Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 21:23

Il y a plusieurs milliards d'années des astéroïdes de 17 à 70 km de diamètre ont percuté <br/>la Terre.
Il y a plusieurs milliards d'années des astéroïdes de 17 à 70 km de diamètre ont percuté
la Terre.

Dès sa prime jeunesse, notre planète a subi un interminable bombardement céleste.

 

La Terre a eu une petite enfance cataclysmique, au sens littéral du terme. La faute à ses deux grandes «sœurs», Jupiter et Saturne, dont l'orbite s'est sensiblement modifiée, il y a 4,1 milliards d'années. Petite cause, grands effets: ce changement de trajectoire a eu pour conséquence de rabattre vers l'intérieur du système solaire une nuée d'astéroïdes géants, de plusieurs dizaines de kilomètres de diamètre, qui sont venus heurter notre jeune planète de plein fouet.

Si les immenses cratères formés par l'impact de ces redou­tables missiles sont encore visibles à la surface de la Lune (Aitken, le plus grand, mesure 2 500 kilomètres de diamètre!), les traces de ce bombardement cosmique ont été irrémédiablement effacées sur Terre, du fait de l'érosion et de la tectonique des plaques.

 

Dernière collision, il y a environ 1,85 milliard d'années

 

En comparant avec la Lune, les scientifiques parviennent tout de même à estimer que notre planète devrait compter, du fait de sa section plus élevée, une quarantaine de cratères d'impact de plus de 1000 km de diamètre et des centaines de plus de 300 km. Jusqu'à présent, on pensait que ce bombardement «tardif» - ainsi nommé car il est survenu 460 millions d'années après la formation de la Terre et du système solaire - avait pris fin il y a 3,8 milliards d'années. Mais deux études publiées ce jeudi 26 avril dans la revue scientifique Nature suggèrent qu'il aurait duré beaucoup plus longtemps, la dernière collision survenant il y a environ 1,85 milliard d'années.

Brandon Johnson et Jay Melosh, de l'université de Purdue (États-Unis), ont retrouvé la trace géologique de cet ultime cataclysme en recherchant dans d'anciens sédiments les minuscules gouttes, ou sphérules, de silicates fondus formées lors de l'impact. «Lorsque le diamètre de l'astéroïde est supérieur à dix kilomètres, ces sphérules se déposent en une couche qui recouvre toute la surface de la Terre», écrivent-ils. Il est dès lors possible de recueillir des informations sur ce type d'événement même lorsque le cratère d'impact est introuvable.

La disparition des dinosaures

Surtout, les chercheurs ont démontré par modélisation que l'épaisseur d'un dépôt de sphérules (comprise entre 0,6 et 40 cm) est proportion­nelle à la taille de l'astéroïde. D'après leurs calculs, les douze couches (datées de - 3,47 à - 1,85 milliard d'années) qu'ils ont étudiées proviennent de la chute de très gros astéroïdes mesurant entre 17 et 70 km de diamètre. Ces bolides auraient percuté la Terre à des vitesses phénoménales, comprises entre 68.000 et 97.000 km/h. On imagine le choc! À titre de comparaison, l'astéroïde présumé responsable de la disparition des dinosaures à la fin du Crétacé, et du tiers des espèces vivant sur Terre à cette époque, ne mesurait «que» de 9 à 14 km de diamètre…

Pour William F. Bottke et son équipe du Southwest Research Institute de Boulder (États-Unis), cette tardive grêle cosmique aurait été provoquée par une extension de la ceinture d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter, aujourd'hui «éteinte». On respire…

 

Le Figaro.fr

publi 3-4"Vers un nouveau paradigme"

2012 et aprés


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