Lac Vostok : le feuilleton continue

Publié le 8 Février 2012

 

Avec la fin de l’été austral s’achève aussi une nouvelle campagne de forage à Vostok, en Antarctique. Les eaux très pures du lac sub-glaciaire ont-elles été atteintes? Malgré des annonces triomphalistes, le flou demeure.

 

Schéma du forage du lac Vostok. (National Science Foundation)

Schéma du forage du lac Vostok. (National Science Foundation)

 

Les scientifiques russes ont-ils enfin atteint les eaux du lac Vostok, scellé depuis plus de 500.000 ans sous presque 4 km de glace en Antarctique ? D’après l’agence russe Ria Novosti, qui citait lundi 6 février une «source proche des milieux scientifiques», les chercheurs ont atteint la surface du lac, arrivant au bout d’un forage de 3.768 mètres et d’un projet lancé il y a 30 ans.

Cependant l’équipe de Valeri Loukine, le directeur du programme russe en Antarctique, n’a ni confirmé ni infirmé la nouvelle. Il est possible que l’équipe ait mis les bouchées doubles ces derniers jours pour finir le forage, déjà très bien avancé, car l’été austral prend fin et ils doivent cesser les opérations.

En février 2011, Valeri Loukine et ses collègues avaient stoppé le forage le 5 février et quitter le site le lendemain lors qu’ils étaient arrivés à 3720 mètres et qu’il ne leur restait plus que 29 mètres à forer, selon les informations données à l’époque par Loukine. Cependant, les derniers mètres sont les plus difficiles : il faut éviter que la pression de la glace rebouche le trou de forage. De plus à une telle profondeur la glace est proche de son point de fusion et gèle sur le couteau de forage.

Où est en le forage aujourd’hui ? Difficile de le savoir. «La dernière profondeur publiée est de 3738 mètres, et c’était de la glace», précise Jean-Robert Petit, du Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement (LGGE, Grenoble), qui a participé à l’analyse de glace prélevée à Vostok. Quant à l’interface avec le lac, il n’est pas connu au mètre près, complète le glaciologue.

La carte des lacs subglaciaires en Antarctique (triangles rouges). Le lac Vostok (dans l’Est) est le plus grand. Le triangle jaune indique la station de recherche russe Vostok.
(Michael Studinger, Lamont-Doherty Earth Observatory)

L’étude des carottes de glace de Vostok a déjà largement contribué à l’étude du climat passé de la Terre et aux relations entre température et concentrations de CO2. Atteindre l’eau, préservée de tout contact avec l’atmosphère depuis au moins 500.000 ans, est un autre défi, à la fois scientifique, technique et politique. Les Soviétiques, puis les Russes, s’y attèlent depuis 1989. Stoppé à 2.500 mètres au début des années 90, le forage a repris avec l’aide de chercheurs français (LGGE, IPEV) et le soutien américain. Il a atteint 3.623 mètres en 1998.

Depuis 2005, le programme dirigé par Loukine s’est fixé pour objectif d’atteindre les eaux du lac sub-glaciaire -une réserve de 5.400 km3 d’eau- afin de découvrir si des formes de vie s’y sont développées. Et de savoir par extension ce qui pourrait exister sous les glaces d’Europa, la lune de Jupiter.

Cependant, l’intérêt scientifique des échantillons qui seraient aujourd’hui prélevés dans le lac Vostok fait débat. Il y a en premier lieu de risque de contamination : ces dernières années les Russes ont remplacé le fluide à base de kérosène utilisé pour maintenir le trou de forage par un fluide à base de silicone. Mais comment ne pas contaminer une eau aussi pure ?

Les analyses menées sur la glace de regel de Vostok –prélevée à 3.700 mètres- montrent que «les eaux sont très pures, voire stériles», expliquent Jean-Robert Petit et son collègue Yves Frénot (IFRTP, Brest). «Les seuls signes de vie qui ont été mis en évidence sont donnés par des signatures ADN de bactéries thermophiles trouvées dans des inclusions de sédiments. Ces bactéries vivant dans les sources chaudes proviendraient de niches profondément encastrées 2 ou 3 km dans les failles du socle rocheux», écrivent les chercheurs.

La France s’est rangée à l’avis du comité scientifique pour les recherches en Antarctique qui recommande de laisser une épaisseur de glace de 25 mètres pour préserver l’intégrité du lac. Côté britannique, une équipe du British Antarctic Survey (BAS) s’est lancée dans l’exploration d’un autre lac sub-glaciaire, le Lac Ellsworth, plus petit (18 km2) situé sous 3,2 km de glace. Un jet d’eau très chaude à haut débit remplace le kérosène comme fluide de forage afin d’éviter la pollution et réduire les risques de contamination – qui ne peut pas être totalemnt écartée.

C.D.
Sciences & Avenir.fr

 via Les Chroniques d'Arcturius.

 

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Rédigé par Dav

Publié dans #Sciences

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kim 08/02/2012


je pense que de toute façon il l'ont ateint ... apres ces sur qu'netre les enjeu scientifiques, politique, et autre on ne saura surement pas tout ... mais on a l'habitude ...