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La France et l'Europe engluées dans une situation météorologique exceptionnelle

Publié par Dav sur 31 Mai 2013, 20:38pm

Catégories : #Climat

La France connaît depuis plusieurs semaines un temps maussade persistant, marqué par un déficit d'ensoleillement, des températures inférieures à la moyenne saisonnière et d'abondantes précipitations, selon Météo France. Après un épisode de douceur à la mi-avril 2013, la majeure partie de la France connaît depuis le 10 mai un temps frais et maussade. Les trois premières semaines du mois, le déficit d'ensoleillement est inférieur de 20 % en moyenne sur la France et de 30 % à 40 % dans le nord-est du pays. Cette situation peut être qualifiée d'exceptionnelle.

Quant aux températures, elles se situent localement de 5°C à 6°C sous les niveaux de saison, avec des planchers à près de 8°C en dessous de la normale, dans l'est. Il faut remonter à 1991 pour retrouver un mois de mai aussi frais.

La situation actuelle est le résultat d'un 'régime de dorsale', dans lequel l'anticyclone des Açores est installé au milieu du bassin atlantique. Ce qui permet à de l'air polaire de descendre sur l'Europe de l'Ouest. Ce type de régime ne s'installe généralement que pour quelques jours, mais cette fois l'anticyclone est bloqué dans cette configuration depuis environ trois semaines.

 

Vers une année sans été en Europe de l'Ouest ?

Les prévisions saisonnières ne sont pas optimistes pour les mois à venir. Cette configuration météorologique n’est pas inédite : le climat connaît des variations cycliques, et des paramètres externes peuvent aussi avoir des répercussions notables, tels que les volcans.

Faut-il donc s’attendre à une année sans été ? le terme est sans doute un peu fort : il fait référence à la fameuse année 1816 où l’Europe avait connu des conditions météorologiques exceptionnellement rigoureuses : après un hiver très rude, l’été ne s’est pas installé avec un déficit thermique de –1° à –3° en particulier sur la France. La fraîcheur, la pluie et la neige ont persisté tout l’été, anéantissant les récoltes et les vignes, suscitant la colère du Peuple déjà éprouvé après des années de guerre napoléonienne.

Mais les causes de cette « année sans été » étaient bien identifiées : la faute à une gigantesque éruption volcanique en 1815 – le volcan Tambora en Indonésie – qui propulsa dans la haute atmosphère une énorme quantité de poussières, de cendres et de suies. Ce panache s'est répandu dans le monde entier et a agi comme un filtre contre les rayons du soleil, provoquant une sorte de « petit âge glaciaire » qui a duré plusieurs années, pendant environ 40 mois en tout.

Ce phénomène est bien connu : plus près de nous, en avril 1991, l’éruption du volcan Pinatubo aux Philippines avait provoqué une baisse de plus d’un degré de la température moyenne de la Terre ; le printemps et l’été de cette année-là furent maussades en France. Le 18 mai 1980, l’éruption du Mont Saint Helens aux Etats-Unis entraîna deux années froides avec des étés pourris en France (la neige tombait en juillet sur les Monts d’Auvergne) : il fallu attendre l’été 1982 pour retrouver de la chaleur sur notre pays.

Au 20 ème siècle, les volcans ont donc parfois provoqué une baisse planétaire des températures, pouvant aller jusqu’à près de 2°C, ce qui est énorme. Mais ces baisses n’ont pas remis en cause la tendance au réchauffement climatique observé jusqu’à la décennie 2000. Cependant, dans l’histoire des temps géologiques, de grandes éruptions à répétition ont pu amorcer des ères glaciaires, un peu à l’image des astéroïdes qui, en percutant la Terre, projettent tellement de poussières dans l’atmosphère qu’ils assombrissent la lumière du soleil… Cette année, l’activité volcanique a certes repris un peu d’intensité cette année, mais sans atteindre le paroxysme des éruptions historiques mentionnées ci-dessus : l’impact sur le climat n’est pas mesurable.

Enfin, plusieurs régions du pays connaissent des pluies abondantes et persistantes. A titre d'exemple, il est tombé à Cannes (sud) autour de samedi 72 millimètres d'eau mètres en 36 heures, l'équivalent des précipitations attendues pour un mois de mai entier. Idem à Biarritz (sud-ouest), où il est tombé l'équivalent de plus d'un mois de pluie (137 mm).

Plus inquiétant, après cet hiver froid et long, il semblerait désormais que le scénario d'une année sans été sur l'Europe de l'Ouest se profile (70% des modèles climatique saisonnier vont dans ce sens ce qui est très significatif d'après Météo Consult) y compris sur la France. Ces prévisions saisonnières sont basées notamment sur l’analyse des principaux modèles numériques (européen et américain en particulier), dont les résultats ne sont pas optimistes : certains calculs envisagent la persistance d’une anomalie froide pendant les 3 mois de l’été (Juin, Juillet, Août) conjuguée à des précipitations excédentaires. Certes, il s’agit d’une moyenne trimestrielle qui ne permet pas de mettre en évidence quelques pics de chaleur ponctuels – normaux en cette saison -, mais la tendance qui se dégage serait celle d’un été pourri sur notre pays.

Ces données numériques sont également comparées à une analyse statistique afin d’apporter une meilleure fiabilité à ces prévisions : en regardant ce qui s’est passé lors des années où les printemps étaient maussades, on constate qu’à plus de 80%, ils étaient suivis d’été frais et humides. Dans les années 1960 puis à nouveau dans la décennie 2000, aucun printemps « pourri » n’a été suivi d’un réel bel été. Dans les décennies 1970, 80 et 90, on trouve trois exceptions notables : 1975, 1983 et 1995, où les étés furent très chauds mais aussi orageux. Seule l’année 1983 est l’exception qui confirme la règle, avec un mois comparable à celui que nous connaissons, suivi d’un mois de juillet caniculaire.

Outre ces statistiques, qui ne présagent pas forcément du résultat, le contexte climatique actuel conforte néanmoins cette hypothèse d’un été frais sur la France : les températures de l’Atlantique, de la Manche, de la Mer du Nord et de la Méditerranée restent nettement plus froides que les normales, ce qui entretient un potentiel d’air froid autour de l’Europe de l’ouest. Compte-tenu de l’ampleur de ce déficit (parfois proche de –5° pour la Manche et la mer du Nord), il est peu probable que le retard soit rattrapé lors des prochaines semaines, ce qui repousse d’autant plus la possibilité de l’installation de la chaleur. C’est pourquoi la façade occidentale du continent semble la plus mal lotie, y compris la péninsule ibérique, alors que la chaleur aura tendance à remonter davantage vers l’Europe de l’est et la Russie.

Autre facteur limitatif de la chaleur durable : l’humidité. De nombreuses études climatiques ont démontré qu’une forte humidité des sols du pourtour méditerranéen annihilait le risque de canicule sur l’Europe ; en effet, la survenance d’une vague de chaleur aboutirait alors à une forte évaporation, et donc à la formation d’orages qui mettraient rapidement fin à cette vague de chaleur. On peut donc s’attendre à quelques pics de chaleur (quelques vagues de chaleur ponctuelles sont possibles), tournant rapidement à l’orage. Là aussi, on note quelques exceptions : en 2006 et en 2009, la France a connu des épisodes caniculaires (surtout dans le sud) alors que les précipitations hivernales et printanières avaient été soutenues sur les pays riverains de la Méditerranée.

 

Pour Météo France, il convient tout d’abord de mettre toutes ces annonces au conditionnel. Leur lecture des résultats des modèles météorologiques internationaux, aboutissent à une conclusion nettement plus équilibrée: les mois de juillet et août devraient être... ni chauds, ni frais. Il rappelle que la fiabilité des prévisions saisonnières n’est pas très bonne. Pour Météo France, les modèles disent qu’il y a environ 50% de chances que l’été soit chaud et 50% de chances pour qu’il soit frais.

Les raisons de cette incertitude est la multitude des variables, en particulier en Europe de l’Ouest qui peut entraîner de fortes fluctuations.

Si Météo France est d’accord sur la probabilité d’un mois de juin plus froid que la normale, l'organisme ne se prononce pas sur les deux mois suivants.

 

Statistiques inopérantes

 

Quand la science cale, en général, elle fait appel aux statistiques. Mais, là encore, la météo ne se laisse guère piéger. Lorsque le printemps est pourri, il existe une très légère tendance en faveur d’un été frais. Rien à voir avec les 70% calculés par Météo Consult. Météo France cite quelques contre-exemples: 1983 avec un bel été et même une canicule en juillet malgré un printemps pourri. 1975 avec du soleil en été après un printemps frais et gris.

Et de 1984 à 1986, les printemps maussades ont été suivis d’étés ensoleillés même s’ils n’étaient pas très chauds. En effet, le «beau temps» n’est pas uniquement déterminé par le niveau de température. De plus, le problème des statistiques en météo, c’est que la régularité relève plutôt de l’exception et que l’anomalie est pratiquement la règle.

Certes, les eaux de la mer du Nord et la Manche sont plus froides que d’habitude de 2°C à 5°C, ce qui est considérable. Cela est dû au temps gris qui sévit depuis le mois de janvier. La situation actuelle ne peut affecter que les régions côtières et n’est pas en mesure d’empêcher l’anticyclone tant espéré, celui qui refuse obstinément de quitter les Açores pour venir jusqu’à nous.

 

Des modèles météorologiques indécis

 

Pourquoi une telle indécision sur les mois à venir? Parce que les différents modèles météorologiques saisonniers (juin-juillet-août) ne donnent pas de résultats convergents pour la France. La page de Météo France qui les affiche montre clairement des contradictions. Le modèle européen (CEP) ne privilégie aucun scénario. Météo France penche pour des températures inférieures à la normale. Les Britanniques (Met Office) et les Américains (NCEP) estiment qu’elles seront proches de la normale et les Japonais (JMA) ne se prononcent pas. Résultat: pas de scénario privilégié.

Etienne Kapikian précise que l’ordre de grandeur des variations de température pour les scénarios plus froids ou plus chaud que la normale est de 1°C. Il indique également que le réchauffement climatique est «implicitement» intégré aux modèles. Ils prennent ainsi en compte une température atmosphérique supérieure à celle d’il y a trente ans, une surface de glace en Arctique plus faible et une température des océans plus élevée.

 

La fonte des glaces en Arctique suspectée

 

Le rôle de la fonte des glaces polaires sur la fraîcheur du printemps est considéré comme «une hypothèse sérieuse». Il pourrait favoriser la descente d’air froid depuis le nord. Mais ce n’est pas facile à démonter car nous n’en sommes qu’au début de ce phénomène. Idem pour la différence de température entre le pôle Nord et les tropiques qui, en se réduisant, pourrait affecter les courants-jets, ces mouvements d’air très rapides qui circulent à 10.000 mètres d’altitude et constituent de véritables moteurs de la météo.

En raison du réchauffement, ils pourraient être moins canalisés. D’où une trajectoire plus chaotique et les blocages durables sur une zone donnée. D’où de longues périodes de fraîcheur ou de canicule auxquelles il semble qu’il faudra bien nous habituer. Le printemps pourri pourrait s’expliquer ainsi. Mais aussi autrement, comme le montrent les exemples anciens.

 

Le Gulf Stream se porte plutôt bien

 

Et le Gulf Stream, dans tout cela? La frayeur ultime. Son arrêt signifierait que la France serait soumise au même climat que celui de New York, avec des étés très chauds et des hivers très rudes. Adieu le climat tempéré de la douce France.

Or, le Gulf Stream se porte plutôt bien même si, il semblerait que le débit des eaux froides qui plongent vers les profondeurs au niveau de l’Islande affiche un ralentissement. Cela pourrait provenir des effets conjugué d’une augmentation de la température et de la salinité des eaux.

 

Source : Météo France, La Chaine Météo

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gwendal 31/05/2013 23:38


Ouai, en gros ils disent: "on ne sait rien, mais surtout continuez a nous écouter car on aura peut-être raison avec nos 50%/50%. Ah, bah çà c'est même sur qu'avec du 50/50 (ce qui revient à du "pile ou face"), ils sont sur d'avoir raison...

news universel 31/05/2013 22:14


POURQUOI ECRIRE 500 LIGNE POUR MARTELER QUE NOUS N ALLON PAS AVOIR D ETE  POUR ECRIRE 10 LIGNE AVAN LA FIN QUIL Y A 50 POURCENT DE CHANCE POUR KON N EST UN ETE NORMAL ET 50 POURCENT DE
CHANCE KON N EST UN ETE DE MERDE IL FALAI SIMPLEMENT DIRE QUAND FAITE PERSONNE N EN SAI RIEN  PAS MEME TOI A VOULOIR TROP EN FAIRE ON N EN OUBLI D ETRE OBJECTIF ON PREFERE LA QALITER A LA
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