimité parmi le monde médical.

La DGS ignore-t-elle les doutes qui pèsent sur ce produit qu’elle préconise ? Essayons de lui rafraichir la mémoire.

Le CNGE, qui représente 1 500 adhérents, médecins généralistes chargés d'enseignement dans les facultés de médecine, a fait savoir qu'il « ne recommande pas l'utilisation systématique de médicaments antiviraux en cas de suspicion de grippe A », et demandait alors à la DGS « d'indiquer les arguments scientifiques et les niveaux de preuve sur lesquels s'appuie ce changement soudain de recommandation ». Cette attitude contestatrice est plutôt inhabituelle de la part de cette instance. Pour le Dr Vincent Renard, vice-président du CNGE : « Selon les données dont nous disposons, la balance bénéfice-risque du Tamiflu® est défavorable. Les bénéfices ne sont pas établis, contrairement aux effets secondaires : nausées et vomissements qui sont fréquents chez les adultes, troubles du sommeil chez les enfants. Or, si des millions de patients sont traités, ce sont les généralistes qui auront à gérer les effets indésirables.»

Le groupe pharmaceutique suisse Roche est aussi dans le collimateur de l'Agence européenne du médicament, qui l'accuse de ne pas avoir transmis aux autorités sanitaires les données de plus de 100 000 dossiers de patients, pour 19 produits, dont le Tamiflu®.

3809790807_3998912da1.jpgCes critiques rejoignent celles du British Medical Journal, l'une des plus prestigieuses revues médicales au monde, qui demande au laboratoire Roche de publier l'intégralité de ses tests sur le Tamiflu®, pour prouver définitivement l'efficacité de ce médicament antiviral. N’oublions pas que le Tamiflu® a défrayé la chronique lors de l'épidémie de grippe porcine en 2009, quand des pays comme la France ont dépensé des milliards d'euros pour en acheter des millions de doses, afin de répondre à une éventuelle explosion de la pandémie.

Peter Gotzsche, le directeur du Nordic Cochrane Center de Copenhague qui collabore avec le BMJ pour demander plus de transparence aux laboratoires Roche, estime que les pays européens qui ont fait des stocks de Tamiflu® en 2009 devraient attaquer Roche en justice pour être remboursés de leurs achats. « Je suggère que l'on boycotte le produit de Roche tant qu'ils n'ont pas rendu publiques toutes les données sur le Tamiflu® », a-t-il déclaré.

D'après le BMJ et la Cochrane Collaboration, Roche n'a pas publié les données complètes liées à 15 études cliniques menées sur le Tamiflu®. Le laboratoire a répondu à la revue britannique en affirmant que « Roche n'acceptait pas le contenu de la lettre qui concernait la transparence » de l'entreprise et avait répondu à toutes les exigences réglementaires.

Le conflit entre Roche et le BMJ n'est pas nouveau. à la suite de l'épidémie de grippe A en 2009 et d'une enquête demandée par les parlementaires britanniques au sujet des dépenses énormes du gouvernement pour amasser des stocks de Tamiflu®, le journal avait déjà demandé à Roche de prouver que l'antiviral pouvait réduire le nombre de complications en cas de grippe sévère.

Le professeur Bruno Lina, directeur du Centre national de référence de la grippe et qui a, lui aussi, défrayé la chronique en affolant les populations et en se faisant complice de ces dépenses extravagantes, a bien été obligé de reconnaitre qu'il « n'existe pas d'essai clinique réalisé dans les règles qui permet de prouver l'efficacité du Tamiflu® contre les cas de grippes sévères ».

C’est à cette époque que la Collaboration Cochrane, organisation internationale indépendante qui regroupe 15 000 professionnels de santé à travers une centaine de pays et a pour objectif de passer en revue des études scientifiques afin de mesurer l'efficacité des produits de santé, a enquêté sur dix études citées comme références par le laboratoire suisse.

2549249290_542dec73b8.jpgOr, sur ces dix études, menées uniquement par Roche, deux seulement ont été publiées dans des journaux scientifiques et les dossiers de ces deux publications ont « disparu ». En effet, les chercheurs qui étaient supposés avoir accès aux dossiers ont appris de l’auteur de la première publication qu’il avait perdu l’original de son travail en changeant de bureau – qui pourrait croire une telle sottise ? , et l’autre auteur avoua qu’il n’avait pas participé à l’étude. En vérité, ces auteurs, tous deux employés d’Adis International, une importante compagnie de communication qui travaille pour « Big Pharma », ont admis qu’ils ont écrit en tant que « nègres » certaines études publiées sur le Tamiflu®. L’un deux a avoué au BMJ que c’était le département commercial de Roche qui gérait l’affaire du Tamiflu®. « Dans l’introduction, je devais annoncer que la grippe était un problème très important et je devais arriver à la  conclusion que le Tamiflu® en était la réponse ».

Autrement dit, c’est le département commercial de Roche qui gérait la partie scientifique et dictait aux chercheurs la conclusion des essais cliniques. Quels que soient leurs résultats, ils devaient parvenir à la conclusion que le Tamiflu® était la bonne réponse à la grippe. On peut ainsi constater la « parfaite intégrité » du laboratoire ! Dans de véritables démocraties, ces déclarations auraient dû déclencher un tollé contre le laboratoire et la suspension immédiate du produit.

La seule étude que la Cochrane Collaboration a pu obtenir est une étude non publiée, concernant 1 447 adultes, et qui montre que ce produit n’est pas meilleur qu’un placebo.

Pour le laboratoire Roche, fabricant du Tamiflu®, la publication du BMJ est tronquée car elle ne prend pas en compte toutes les études. « Cette méta-analyse n'a porté que sur des sujets sains, qui ne sont pas les groupes qui font le plus de complications ». C’est pourtant pour ces derniers groupes que le Tamiflu® est aujourd'hui recommandé par l'Organisation mondiale de la santé. Par ailleurs, Roche a affirmé qu'il « confirmait la solidité et l'intégrité des données prouvant l'efficacité et la sécurité du Tamiflu® et la conduite des essais cliniques » et que « des études incluses dans les dossiers d'autorisation de mise sur le marché attestent d'une diminution statistique des complications respiratoires sous Tamiflu®. »

L’association NaturalNews ne partage pas cette opinion :  « Lorsqu’on en vient à la vente de produits chimiques pour traiter le virus porcin H1N1, l’industrie n’a que deux solutions : les vaccins et les antiviraux. Le Tamiflu® est en effet dérivé d’une plante qui fait partie de la Médecine traditionnelle chinoise, l’anis étoilé. Mais le Tamiflu® n’est pas une plante. C’est une concentration potentiellement dangereuse de composants chimiques isolés qui ont été piratés, et lorsque vous isolez ces composants spécifiques, vous perdez la valeur et l’innocuité de la plante dans sa totalité. »

7200469646_3dfb9a80bb.jpgToutefois, dans sa recherche d’un marché prometteur, le laboratoire Roche ne s’est pas arrêté à ce détail et se réclame de dix études qui auraient démontré l’efficacité et l’innocuité du Tamiflu®, dont 61 % de réduction d’admissions hospitalières chez ceux qui avaient attrapé la grippe et étaient soignés par leur produit.

Or, ces études ont toutes été menées par le laboratoire suisse, et c’est sur ces déclarations, qui seraient toutes aussi fausses et inventées par Roche, que de nombreux gouvernements ont décidé d’acheter en masse des comprimés de Tamiflu®. Ainsi, la France s’est procuré un stock de 4 millions de doses, et la pharmacie des armées en a produit 3,3 millions, à partir du principe actif fourni par le laboratoire Roche.

Le Dr Fiona Goodlee, rédactrice en chef du British Medical Journal, est scandalisée : « Les gouvernements mondiaux ont dépensé des milliards pour un médicament que la communauté scientifique est aujourd'hui incapable d’évaluer ». Elle a fait remarquer que le laboratoire Roche n'a pas facilité l’enquête et n’a pas fourni tous les comptes-rendus des précédentes évaluations scientifiques.

Le Tamiflu® a rapporté une fortune à Roche, et la question qui reste posée est : pourquoi, si l’on en croit la banque J.P. Morgan, les gouvernements de la planète ont-ils investi environ 3 milliards de dollars dans un médicament si peu utile ? D’autant que s’il est peu utile, il reste dangereux. Ainsi, d’après la FDA, ses effets secondaires peuvent inclure des problèmes cardiaques mortels. Il est donc indispensable d’être certain que si ce médicament doit éviter des décès par la grippe, comme Roche le prétend, il faut savoir quel est le rapport bénéfice/risque en sa faveur.

Shannon Brownlee, de la New America Foundation, et Jeanne Lenzer, journaliste d’investigation ont demandé à la FDA si elle a bien réclamé une nouvelle étude à Roche pour prouver si oui ou non ce médicament diminuait le nombre de complications plus qu’il n’en causait. Le porte-parole du laboratoire a répondu que cette demande n’avait pas été faite. Ainsi, ni le CDC ni la FDA n’ont demandé une enquête vraiment scientifique pour déterminer la vérité sur ce sujet, mais Nancy Cox, qui dirige la question de la grippe au CDC, a répondu il y a déjà quelque temps qu’elle était opposée à une étude contrôlée avec placebo car les bénéfices étaient suffisamment prouvés.

Mais l’affaire est à présent si mal engagée que personne ne semble assez intéressé pour mener une nouvelle étude afin de savoir si ce produit peut ou non sauver des vies sans en détruire. C’est à nos institutions de savoir enfin faire le tri entre la véritable science et une avidité éhontée de bénéfices financiers. L’OMS, le CDC et la FDA, auxquels les Agences européennes se sont fiées, se sont bien  gardés de vérifier des études uniquement menées par le laboratoire fabricant et ses salariés car, de toute manière, quoiqu’il advienne, personne ne sera jamais responsable ni « condamnable ». Seules les victimes en pâtiront et ne seront sans doute jamais dédommagées.

 

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